GIPN – Articles


LE GIPN (Groupe d’Intervention de la Police Nationale)

Fabien : 23 septembre 2014 17 h 43 min : GIPN - Articles, Présentation FIPN-SDLP

 

La décision de créer des groupes d’intervention est intervenue après le traumatisme qu’a constitué, pour les gouvernements des pays occidentaux, l’assassinat des athlètes israéliens pris en otages par des terroristes  lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972.

L’intérêt de disposer d’unités  de police capables de faire face à des situations de crise d’une exceptionnelle gravité (prise d’otages, forcenés, lutte contre les différentes formes de terrorisme, escorte..) est alors apparue comme une nécessité vitale.

Le 27 octobre 1972, 11 groupes d’intervention sont donc constitués sur le territoire national.

Le GIPN de Marseille crée par le Commissaire Nguyen Van Loc est le premier groupe d’ intervention à voir le jour en France.

Leur nombre est ramené à 7 en 1985, puis porté à 9 avec la création du GIPN de la Réunion (1992) et la Nouvelle-Calédonie (1993).

Dépendant de la Direction Centrale de Sécurité Publique et implantés au sein des services territoriaux des grandes villes de province et d’Outre-Mer .

Composés de fonctionnaires de police recrutés selon des critères très sélectifs, dotés de matériels performants et soumis à des entraînements  rigoureux et suivi, les GIPN se définissent avant tout comme des policiers au service d’autres policiers.

Les GIPN sont en alerte 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Recrutement :

Pour pouvoir passer les tests d’entrée au GIPN, il faut être Gardien de la Paix ou officier, avoir moins de 35 ans et 38 pour les officiers.

La première phase est constituée de  pré-requis (endurance, tests cooper, montée de cordes, pompes, tractions, relevés de jambes, dips…).

Une sélection est faite sur dossier (environ 300), entre 40 et 50  candidats  retenus sont convoqués pour passer l’habilitation « intervention », commune avec le RAID. Cette semaine de sélection comporte des épreuves physiques, psychologiques et techniques : tests de vertige, de cran, de claustrophobie,  d’agressivité (boxe anglaise, sol, pieds poings), tir, escalade, Gestes Techniques Professionnels d’Intervention, marche commando.

En fin de semaine, les meilleurs candidats  retenus sont soit affectés immédiatement soit placés dans un vivier en attendant qu’une place se libère.

Tout le personnel des GIPN passent des tests triennaux pour savoir s’ils ont toujours le niveau requis.

Missions :

Les GIPN interviennent là où les autres services de Police ne le peuvent plus : interpellation de malfaiteurs, prise d’otage, lutte contre le terrorisme, protection de personnalités, arrestation de forcené, escorte de détenu  «  à risque »..

L’unité assure également des missions de protection de personnalités menacées à l ‘étranger, protection ambassadeur de France pays à risque, sécurisation d’ambassades de pays à risques(Syrie, Afghanistan, Liban, Jordanie). Toujours à l’étranger, via le SCTIP, le GIPN est envoyé dans des pays demandeurs pour y former des groupes d’intervention.

De ce fait, chaques GIPN est constitué de spécialistes en varappe-escalade, sniping, sports de combat, effraction, conduite de véhicules… Le policier du GIPN doit être polyvalent et doit connaitre sur le bout des doigts tout le panel de spécialités du groupe.

A noter que chaque GIPN dispose de 3 membres négociateurs , formés et diplômés par le RAID.

Le GIPN, le RAID ainsi que le SPHP sont également envoyés pour renforcer la protection de l’ambassadeur de France à Damas mais également à Beyrouth et à Kaboul. Lors de ces missions, les policiers de la FIPN sont armés de G36C ( certaines armes sont équipées de lance-grenades 40 mm) mais également de SCAR H (7,62 x 51) et du SCAR L (5,56 x 45), ils disposent de Glock 17 en arme de poing.

Les  GIPN de Lille, Lyon et  Marseille disposent  d’un camion blindé racheté à la société Brink’s, peint en noir avec le logo GIPN (sur le modèle du camion de la BRI-BAC).

Il est prévu que tous les groupes en soient équipés.

Organisation :

Chaque GIPN est commandé par un Capitaine de Police ou commandant, secondé par un Major.

Sur le territoire métropolitain, il y a 7 GIPN : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Rennes, Strasbourg et 3  en outre-mer, la Réunion, la Guadeloupe et la Nouvelle-Calédonie.

Chaque GIPN est composé entre 20 et 24 policiers.

Zone de compétence :

Si la zone de compétence d’un GIPN s’étend sur plusieurs départements autour de la ville où il est basé, il peut intervenir, sur instruction du directeur général de la police nationale, sur l’ensemble du territoire métropolitain et d’outre-mer.

* GIPN de Bordeaux (19 départements) : l’Ariège, la Charente, la Charente-Maritime, la Creuse, la Corrèze, les Deux-Sèvres, la Dordogne, le Gers, la Gironde, la Haute-Garonne, la Haute-Vienne, les Hautes-Pyrénées, les Landes, le Lot, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et la Vienne ;

* GIPN de Lille (5 départements) : l’Aisne, les Ardennes, le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme

* GIPN de Lyon (15 départements) : l’Ain, l’Allier, l’Ardèche, le Cantal, la Côte-d’Or, la Drôme, la Haute-Loire, la Haute-Savoie, l’Isère, le Jura, la Loire, le Puy-de-Dôme, les Bouches-du-Rhône, la Saône-et-Loire et la Savoie

* GIPN de Marseille (8 départements) : l’Aude, l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault, la Lozère, les Pyrénées-Orientales et le Vaucluse

* GIPN de Nice (6 départements) : les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, les Hautes-Alpes et le Var

* GIPN de Rennes (9 départements) : les Côtes-d’Armor, le Finistère, l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Manche, le Maine-et-Loire, la Mayenne, le Morbihan et la Vendée

* GIPN de Strasbourg (10 départements) : le Bas-Rhin, le Doubs, la Haute-Marne, la Haute-Saône, le Haut-Rhin, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle, le Territoire de Belfort et les Vosges

* GIPN de Nouméa (Nouvelle-Calédonie)

* GIPN de Saint-Denis (La Réunion).

*GIPN de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).

Une semaine type :

Lundi : contrôle du matériel, footing et musculation durant 2 heures. L’après-midi est consacrée à la mise en situation sur des thèmes et exercices de progression en milieu urbain, seul et en groupe.

Mardi : séances de tir de rapidité et de précision le matin. Pour les heures suivantes, les fonctionnaires pratiquent la boxe, le judo ou la self-défense.

Mercredi : la matinée voit les policiers s’adonner au footing et à la musculation. La seconde partie de la journée est exclusivement réservée aux techniques de corde. Si souvent utilisée lors d’interventions, cette spécialité présente différentes faces. Techniques de descentes de corde, en rappel, en hélitreuillage, exercices d’héliportage et de bien d’autres situations.

