LE GIPN (Groupe d’Intervention de la Police Nationale)

Fabien 23 septembre 2014 0
LE GIPN (Groupe d’Intervention de la Police Nationale)

 

La décision de créer des groupes d’intervention est intervenue après le traumatisme qu’a constitué, pour les gouvernements des pays occidentaux, l’assassinat des athlètes israéliens pris en otages par des terroristes  lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972.

L’intérêt de disposer d’unités  de police capables de faire face à des situations de crise d’une exceptionnelle gravité (prise d’otages, forcenés, lutte contre les différentes formes de terrorisme, escorte..) est alors apparue comme une nécessité vitale.

Le 27 octobre 1972, 11 groupes d’intervention sont donc constitués sur le territoire national.

Le GIPN de Marseille crée par le Commissaire Nguyen Van Loc est le premier groupe d’ intervention à voir le jour en France.

Leur nombre est ramené à 7 en 1985, puis porté à 9 avec la création du GIPN de la Réunion (1992) et la Nouvelle-Calédonie (1993).

Dépendant de la Direction Centrale de Sécurité Publique et implantés au sein des services territoriaux des grandes villes de province et d’Outre-Mer .

Composés de fonctionnaires de police recrutés selon des critères très sélectifs, dotés de matériels performants et soumis à des entraînements  rigoureux et suivi, les GIPN se définissent avant tout comme des policiers au service d’autres policiers.

Les GIPN sont en alerte 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Recrutement :

Pour pouvoir passer les tests d’entrée au GIPN, il faut être Gardien de la Paix ou officier, avoir moins de 35 ans et 38 pour les officiers.

La première phase est constituée de  pré-requis (endurance, tests cooper, montée de cordes, pompes, tractions, relevés de jambes, dips…).

Une sélection est faite sur dossier (environ 300), entre 40 et 50  candidats  retenus sont convoqués pour passer l’habilitation « intervention », commune avec le RAID. Cette semaine de sélection comporte des épreuves physiques, psychologiques et techniques : tests de vertige, de cran, de claustrophobie,  d’agressivité (boxe anglaise, sol, pieds poings), tir, escalade, Gestes Techniques Professionnels d’Intervention, marche commando.

En fin de semaine, les meilleurs candidats  retenus sont soit affectés immédiatement soit placés dans un vivier en attendant qu’une place se libère.

Tout le personnel des GIPN passent des tests triennaux pour savoir s’ils ont toujours le niveau requis.

Missions :

Les GIPN interviennent là où les autres services de Police ne le peuvent plus : interpellation de malfaiteurs, prise d’otage, lutte contre le terrorisme, protection de personnalités, arrestation de forcené, escorte de détenu  «  à risque »..

L’unité assure également des missions de protection de personnalités menacées à l ‘étranger, protection ambassadeur de France pays à risque, sécurisation d’ambassades de pays à risques(Syrie, Afghanistan, Liban, Jordanie). Toujours à l’étranger, via le SCTIP, le GIPN est envoyé dans des pays demandeurs pour y former des groupes d’intervention.

De ce fait, chaques GIPN est constitué de spécialistes en varappe-escalade, sniping, sports de combat, effraction, conduite de véhicules… Le policier du GIPN doit être polyvalent et doit connaitre sur le bout des doigts tout le panel de spécialités du groupe.

A noter que chaque GIPN dispose de 3 membres négociateurs , formés et diplômés par le RAID.

Le GIPN, le RAID ainsi que le SPHP sont également envoyés pour renforcer la protection de l’ambassadeur de France à Damas mais également à Beyrouth et à Kaboul. Lors de ces missions, les policiers de la FIPN sont armés de G36C ( certaines armes sont équipées de lance-grenades 40 mm) mais également de SCAR H (7,62 x 51) et du SCAR L (5,56 x 45), ils disposent de Glock 17 en arme de poing.

Les  GIPN de Lille, Lyon et  Marseille disposent  d’un camion blindé racheté à la société Brink’s, peint en noir avec le logo GIPN (sur le modèle du camion de la BRI-BAC).

Il est prévu que tous les groupes en soient équipés.

Organisation :

Chaque GIPN est commandé par un Capitaine de Police ou commandant, secondé par un Major.

Sur le territoire métropolitain, il y a 7 GIPN : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Rennes, Strasbourg et 3  en outre-mer, la Réunion, la Guadeloupe et la Nouvelle-Calédonie.

Chaque GIPN est composé entre 20 et 24 policiers.

Zone de compétence :

Si la zone de compétence d’un GIPN s’étend sur plusieurs départements autour de la ville où il est basé, il peut intervenir, sur instruction du directeur général de la police nationale, sur l’ensemble du territoire métropolitain et d’outre-mer.

* GIPN de Bordeaux (19 départements) : l’Ariège, la Charente, la Charente-Maritime, la Creuse, la Corrèze, les Deux-Sèvres, la Dordogne, le Gers, la Gironde, la Haute-Garonne, la Haute-Vienne, les Hautes-Pyrénées, les Landes, le Lot, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et la Vienne ;

* GIPN de Lille (5 départements) : l’Aisne, les Ardennes, le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme

* GIPN de Lyon (15 départements) : l’Ain, l’Allier, l’Ardèche, le Cantal, la Côte-d’Or, la Drôme, la Haute-Loire, la Haute-Savoie, l’Isère, le Jura, la Loire, le Puy-de-Dôme, les Bouches-du-Rhône, la Saône-et-Loire et la Savoie

* GIPN de Marseille (8 départements) : l’Aude, l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault, la Lozère, les Pyrénées-Orientales et le Vaucluse

* GIPN de Nice (6 départements) : les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, les Hautes-Alpes et le Var

* GIPN de Rennes (9 départements) : les Côtes-d’Armor, le Finistère, l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Manche, le Maine-et-Loire, la Mayenne, le Morbihan et la Vendée

* GIPN de Strasbourg (10 départements) : le Bas-Rhin, le Doubs, la Haute-Marne, la Haute-Saône, le Haut-Rhin, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle, le Territoire de Belfort et les Vosges

* GIPN de Nouméa (Nouvelle-Calédonie)

* GIPN de Saint-Denis (La Réunion).

*GIPN de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).

Une semaine type :

Lundi : contrôle du matériel, footing et musculation durant 2 heures. L’après-midi est consacrée à la mise en situation sur des thèmes et exercices de progression en milieu urbain, seul et en groupe.

Mardi : séances de tir de rapidité et de précision le matin. Pour les heures suivantes, les fonctionnaires pratiquent la boxe, le judo ou la self-défense.

Mercredi : la matinée voit les policiers s’adonner au footing et à la musculation. La seconde partie de la journée est exclusivement réservée aux techniques de corde. Si souvent utilisée lors d’interventions, cette spécialité présente différentes faces. Techniques de descentes de corde, en rappel, en hélitreuillage, exercices d’héliportage et de bien d’autres situations.

Jeudi : c’est le tir aux armes longues qui occupe la matinée. Les sports de combat, boxe, judo et self-défense prennent la relève.

Vendredi : la journée sera entièrement consacrée à l’entretien du matériel et des armes.

Pour le weekend, repos pour une partie du groupe, astreinte pour l’autre. Quelques hommes du groupe, sont affectés à la protection de personnalités.

L’unité a fêté ses 40 ans d’existence le 27 Octobre 2012.  Une cérémonie était organisée à l’hôtel de police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or en présence de Manuel Valls.

Photo de couverture © DGPN – SICOP

 

 

Première vidéo du GIPN



Vidéo des 40 ans du GIPN

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