Raid et GIGN unis face au terrorisme

Fabien 10 janvier 2015 0
Raid et GIGN unis face au terrorisme

« Derrière leur casque blindé et leurs lourdes visières, leurs équipements qui se ressemblent, leurs armes automatiques et leur sang-froid, difficile de différencier hommes du Raid et du GIGN. Ces policiers et gendarmes, un temps opposés pour des querelles de chapelle menées par de vielles barbes, viennent de démontrer leur capacité à travailler ensemble. Pas vraiment une surprise tant, depuis longtemps, ces hommes et quelques femmes ont pris l’habitude de se côtoyer, de s’entraîner ensemble justement pour «être prêts» à affronter la menace.

«La question n’est pas de savoir s’il va avoir un attentat mais quand ?», nous confiait fin septembre à Bièvres, sur le site historique du Raid, le contrôleur général Jean-Michel Fauvergue patron des 180 policiers qui composent l’unité. Une tête de pont des Forces d’Intervention de la police nationale qui s’appuie également sur ses antennes, les GIPN, groupes d’intervention de la police nationale installés en province (Rennes, Marseille, Lille, Lyon, Nice, Strasbourg et Bordeaux) et sur la BRI, la Brigade de Recherche et d’Intervention du 36 quai des Orfèvres.

Face à la réalité terroriste, et les risques  qu’elle supposait, les policiers du Raid ou les gendarmes du GIGN ne fuient pas. «Notre métier consiste à affronter les missions les plus dangereuses. Il faut être prêt», confiait six mois après l’assaut contre Mohammed Merah un officier du GIGN, au siège de l’unité d’élite, à Satory près de Versailles. Un univers ultra-sécurisé où, comme à Bièvres, la modestie s’impose.

Derrière les gilets pare-balles, pas question de recruter des Rambo. Tête bien faite, profil psychologique équilibré constituent la base. Le reste ? Des entraînements poussés à l’extrême, et des capacités au tir, à la confrontation physique et à la résistance humaine hors norme. Et quand les 400 gendarmes du GIGN multiplient sauts en parachute, plongées sous-marines ou missions à l’étranger, en Afghanistan ou en Irak, pour protéger nos ambassades et nos diplomates, les policiers du Raid sont capables de s’infiltrer pendant des mois en Corse pour surveiller indépendantistes et figures du grand banditisme ou, aussi, interpeller Yvan Colonna.

Les capacités, et les méthodes, opérationnelles sont parfois différentes mais l’engagement au service de notre sécurité est identique. Et si on parle de ces unités d’élite surtout en cas de crise majeure comme ces derniers jours, il ne faut pas oublier leur engagement quotidien dans des filatures ou des arrestations délicates, qu’il s’agisse de forcenés non-terroristes ou de voyous dangereux. Après l’assaut très spectaculaire pour libérer les otages de l’Airbus Alger-Paris en 1993 à Marseille, les gendarmes avaient été reçus à l’Elysée et avaient posé fièrement sur le perron du palais présidentiel. La photo avait été publiée dans «Match». «Plus tard, on a retrouvé chez des voyous cette photo et certains de nos noms…» Depuis la cagoule appartient à leur vie et leur anonymat, comme pour les policiers du Raid, est inviolable.

Après le long siège contre Mohammed Merah à Toulouse, le Raid avait été sous le feu des critiques. «Surtout des anciens qui ont oublié la réalité de notre métier», s’agaçait un membre de l’unité.

En réalité, confronté aux mêmes dangers, aux forcenés les plus jusqu’au-boutistes, aux terroristes décidés à mourir en martyr, policiers et gendarmes d’élite échangent leur retour d’expérience pour progresser. «La négociation appartient à notre mission. Jusqu’à un certain point…», confiait un officier du Raid après Merah. En réalité, les unités d’élite ont compris les limites des négociations avec les terroristes islamistes. «À Toulouse, Merah s’est surtout reposé en nous parlant. Il a gagné du temps pour lui et pour médiatiser son action», disait un policier. Hier, après 54 heures de traque, à quelques minutes d’intervalle à Dammartin-en-Goële et à Vincennes, Raid et GIGN n’ont pas laissé beaucoup de répit aux terroristes. Ils les ont neutralisés. «Tuer n’est jamais un succès. Nous restons policiers ou gendarmes. Nous œuvrons pour mettre les suspects à la dispositions de la justice. Parfois ce n’est pas possible comme Merah qui, après avoir assassiné des enfants et des hommes, a essayé de nous tuer», confiait un membre du Raid en septembre. Hier, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly poursuivaient les mêmes ambitions de terreur. Eux aussi ont échoué.

Les grandes dates

Repères

Les faits d’armes des policiers du Raid et du GIGN sont souvent spectaculaires. Le RAID, unité d’élite de la police nationale, a à son actif le dénouement de plusieurs prises d’otages ou l’arrestation d’Yvan Colonna. Le GIGN intervient, lui, en zone gendarmerie.

Mai 1975. Parmi les hommes du GIGN, il y a quelques champions de tir… Le 14 mai, à Coudrai, un preneur d’otages est désarmé d’une balle dans l’épaule par un tir au revolver à plus de 15 mètres.

mai 1988 : Grotte d’Ouvéa. Intervention du GIGN contre des indépendantistes qui tuent 4 gendarmes.

Mai 1993.Le Raid met fin à la prise d’otage de l’école maternelle de Neuilly-sur-Seine. Pendant deux jours, un entrepreneur dépressif retient en otage une classe, ceinturé d’explosifs.

Décembre 1994. À Marseille, le GIGN libère les passagers d’un vol Air France détourné par le Groupe islamique armé, lors d’une action particulièrement spectaculaire.

Septembre 1995. Le GIGN traque le terroriste Khaled Kelkal, principal responsable d’une vague d’attentats.

Noël 1 997- Le GIGN intervient lors de la prise d’otage des passagers d’un avion à l’aéroport d’Orly (Paris). Les terroristes sont quatre islamistes algériens membres du Groupe islamique armé.

Juillet 2003- Le Raid arrête Yvan Colonna après quatre ans de cavale. On lui reproche alors l’assassinat du préfet Claude Erignac commis en février 1998

Mars 2012 – L’assaut de l’appartement qu’occupait Mohammed Merah, rue du Sergent-Vigné à Toulouse, aura duré 32 heures. Une véritable guerre des nerfs qui se solda par la mort du terroriste qui tua en tout sept personnes. »

 

 

Source : ladepeche.fr – article écrit le 10 janvier 2015 par Jean Cohadon

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