Jeudi : c’est le tir aux armes longues qui occupe la matinée. Les sports de combat, boxe, judo et self-défense prennent la relève.

Vendredi : la journée sera entièrement consacrée à l’entretien du matériel et des armes.

Pour le weekend, repos pour une partie du groupe, astreinte pour l’autre. Quelques hommes du groupe, sont affectés à la protection de personnalités.

L’unité a fêté ses 40 ans d’existence le 27 Octobre 2012.  Une cérémonie était organisée à l’hôtel de police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or en présence de Manuel Valls.

Photo de couverture © DGPN – SICOP

 

 

Première vidéo du GIPN



Vidéo des 40 ans du GIPN

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ARMEMENT DU GIPN

Fabien : 22 septembre 2014 17 h 54 min : Armement FIPN-SDLP, GIPN - Articles

Chaque policier de cette unité est doté de deux armes de poing, pistolets Glock 17 et 26, en remplacement des revolvers Manurhin modèle Gendarmerie (calibre 357 Magnum), des pistolets Beretta 92FS et HK USP en 9×19.
Le Glock 17 est doté d’une lampe Surfire ou Streamlight TLR2.

 

Quant aux armes longues, elles sont de différents types :
– pistolets mitrailleurs HK MP5 dans ses différentes configurations.

– fusils en calibre 12 Benelli M4 Super 90, semi-automatique et Beretta RS 203P à pompe.

– fusils d’assaut HK G36, calibre 5,56×45 qui côtoient encore quelques Sig 553 et 553 Commando; équipés de visée holographique Eotech et d’une lampe Surfire M900.

– fusils de précision en calibre 7,62 x51 PGM Ultima Ratio et Blaser LRS2.

 

 

 

 

Chaque GIPN dispose d’un éventail de grenades : aveuglantes et détonantes, fulgurantes, multiflash et multibang, fumigènes…

 

Le GIPN est également doté du lanceur 40 mm Brugger & Thomet, du Flash Ball Super-Pro et du pistolet à impulsion électrique Taser.

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Hommage à Pierre Mehn du GIPN de Strasbourg. Parti il y a cinq ans.

Fabien : 6 septembre 2013 8 h 21 min : GIPN - Articles

Pierre Mehn, âgé de quarante ans et membre du GIPN de Strasbourg a trouvé la mort après être tombé du toit d’une usine de Colmar où le président de la République, Nicolas Sarkozy devait effectuer une visite.

Le tireur d’élite a traversé la toiture et est tombé une quinzaine de mètres plus bas au milieu d’un espace de stockage de pièces détachées pour les pelles mécaniques fabriquées sur le site de l’usine Liebherr.

Pierre   était marié et père de deux enfants, est décédé pendant son transfert à l’hôpital.

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« Pierre  était entré dans la Police en 1989 ; d’abord en Compagnie républicaine de sécurité, puis en circonscription de sécurité publique à Strasbourg, avant d’intégrer le GIPN.
Le 26 Décembre 1997, il se trouvait à bord du véhicule d’intervention de la BAC de Strasbourg, victime d’un accident de la route dans lequel le Gardien de la paix   Lionel Paulus  perdit la vie.

En 1998, il se distinguait pour acte de courage et dévouement pour s’être jeté à l’eau sans hésiter et sauver ainsi de la noyade certaine, un voleur de voiture dont le véhicule s’enfonçait dans l’Ill à Schiltigheim.

En 2006, il participait à une mission d’assistance du GIPN en Afghanistan où il a formé avec succès les policiers afghans aux techniques de lutte anti-drogue. Pondéré et discret, il était unanimement apprécié de ses collègues. Pierre Mehn était marié et père de deux enfants, Charlène et Vincent. »
Source : http://policehommage.blogspot.fr
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Les sélections pour le RAID et les GIPN

Fabien : 20 février 2013 19 h 40 min : GIPN - Articles, RAID - Articles

« Le RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion), créé en 1985 et les GIPN (Groupes d’Intervention de la Police Nationale), créés en 1973,  sont des groupes spécialisés de la police nationale, très proches de par certaines de leurs missions, notamment dans le domaine de l’intervention. Ainsi, dans un souci d’économie de moyens et de rapprochement de ces deux unités, depuis avril 2007, les sélections des candidats sont communes entre la 1° section du RAID et les GIPN.

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Pour faire face au turn-over, RAID et GIPN organisent chaque année des sélections.

Tous les gardiens de la paix et officiers de la police nationale peuvent faire acte de candidature  à partir du moment où ils répondent aux critères administratifs  requis : avoir cinq ans d’ancienneté et être âgé de 35 ans maximum (38 ans pour les officiers). Les critères de sélection sont évalués, dans un premier temps, au travers du vécu policier, de la lettre de motivation, des capacités physiques et des sports pratiqués régulièrement par les candidats.

Généralement, à chaque concours, sur quelques centaines de fonctionnaires de police au départ, ils ne sont déjà plus qu’une cinquantaine  de prétendants au terme d’un premier tri sur dossier.

Ces présélections ne sont que le prélude à des tests bien plus sélectifs, désormais communs à la 1° section du RAID et au GIPN. Organisés habituellement à Saint-Malo ou à Nîmes, ils ont eu lieu en 2007 (du 1° au 6 avril) au sein de l’Ecole Nationale de Police de Oissel, près de Rouen. Cette semaine de sélection est basée sur une étude de la personnalité et des tests physiques.

Dans le premier cas, des tests d’intelligence sous forme de QCM (questions à choix multiples) ainsi qu’un entretien avec un psychologue permettent de déterminer si les candidats possèdent  certains traits de caractère recherchés : stabilité, esprit réfléchi, maitrise de soi, un certain vécu, un esprit de camaraderie et le goût de la vie en collectivité…

Sur le plan physique, sont vérifiés les aspects purement médicaux, avec des tests à l’effort, l’étude de la vue, de l’ouïe… Un entraînement  quotidien permet d’étudier leurs capacités en termes de force physique, de techniques de sports de combat, d’endurance … Il faut également  s’assurer que les candidats ne souffrent pas de claustrophobie ou de vertige. Une mise en situation professionnelle rejoint d’ailleurs bien souvent l’avis du psychologue.

