Une expulsion locative tourne au drame à Pujols (47) : que s’est-il passé ?

Fabien 30 août 2017 0
Une expulsion locative tourne au drame à Pujols (47) : que s’est-il passé ?

« Mardi, dans cette petite commune du Villeneuvois, un couple d’amis était déterminé à ne pas quitter leur habitation. Malgré de longues négociations, les hommes du Raid ont donné l’assaut, mardi soir, vers 21 heures. 

Noëlle Darles, lourdement handicapée depuis sa naissance, vit depuis vingt-sept ans dans une maison de la rue Charles-Lindbergh, à la lisière de Pujols et de Villeneuve-sur-Lot, avec un ami de longue date, Eric Clément.

Une habitation qu’ils refusent de quitter malgré une expulsion locative, motivée par l’échéance de bail survenue il y a un an. Les lettres d’huissiers, qui s’accumulent depuis des mois dans la boîte aux lettres, ne les pressent pas davantage.

Un élément déclencheur : l’arrivée de l’huissier

Il est 9 h 45, mardi matin, lorsqu’un huissier de justice se présente devant l’habitation de Noëlle Darles et Eric Clément. Malgré la décision de justice – la locataire est sous le coup d’une expulsion locative – la quinquagénaire refuse obstinément de vider les lieux. C’est cette visite qui met le feu aux poudres. Les deux amis décident de se retrancher derrière les murs de la maison, dès 10 h 30, et menacent le représentant de justice avec un pistolet mitrailleur. Ils ne quitteront le domicile que « les pieds devant » précisent-ils.

 

Qui sont Noëlle Darles et Eric Clément ?

Amis de longue date, ils vivent depuis vingt-sept ans dans cette maison, située à la frontière entre Villeneuve-sur-Lot et Pujols, et appelée « Natacha ». Eric Clément aide dans le quotidien, et depuis des années, cette quinquagénaire qui est lourdement handicapée depuis sa naissance. Précision importante : Eric Clément est un ancien militaire qui n’a servi qu’un an dans la marine quand il avait 20 ans, mais il ne cesse de faire allusion à ce passé qui l’a rendu, dit-il, « méfiant et paranoïaque ».

 

Les négociations avec le Raid commencent 
Les négociations engagées par deux conciliateurs du RAID (Recherche, assistance, intervention dissuasion), unité d’élite arrivée à la rescousse depuis Toulouse, un peu avant 17 heures, restent vaines. Éric Clément est resté campé sur ses positions. Les policiers du Groupe de sécurité et de proximité d’Agen indiquent alors aux habitants des villas de ce lotissement tranquille, de quitter les jardins depuis lesquels ils observent, incrédules, le déploiement discret des forces de l’ordre.

Moins d’une heure plus tard, des snipers se postent sur les toits des maisons évacuées, quatre hommes encagoulés et entièrement vêtus de noir s’avancent lentement derrière le Ramsès, un large bouclier balistique percé de minces ouvertures en verre blindé, vers la maison.

Un siège préparé de longue date
Retranché dans cette villa délabrée dont les portails sont cadenassés, c’est derrière des volets fermés qu’Eric Clément prévient « faire tout sauter » si on essaye de les déloger. Il a visiblement préparé de longue date ce siège puisqu’il indique aux forces de l’ordre :

« J’ai une cuve remplie de 1 500 litres de fioul, trente bonbonnes de gaz et un pistolet-mitrailleur avec 20 balles dans le chargeur. »
Les négociations vont encore durer tout au long de l’après-midi et jusqu’en début de la soirée de mardi. Le contact avec Eric Clément n’étant pas probant, les hommes du Raid décident d’agir.

 

21 heures : l’heure de l’assaut 

Braqués sur leur position, les deux amis ont convenu qu’ils ne quitteraient la villa que les « pieds devant ». Mardi soir donc, sur les coups de 21 heures, les hommes du Raid ont fini par donner l’assaut. Malgré leur rapidité d’intervention, ils n’ont pas pu empêcher Éric Clément de mettre le feu à la villa.

D’après les premiers éléments de l’enquête, il avait enfermé son amie Noëlle dans sa chambre. Mardi soir à 22 heures, le pronostic vital de la quinquagénaire était engagé. Quant au forcené, légèrement intoxiqué par les fumées, il a été transporté au centre hospitalier par les sapeurs-pompiers. »

 

 

 

 

Source : SudOuest.fr – article écrit par Blandine Philippon le 30 août 201

Photos © Thierry Suire

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