En 2006 par exemple, pour les GIPN, sur 300 candidats triés sur dossier, 50 ont passé ces tests et seuls douze  ont été retenus. En 2007, sur les 20 fonctionnaires qui ont participé aux sélections communes, dix-huit les ont terminées (un blessé et un exclu après échec  d’une épreuve) et huit ont intégré un GIPN ; pour le RAID, sur 26 candidats, six seulement ont été retenus. Même une fois habilités, les candidats aux GIPN connaissent six semaines de formation, puis une évaluation de six mois au sein de leur groupe d’affectation : survient alors un dernier bilan sur chaque candidat et un ultime écrémage  éventuel.  Même chose pour le RAID, au sein duquel les candidats sélectionnés doivent encore se former au contact du groupe (1° section d’intervention) et faire leurs preuves pour y rester. « Nous arrivons à renforcer  le mental par des entraînements physiques et tactiques en collectif : porté par le groupe, chacun est plus fort », assure le major Robert Paturel, adjoint au responsable de la formation au RAID.

Si l’âge limite, quels que soient le grade ou la fonction, est de 47 ans pour le GIPN ( et dix ans de contrat pour le RAID), il ne constitue pas le seul critère de préservation d’un membre au sein de ces unités spécialisées.

Aussi, par la suite, tout au long de leur activité, les hommes du RAID et du GIPN passent des tests tous les cinq ans afin d’évaluer leur aptitude et leur motivation.

« Depuis le 26 juillet 2006, une circulaire pose le principe de passerelle entre le RAID et le GIPN, rappelle le commissaire principal Jean Hayet de la Direction Centrale de la Sécurité Publique (DCSP), les fonctionnaires de police de chacune de ces unités pouvant prétendre passer de l’une à l’autre suite à un simple entretien. Ainsi, l’idée d’une semaine de tests de sélection en commun entre les candidats du RAID  et du GIPN s’est naturellement imposée dans le cadre d’un rapprochement de ces deux unités aux missions semblables et aux besoins humains identiques ».

« La réorganisation s’inscrit déjà dans la réforme des corps et carrières de la police nationale, précise le contrôleur général Jean-Louis Fiamenghi, précédent « patron » du RAID, avec un repyramidage des services en vue de sa modernisation. Ainsi, assurer une mobilité de passerelle entre les unités permet une cohérence du dispositif : la volonté du directeur général de la DGPN est de moderniser l’outil afin de répondre au mieux aux nouvelles menaces, notamment les prises d’otages de masse, qui se déroulent fort heureusement pour l’heure  hors de l’Europe. Il faut savoir que, dans ce cas de prise d’otages, les GIPN passent sous contrôle du RAID, la DGPN faisant autorité et non plus la DCSP. L’interopérabilité de nos unités est donc nécessaire. Il faut, pour cela, moderniser l’outil, afin de pouvoir apporter une réponse cohérente et une réaction rapide, avec une bonne analyse commune entre le dispositif territorial et national de la menace ».

Pour Jean-Louis Fiamenghi, « l’idée d’unités formatées, aux techniques et philosophie communes s’inscrit parfaitement dans l’esprit de l’Europe au niveau de laquelle le groupe ATLAS rassembles les unités d’intervention des 30 pays membres ». Ainsi, les unités nationales y sont représentées, avec la mise en place d’une base de données commune entre les services. Par exemple, le RAID y est désigné comme responsable du groupe HERMES, spécialisé sur les interventions en milieu ferroviaire, le GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) pour les aéronefs, le groupe COBRA pour les bâtiments, et le GSG9 allemand pour tout ce qui touche aux navires et aux plates-formes pétrolières.

En fait, pour l’heure, la véritable différence entre le RAID et les GIPN se situe au-delà des techniques, en termes de capacité de gestion de crise. Le RAID possède, en effet, des moyens importants l’autorisant à gérer de très grosses interventions, avec un groupe de négociation, des médecins, des chiens d’attaque si nécessaire, le tout pouvant surtout s’inscrire dans la durée, grâce à un calibrage adapté.

« Ces sélections communes découlent du sens pratique pour répondre dès la source au principe de passerelle de nos deux unités… D’ailleurs, au tout début de la création de ces groupes, les sélections étaient communes, car ces unités faisaient partie de la même direction » rappelle Robert Paturel, au RAID depuis 1988.

Plus que l’aspect purement technique, le jury évalue  la volonté, la détermination du candidat et sa capacité à analyser rapidement  une situation. Plusieurs épreuves sont ainsi déterminantes à ce niveau : le combat, les cordes, la claustrophobie et le tir de discernement. Pour le commissaire  principal jean Hayet, en effet, « les techniques de base d’intervention sont censées être acquises depuis longtemps : on ne juge donc pas les candidats uniquement là-dessus, mais les observations du jury en tiennent compte si l’on constate des lacunes ».

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Les épreuves de combat (pieds et poings, judo) permettent  non seulement de tester la volonté du candidat confronté à un adversaire souvent bien plus fort, mais aussi son physique, sa résistance.

« Ce qui est primordial dans notre métier, confirme Robert Paturel,  c’est de savoir gérer le stress pour accomplir la mission coûte que coûte. »

Ainsi, à chaque sélection, les épreuves varient mais restent du même style, les objectifs étant récurrents : il faut  le même bagage physique minimal pour tous  et éliminer les phobies. « Chez nous, c’est un peu comme à la Légion : la plus grande faculté doit être l’adaptation… Et pour arriver à accroître cette capacité, l’entraînement au quotidien est incontournable. J’ai toujours pour habitude de prendre comme exemple à ce niveau les sapeurs-pompiers de Paris ».

Les épreuves doivent faire ressortir les capacités en termes d’endurance, de force brute, de résistance au stress, et de mental.

Chaque groupe est suivi par le même psychologue durant son évolution au travers de tous les tests. Son avis, s’il est négatif, est souvent indiscutable, même si au final le chef de groupe d’accueil a logiquement le dernier mot avec le « patron » du RAID ou du GIPN.

« L’aspect  psychologique, s’il est primordial, n’est cependant pas une science exacte… estime Robert Paturel. Personnellement, il m’était plutôt défavorable lors de ma candidature au RAID, sur simple prétexte que je faisais de la boxe… Les mentalités des psychologues à ce niveau ont heureusement évolué…

En effet, pour moi, un policier qui ne fait pas de combat, c’est comme un maître-nageur qui ne sait pas nager ! Bref, le psychologue avait émis une réserve me concernant : « individu impulsif, violent, qiu monte vite sur ses grands chevaux… » Heureusement que, dans le jury, beaucoup me connaissaient bien ! »

Cela dit, les psychologues ont bien compris aujourd’hui que le profil recherché pour ces unités doit être bien supérieur à la normale, tant sur le plan physique que mental.

Au terme des sélections, un premier bilan est fait la veille, avec dépouillage des feuilles d’observation des postulants par atelier. Les candidats connaissent les résultats le dernier jour de la semaine.

A Oissel, la première journée s’est déroulée sous le signe des sports de combat, avec la boxe et le judo, à savoir les pieds et les poings, puis le combat au sol. Cette épreuve est déterminante dans le choix des candidats, non pas par rapport  à l’application stricte des techniques mais plutôt dans le cadre de l’évaluation de la volonté et de la combativité de ces derniers. « Nous ne cherchons pas l’agressivité, mais la combativité. Pour moi, deux qualités incontournables pour notre métier vont de pair : le courage et la générosité. Nous avons  besoin d’hommes pourvus de combativité et de cœur. » explique le major Robert Paturel. Et de préciser : « Le physique est déterminant. Les gens que l’on sent fébriles, dont le look ne convient pas, ne seront pas admis : on ne recherche pas des athlètes mais des gens qui possèdent un minimum de physique, de masse, qui aiment le collectif et savent s’adapter. Nous avons à ce niveau un sport de prédilection au RAID qui est le rugby, associant la force, la combativité, le collectif et l’analyse du jeu ».

Durant cette même journée, un parcours de cordes et un saut d’une tour de 36 mètres attendent les candidats à ces unités,  au sein desquelles  l’appréhension du vide et de la verticalité peut s’avérer compromettante  lors d’évolutions en façade, par exemple… Même si la polyvalence est de mise, certains se spécialiseront d’ailleurs dans cette discipline des cordes en intervention. L’épreuve du saut  est par excellence celle qui permet aux instructeurs du RAID et du GIPN de tester l’obéissance à un ordre face à l’inconnu. Les sélections précédentes confrontaient les candidats à une descente d’une falaise en rappel, assuré « à la moulinette » : la confiance dans le coéquipier, se situant en bas pour les assurer, est là aussi déterminante.

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La deuxième journée va mettre les candidats face à l’une des phobies les plus difficiles à maîtriser : la claustrophobie. A ce niveau, un parcours,  avec casque à visière occultée, dans un véritable labyrinthe plongé dans la pénombre constitue le décor. Dans ce dernier, les « victimes » devront suivre un fil d’Ariane, véritable ligne de vie s’il en est, et évoluer dans ce dédale de couloirs étroits où les attendent plusieurs animateurs des équipes de formation, en embuscade. Ici, un homme tire avec un HKMP5, déclenchant un vacarme assourdissant amplifié par la progression  à l’aveuglette ; là, un autre veut leur faire lâcher la corde en les boxant vigoureusement. Ailleurs, un homme les malmène avec énergie à coups de matraque souple et les empêche d’avancer, d’atteindre leur objectif. Les postulants ne sont pas au bout de leurs surprises… Il leur faut en plus faire appel à leur tête et rester concentrés afin de retenir des mots, des phrases et des chiffres énoncés tout au long du parcours pour les répéter à l’arrivée !

A l’extérieur, c’est un autre type d’épreuve, tout aussi peu encourageante, qui les attend : progresser dans une buse étroite plongée dans l’obscurité, afin d’atteindre l’autre côté d’une route. La peur d’étouffer, de perdre ses repères, le besoin de se rassurer quant à celui qui les assure de part et d’autre grâce à la corde nouée à leur baudrier : toutes les craintes liées à la claustrophobie sont réunies ! « Savoir traverser ces épreuves, c’est bien, reconnaît le major Robert Paturel, mais j’aurais encore plus d’admiration  pour quelqu’un qui le fait en dépassant  ses phobies : il démontre alors plus que quiconque qu’il a  la volonté nécessaire pour faire partie du groupe ».

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Une partie de cette journée concerne l’un des outils sensibles du policier : l’arme à feu. Les candidats passent ainsi  par deux ateliers, l’un mettant l’accent sur la précision des tirs et la maîtrise de l’arme, l’autre sur le discernement et l’analyse rapide d’une situation en tenant compte d’informations préalables.

Dans le second atelier, le candidat lit des instructions sur une situation précise : vous allez pénétrer dans un appartement où vous tomberez nez à nez sur un groupe de terroristes avec son chef, leurs otages et l’un de nos agents infiltré dont vous avez ci-joint la photo.

Au signal de l’instructeur, le fonctionnaire franchit un rideau simulant la porte de l’appartement, pour découvrir la situation : des otages à épargner, un policier infiltré à repérer rapidement et des terroristes armés, avec leur chef sans arme et faisant un geste de la main…L’analyse doit être rapide et le tir précis, fait avec discernement.  Après leur intervention, les candidats sont invités à la justifier et à l’analyser avec le jury présent : c’est justement cette analyse qui est la plus importante, plus que le tir en lui-même.

L’ensemble des épreuves de cette journée permet au jury de tester le caractère volontaire, combatif des candidats, leurs techniques de tir avec leur capacité à estimer rapidement une situation en  évaluant les risques…. Le tout dans la plus grande franchise…

Le dernier jour, les GTPI (Gestes Techniques Professionnels d’Intervention) sont également à l’honneur. Trois ateliers sont proposés à ce niveau aux candidats évoluant en  binômes : l’interpellation d’un individu suspect et susceptible d’être armé, assis au volant de son véhicule sur un parking ; l’intervention sur un forcené retranché dans son appartement avec une arme à feu ; enfin, l’interpellation d’un suspect au physique impressionnant  et susceptible d’être armé, sur la voie publique.

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Logiquement, les GTPI doivent être maîtrisés par l’ensemble de ces fonctionnaires de police confirmés : c’est ce que vont permettre d’apprécier ces ateliers, en mettant aussi l’accent sur l’organisation du binôme, la détermination d’une stratégie avec répartition des tâches… Le jury  aura d’ailleurs souvent l’occasion de constater l’émergence d’un caractère plus fort qui va diriger l’opération : le tout est que le « subordonné » s’acquitte correctement de sa partie, que la coordination entre les deux hommes, basée sur la confiance, soit bonne.

Enfin,  des épreuves en piscine sont l’occasion de confronter les candidats à un milieu aquatique souvent délicat à appréhender, qui met à rude épreuve les capacités physiques. Dans ce cadre se succéderont des tests de vitesse sur 50 mètres, d’endurance avec évacuation d’un mannequin immergé après escalade d’une échelle de corde, et de volonté en se jetant à l’eau équipé d’un gilet de 50 kg et d’un fusil d’assaut…

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Bien entendu, ces trois journées ne sont qu’un aperçu des épreuves, qui, si elles préservent le même  esprit et abordent les mêmes thèmes de fond pour tester les mêmes critères (endurance, force brute, résistance au stress, maîtrise de soi, obéissance, volonté), changent à chaque période  de sélections.

Il est d’ailleurs important de noter pour l’heure la différence de gestion des résultats en fin de semaine : pour le RAID, l’équipe de formation encourage les candidats recalés à se représenter aux prochaines élections alors que, pour le GIPN, certains candidats sont écartés définitivement et d’autres autorisés à se représenter. Au niveau des résultats, le dernier mot revient au chef de groupe et au « patron » de chaque unité, en tenant compte, bien sûr, de l’avis incontournable du psychologue, surtout  lorsque  ce dernier décèle une pathologie incompatible avec l’exercice de la fonction. Nous l’avons dit, plus que les notes, qui sont là pour situer les candidats les uns par rapport aux autres (pas de barèmes), les observations reportées par les instructeurs à chaque épreuve sont déterminantes, avec des mots souvent synonymes d’échec : « hésitant, peu combatif, manque d’humilité… ». N’oublions pas que l’objectif de ces sélections communes est de permettre le maintien d’une force massive et cohérente.

Des tests de recrutement communs ont également été organisés, fin juin 2007, pour les officiers. Les épreuves sont cependant quelques peu différentes, avec un fond physique qui reste important, mais avec une recherche de polyvalence accrue du fait des nouvelles dispositions prises aujourd’hui en termes d’emploi dans le cadre de la restructuration de la police nationale. En effet, si en 1985, date de sa création, le RAID comptait 40 officiers, ils ne seront plus que 20 à l’horizon 2010… Ainsi, les sélections les concernant  mettent-elles en exergue leurs capacités en termes de management, avec des tests d’anglais, d’informatique, de psychologie…

« Chez nous, un officier est avant tout quelqu’un qui sait montrer l’exemple, explique le commissaire principal Jean-Pierre Desprès. Aussi, les capacités physiques sont toujours très importantes, mais les facultés à prendre en compte les obligations d’un adjoint d’un groupe  sont primordiales, compte tenu de la diminution de l’effectif du corps des officiers ». »

 

Article tiré de Police Pro n°08

Texte de Olivier Merlin

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Vous retrouverez dans ce reportage les sélections du RAID

 

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Le GIPN de Lyon

Fabien : 16 février 2013 20 h 13 min : GIPN - Articles

numero_504_1097057457« Si le grand public et les médias connaissent le GIGN de la gendarmerie nationale et le RAID de la police nationale, peu ont entendu parler des GIPN qui opèrent  en métropole et outre-mer.

Au nombre de neuf, ces unités d’intervention  sont pourtant tout aussi capables que leurs « grands frères » ; elles effectuent d’ailleurs annuellement plus d’opérations  que ces derniers. C’est pour cette raison que RAIDS  a choisi de présenter ce dossier sur les GIPN, au travers du groupe d’intervention de Lyon.

Créés en 1972 pour répondre à la menace terroriste après le drame des Jeux Olympiques de Munich, les GIPN –Groupes d’Intervention de la Police Nationale – vont s’intégrer au fil des années dans la structure de la police nationale  et prendre part à toutes les affaires de prises d’otages, de forcenés ou de mutineries  de détenus. Des opérations pour lesquelles les différents services de police n’ont ni les compétences ni les capacités pour intervenir.

Ces dix dernières années ont assisté à une profonde évolution des GIPN : tandis que les autorités régionales de tutelle découvraient enfin, après plusieurs opérations majeures , l’outil qu’ elles détenaient entre leurs mains, se dessinait  une harmonisation de la sélection, de la formation, des techniques d’emploi et des équipements de ces unités spéciales de la police.

 

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De manière absolue et sans délai

Actuellement, les GIPN sont de plus en plus fréquemment employés hors de leur « secteur régional » pour des missions souvent très médiatisées, sans d’ailleurs que la presse ne les différencie  des groupes d’intervention « phares », le GIGN et le RAID, comme en témoignent par exemple le procès Papon à Bordeaux ou encore la protection de personnalités en Corse.

Les groupes d’intervention de la police Nationale sont au nombre de neuf, implantés pour la métropole à Lille (16 fonctionnaires), Rennes (16 fonctionnaires), Strasbourg (16 fonctionnaires), Lyon (24 fonctionnaires), Bordeaux (16 fonctionnaires), Marseille (24 fonctionnaires) et Nice (16 fonctionnaires) et pour l’outre-mer à Saint-Denis de la Réunion (16 fonctionnaires) et à Nouméa (16 fonctionnaires) en Nouvelle-Calédonie.

En ce qui concerne les missions prioritaires, les GIPN sont sollicités de manière absolue et sans délai pour des actes de terrorisme, des prises d’otages, des retranchements de malfaiteurs ou de forcenés et lors de mutineries de détenus dans les prisons placées sous le contrôle géographique de la police nationale.

« Il faut savoir que les capacités de notre unité sont très vastes », nous confirmera le commandant Eric Frati, patron du GIPN de Lyon – l’une des deux unités les plus nombreuses de France -, « car elle peut apporter une réponse immédiate à quasiment tous les problèmes, de la prise d’otages à l’assistance accordée à d’autres services de police dans le cadre d’une intervention, en passant par la protection de personnalités ou encore la sécurisation d’un procès à risque. Toutefois, si grandes soient nos qualités, le GIPN est un groupe d’intervention régional élaboré pour répondre à un problème régional, donc avec des capacités  limitées, sans que l’on voit là un aspect péjoratif : au contraire, il constitue sans aucun doute la structure la mieux adaptée pour répondre aux problèmes auxquels nous sommes confronté presque tous les jours ».

« Bien que nous soyons parfaitement capables de traiter une affaire de bout en bout et ce, sans état d’âme », continue Eric Frati (nombre d’opérations l’ont été ainsi : lire l’encadré sur les opérations majeures menées pas le GIPN de Lyon), « quand cela nous dépasse, il est fait appel au RAID. «Ainsi, comme il l’est dit dans la circulaire du ministre de l’intérieur adressée aux préfets, délégués du gouvernement et hauts commissaires, « le Directeur Général de la Police Nationale  pourra, en fonction du type d’affaire, imposer l’intervention du RAID, soit en raison de la nature des faits et des circonstances qui pourrait donner à l’événement  un retentissement  particulier, soit si l’intervention nécessite des moyens ou des techniques spécifiques dépassant le potentiel des GIPN ».

Outre le RAID basé en région parisienne, les autorités de police compétentes peuvent faire appel à un regroupement de différents GIPN, une sorte de « super GIPN », placé sous le commandement de la cellule de coordination des GIPN. Notez que dans cette perspective, les GIPN effectuent régulièrement (en moyenne trois fois par an) des exercices communs. Ces rencontres sont réalisées tant au niveau des chefs de groupe que des équipes de chaque GIPN pour comparer et mettre au point des techniques et des modes d’emploi identiques.

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Risque réel ou danger potentiel

Les GIPN peuvent aussi être employés dans des circonstances exceptionnelles et , après autorisation, par les directeurs départementaux pour des opérations de maintien ou de rétablissement de l’ordre.

Ils manœuvrent alors sous les ordres du responsable d’ordre et sont placés en pointe, sachant, comme le précise le texte d’emploi, que « leur entraînement aux techniques d’interpellation, leur condition physique les destinent tout particulièrement à des missions rapides et mobiles, exigeant une technique particulière ». Les GIPN peuvent également être utilisés en renfort opérationnel des équipes de Sûreté départementale et urbaine en cas de problèmes importants.

Autre type de missions, les hommes des GIPN assurent les escortes des détenus très dangereux et participent  à la sécurisation des procès présentant un risque réel ou un danger potentiel. Ainsi, nombre de GIPN ont assuré la sécurité lors du procès de Furiani à Bastia en Corse, celui de Barbie à Lyon ou celui de Papon à Bordeaux. Les GIPN peuvent aussi participer à la protection de personnalités durant leur visite et lors de voyages officiels. Ils sont aptes à sécuriser un parcours ou une résidence en tenant les points stratégiques, avec des tireurs de précision et des vigiles  équipés d’appareils optiques, ils peuvent également prendre en charge la protection rapprochée de personnalités importantes. Toutefois ce type de mission est strictement limité dans le temps dans le temps et nécessite une formation spécifique (et continue) assurée par des instructeurs du Service de Protection des Hautes Personnalités (SPHP). Enfin, les GIPN peuvent participer à des actions limitées de formation technique et tactique au profit d’unités spécialisées de la police : BAC, Sûreté, etc.

« Le seul problème est que, vu le nombre de missions et leur diversité, les hommes ne sont jamais chez eux. Plus sérieusement, l’autre problème est géographique, car nous travaillons dans un rayon de 300 kilomètres, et les temps de mise en alerte et de déplacement ne sont pas extensibles ».

A cette fin, les autorités de police peuvent faire appel aux hélicoptères de la Protection Civile  pour gagner un temps précieux.

« Chaque élément , lorsqu’il est d’astreinte, soit grosso modo une semaine toutes les quatre semaines, doit pouvoir rejoindre l’unité dans les trente minutes. Ainsi,  chacun dispose maintenant d’un téléphone portable ».

A titre d’exemple, durant les trois jours de sa présence au sein du GIPN de Lyon, l’auteur a suivi deux actions sur le terrain :  l’une à la suite d’une attaque à main armée dans une bijouterie du centre-ville, l’autre pour arrêter un individu très dangereux, armé et en possession de deux chiens d’attaque, des american staffs. On ne chôme pas à Lyon !

Dans le cadre de leurs missions quotidiennes, les GIPN sont placés sous l’autorité fonctionnelle et structurelle des commissaires de police directeurs départementaux de la Sécurité Publique. Lors de missions prioritaires, les GIPN, qui sont stationnés au siège des commissariats centraux des grandes agglomérations, opèrent sur instruction du préfet du département ; dans le cas où la mission se déroule dans un département différent le préfet du lieu de l’évènement demande à la Direction générale de la police la mise à disposition du GIPN. Toutefois, lors de missions prioritaires, les groupes sont placés sous l’autorité de la Direction Centrale de la Sécurité Publique, et plus particulièrement  d’un commissaire  de police coordinateur  ou de son adjoint appartenant à la cellule de coordination des GIPN (lire l’encadré sur l’historique).

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Des tests triennaux pour tous

Le GIPN de Lyon comprend 24 éléments commandés par un commandant  (un GIPN peut être commandé par un capitaine) ; ce dernier est assisté par un adjoint (un major) et chaque équipe  composée de gardiens de la paix est dirigée par un gradé (brigadier ou brigadier-major). L’unité comprend une cellule de commandement à deux éléments, une cellule d’encadrement avec six chefs d’équipe et des équipes d’intervention à six éléments, soit un gradé et cinq gardiens. Notez que le GIPN de Marseille comprend lui trois équpes d’intervention à sept hommes chacune. La moyenne d’âge est de trente-trois ans, tandis que les fonctionnaires restent dix ans  en unité (actuellement l’un d’eux  a dix-sept ans de présence dans l’unité). « Il faut savoir , nous déclare le commissaire principal Frédéric Lauze, chef de la cellule de coordination des GIPN, que tous les éléments des GIPN doivent effectuer  et réussir des tests triennaux, destinés à contrôler leur motivation, leurs capacités opérationnelles sur site et en tir ainsi que leurs aptitudes physiques.

Ceux qui ne peuvent les réussir doivent quitter l’unité. Nous sommes la seule catégorie d’unités de la police à réaliser  de tels tests…Une façon de se remettre régulièrement en cause ».

Outre la remise en cause, les unités sont à la recherche de nouvelles techniques et de matériels plus performants. Ainsi, au sein du GIPN de lyon, le commandant a créé des cellules spécialisées dans une discipline, afin de responsabiliser les éléments et de faire avancer les techniques. On y trouve donc une cellule techniques et moyens, une pour le sport de combat, une consacrée à l’armement et au tir et une autre pour les techniques de corde.

Autre dénominateur commun des GIPN : l’accent mis sur l’entraînement. En effet, et pour reprendre l’exemple du groupe d’intervention de Lyon, le rapport entraînement / mission est de 45% 55%.

Les moyens sont d’ailleurs  à la hauteur : le GIPN de Lille dispose d’un parcours avec 26 obstacles installés dans un fort ( à l’instar du GIPN de Lyon qui a le sien au fort de Montluc)où les hommes de l’unité peuvent s’entraîner  à outrance ! Le but recherché est ainsi de mettre en place les automatismes , mais aussi de savoir affronter une situation de crise. Les sports de combat enseignés tendent à la saisie du malfaiteur ou du forcené et à son immobilisation au sol, les fonctionnaires du GIPN s’entraînant  pour cela en priorité à la boxe anglaise et américaine, au kick-boxing , au karaté et aux différents types de balayage. Un entraînement  parfaitement adapté aux missions prioritaires des GIPN : la mise hors d’état de nuire du malfaiteur, preneur d’otage ou forcené, avec pour règle première de s’emparer de la personne sans la blesser ou pire la tuer.

Mobilisation totale durant la Coupe du monde

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De plus en plus, les GIPN sont appelés à sortir du cadre régional. Ainsi, lors de la Coupe du monde où la totalité des 128 éléments des différents groupes étaient mobilisés, les GIPN ont travaillé sur tout le territoire national : celui de Lille assurait la protection des équipes à Rennes, et les GIPN de Strasbourg et de Nice étaient en alerte pour intervenir partout en France pendant que les autres unités étaient mobilisés sur les différents stades. De même, après l’assassinat du préfet Eric Erignac en Corse, en moins de douze heures, quelque 35 personnalités en Corse étaient protégées par des hommes des GIPN.

En 1995, les GIPN ont réalisé 66 interventions majeures, en 1996 , 61 ; en 1997, 70. Il ne faut pas oublier non plus que, depuis plusieurs années, avec la montée de la violence urbaine, en particulier dans les banlieues, les GIPN assistent  les différents services de police : SRPJ, UIR (unité d’investigations et de recherches), etc. , là où des opérations rapides et musclées sont nécessaires.

Ce type d’opération débute  6 heures du matin, heure légale, et en quelques minutes, l’équipe entre dans un appartement ou une habitation, interpelle la personne recherchée et quitte les lieux aussitôt après.

Cependant, bien que nombre d’opérations – et non des moindres, en particulier contre des forcenés souvent redoutables- aient été menées par les GIPN, ces unités d’intervention de la police restent méconnues. Il ne vous reste donc plus qu’à demander aux hommes du GIPN de Lyon, par exemple, de vous raconter quelques-unes de leurs actions : elles ne vous décevront pas… et jamais le sang ne fut versé.

L’équipement d’un GIPN ( à 24 éléments)

Tous les fonctionnaires d’un GIPN sont équipés d’un gilet lourd d’intervention pare-balles ainsi que d’un casque lourd pare-balles, d’un masque à gaz Avon, d’un casque anti-bruit, d’un tonfa, d’un gilet pare-balles PN4 ou d’un modèle discret SEMA, d’une paire de menottes, d’un étui cordura de jambe pour une arme de poing,  d’une combinaison d’intervention type RAID/GIPN, d’une cagoule, d’un blouson polaire et d’une surveste, de chaussures d’intervention, d’une lampe individuelle Surfire, d’un poste radio portable, d’un couteau d’intervention, de pansements compressifs, d’un sac individuel, d’un sac à dos et d’une paire de lunettes anti-choc Bollé.

L’unité dispose aussi de boucliers légers pare-balles, d’un bouclier sarcophage, de matériel d’escalade (baudrier, gants, sangles, cordes, descendeurs, mousquetons, échelles, etc.) d’appareils de transmission et de réception qui se fixent sur le gilet d’intervention, de systèmes filaires pour les postes portables (micro de déport, écoutes discrètes et oreillettes), de casques radio New Eagle, de portables, de jumelles 8×56, d’un appareil photo Nikon F301, d’une pince coupante, d’une pince monseigneur, d’un coupe-boulons, d’une hache, d’une masse, de béliers de différentes tailles.

Enfin, chaque GIPN aligne trois véhicules de tourisme de grosse cylindrée, deux véhicules de type monospace et un fourgon J5 ou équivalent doté d’un moteur puissant de type turbo diesel.

L’armement d’un GIPN

En armes de poing, les hommes d’un GIPN sont équipés de vingt-quatre revolvers MR73 en 4 pouces modèle Gendarmerie, de trois revolvers Smith & Wesson de 2 pouces et de vingt-quatre pistolets Beretta 92FS ou Mas. En ce qui concerne les armes longues, on compte neuf carabines Steyr Mannlicher, trois fusils d’assaut SIG 551, sept pistolets mitrailleurs HK MP5 A5, six fusils à pompe Benelli et quatre flash-ball.

Chaque GIPN dispose d’un éventail de grenades : aveuglantes et détonnantes, fulgurantes, multiflash et multibang, fumigènes, ainsi que d’un disperseur dorsal lacrymogène. Depuis peu, plusieurs GIPN alignent une carabine de précision PGM Ultima Ratio.

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Les opérations les plus marquantes du GIPN de Lyon

En 1974, lors d’une prise d’otages à Annemasse, le preneur  est arrêté. En 1983, à Lyon, un individu se retranche dans un foyer de travailleurs, abat cinq personnes et en blesse trois autres. Il est finalement maîtrisé. L’année suivante, un homme se barricade dans son appartement, et il est maîtrisé. En 1985, les prisons de Lyon sont le lieu de mutineries ; le GIPN intervient pour les briser. La même année, les hommes du GIPN réussissent  à arrêter trois braqueurs qui se sont retranchés dans un appartement après un vol à main armée. En 1986, le GIPN réalise deux actions majeures : l’une pour arrêter  un individu qui vient de commencer une prise d’otages dans une maternité de l’hôpital Edouard Herriot à Lyon, l’autre à Chambéry contre une forcenée qui retient en otages certains de ses proches.

Un autre forcené est maîtrisé dans sa maison à Montélimar en 1989.

Durant l’année 1991, le GIPN intervient  lors de la mutinerie à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône ; il met hors d’état de nuire un forcené retranché à Montceau-les-Mines.

En 1992, à Nevers, encore une prise d’otages : l’individu est finalement maîtrisé par le GIPN.

L’année suivante sera marquée par une série d’opérations menées par les équipes du GIPN : à  La Mulatière, un individu, armé et retranché, est interpellé après des négociations ; l’interpellation d’un homme armé, retranché  à Romans ; l’arrestation à Paray-le-Monial d’un individu armé  et retranché suite à sa tentative d’homicide sur un agent de la force publique ; à Chalon-sur-Saône, un forcené armé est capturé ; un autre individu, retranché cette fois à Villeurbanne, sera lui aussi maîtrisé.

En 1996, lors de la prise d’otages dans le palais de justice du Puy-en-Velay, les hommes du GIPN réussissent  à interpeller le malfaiteur.

En 1997, c’est à Albertville,  que, suite à un homicide volontaire, le GIPN réussira à arrêter un individu embusqué sur un parking. L’image sera ensuite publiée dans la presse nationale.

Outre ces opérations, les membres du GIPN de Lyon ont assuré des protections de personnalités et travaillé à la sécurité lors de procès à risque. On peut ainsi citer la visite du Pape à Lyon, différentes procès d’autonomistes corses, le procès d’Action Directe, le procès Klaus Barbie, le procès Furiani à Bastia, les Jeux Olympiques d’Albertville et des protections de personnalités en Corse après le meurtre du préfet Erignac.

Tiré du magazine RAIDS n°148

Article de Eric Micheletti

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Le GIPN de la Guadeloupe

Fabien : 13 février 2013 20 h 49 min : GIPN - Articles

« Créé officiellement en juillet 2007 et complétement opérationnel courant 2009, le Groupe d’Intervention de la Police National Antilles-Guyane est un groupe à part.
Compétent sur la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane.
Cette vaste zone au climat contraignant, plaque tournante de trafics divers, exige des 16 hommes du groupe une polyvalence peu commune et des savoir-faire spécifiques.

Février 2012, quelque part en pleine forêt tropicale, aux abords d’une rivière, les hommes du GIPN Antilles-Guyane viennent de faire irruption dans un camp d’orpailleurs.
Les clandestins sont surpris, ne s’attendant pas à un tel déploiement de force.
Le groupe s’est approché discrètement en suivant le cours de la rivière qui borde le campement.
Surgissant de la végétation alentour, après avoir encerclé le camp, ils l’investissent avec force pour ne laisser aucune chance à leurs cibles.

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Véritable plaie, l’orpaillage clandestin est aujourd’hui plus que jamais la cible des autorités en Guyane, car il est à l’origine de la pollution de nombreux cours d’eau, notamment au mercure, occasionnant des dégâts irréversibles dans un environnement fragile aux mutations de plus en plus nombreuses. C’est une guerre ouverte que mènent les forces de l’ordre, gendarmerie et police, en collaboration avec nos forces armées présentes sur place (FAG), la légion étrangère notamment, spécialiste du combat en milieu tropical (CEFE).
Ce combat nécessite une acclimatation avec ce milieu extrême, pour effectuer des progressions discrètes, de plusieurs heures, voire de plusieurs jours, en forêt tropicale, afin de prendre sur le fait les orpailleurs, bien souvent venus du Brésil voisin.

Connaissant bien ce milieu, ils sont sur leurs gardes, n’hésitant pas à prendre la fuite après avoir abandonné leur matériel. Les orpailleurs français illégaux n’hésitent pas , quant à eux, à faire usage d’armes à feu lorsqu’ils sont contrôlés , pour tenter d’éviter les lourdes peines que la législation, du fait de leur nationalité, fait peser sur eux.
Mais nous sommes ici bel et bien en Guadeloupe, sur Basse-Terre, non loin de Trois-Rivières, sur un site où les hommes du GIPN viennent régulièrement s’entrainer à ces types de progression et d’interpellation.

Avant la création de ce dixième GIPN existait un GISP, groupe d’intervention de la sécurité publique, basé en Guadeloupe.
Il avait été mis en place à l’initiative des différents directeurs qui se sont succédé sur place, effectuant sensiblement les mêmes missions qu’un GIPN, si ce n’est qu’au début il s’agissait de policiers de la compagnie départementale d’intervention (CDI), qui faisaient ponctuellement cetype de mission, en dehors des mutineries et du contre-terrorisme : intervention sur des forcenés, interpellations du matin, escortes.
Le nombre de missions augmentant, ils y ont alors été détachés à temps plein durant les quatre dernières années, sous l’égide d’un capitaine, officier de la CDI.
Les autorités hésitant durant dix ans, ils ont bénéficié de formations délivrées par des officiers GIPN, qui venaient en Guadeloupe tous les deux ans pour des périodes de deux à trois semaines, pour faire de l’encadrement : techniques de cordes, techniques de tir, pénétration dans des domiciles.
Par la suite, sous l’impulsion de leur capitaine, relayé par les différents officiers GIPN formateurs, il a été décidé en haut lieu de créer officiellement un GIPN, en juillet 2007.
Dès le mois d’octobre de cette même année, ont été lancés des tests au niveau des Antilles, auxquels ont participé quelques Martiniquais et surtout des Guadeloupéens.
Dix policiers ont passé les épreuves avec succès, parmi lesquels cinq issus de l’ancien GISP et cinq qui venaient de CDI ou de BAC.
A cette ossature à dix se sont ajouté un policier du GIPN de Lyon, venu à la mise en place au 1er janvier 2008, et le chef de groupe.
A partir d’octobre 2008, deux habilités sont venus en renfort, un fonctionnaire issu du vivier et un autre ayant réussi les habilitations nationales à Oissel, lors de la deuxième session d’habilitation commune RAID-GIPN.

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Il faut savoir que les tests dispensés en Guadeloupe sont les mêmes que ceux en métropole, avec les mêmes épreuves, adaptées à l’environnement local (infrastructures…).
Une grosse enveloppe budgétaire a été allouée à la mise en place de ce nouveau groupe, pour les équipements, les véhicules et l’armement.
Concernant ce dernier, le GISP possédait déjà les Glock 17 et les fusils à pompe. Il y a eu une dotation notamment en HK G36, en boucliers et en véhicules. Cet équipement a été échelonné sur environ un an et demi, le groupe étant alors complètement opérationnel courant 2009.
Par exemple, les gilets et les casques lourds sont arrivés fin 2008, et les véhicules ont été perçus en juin et juillet de cette même année.

Aujourd’hui, suite à des mutations et des recrutements divers, le groupe est à effectif complet, à 16 fonctionnaires de police. Il compte deux négociateurs créoles et deux métropolitains.
En dehors du chef de groupe et du major, les 14 policiers sont tous THP (tireurs haute précision), ayant suivi le module de formation délivré par le CNT de Montlignon en décembre 2010.

La flotte de véhicules est composée d’un monospace, d’un fourgon d’intervention et d’un tout-terrain de marque Mitsubishi, bientôt deux, comme à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie.
Suite aux accords passés avec la Brink’s en 2008, un fourgon blindé devrait venir renforcer la capacité opérationnelle du groupe d’ici la fin de l’année 2012. Une moto, une Transalp, vient compléter l’ensemble , pour les repérages et les filatures en soutien de la PJ.
L’armement est celui propre à tous les GIPN : Glock 17 et 26, HK MP5, six HK G36, fusils à pompe Remington et Benelli semi-automatiques, Tazer, LBD… L’équipement comprend, bien sûr, des casques lourds à visière pare-balles, des gilets et des boucliers balistiques, des béliers de 12 et 20kg, un Door-Raider.
« Nous nous situons peut-être un ton en dessous d’un GIPN en métropole, où les groupes ont pu acquérir de l’équipement au fil des années. Par exemple, au niveau des fusils de précision, nous n’avons que quatre Blazer et deux Tikka. Concernant les lots d’effraction, nous ne disposons que d’un seul Door-Raider, alors que certains groupes en ont deux ou trois », remarque Stéphane Litterst, commandant du GIPN de Guadeloupe.

Il faut d’ailleurs noter ici l’une des spécificités des interventions en Guadeloupe, où devant une porte blindée se trouve généralement une grille métallique qui se tire, compliquant encore l’effraction.
Aussi, le groupe s’est doté de disqueuses électriques, utilisées en se branchant chez un voisin, ou éventuellement en utilisant un groupe électrogène – à la discrétion toutefois limitée à 6 heures du matin.
D’autres méthodes d’ouverture éprouvées peuvent être également employées, comme le tir au fusil à pompe dans la serrure au moyen de cartouches en céramique, qui, si elle n’est pas beaucoup plus discrète, a au moins le mérite d’être rapide… Le Door Raider est alors utilisé dans la foulée sur la porte.
« Nous pouvons rencontrer un autre type de difficulté, lorsque nous intervenons dans les ghettos, où les cases sont en bois. Les volets se tirent vers l’extérieur, complétés par des barres juste derrière, en haut et en bas, obligeant à rentrer de côté et non de face, dans certains domiciles.
Dans ces cas-là, nous n’utilisons pas le G36 : les portes et les murs étant en bois et les cases étant proches les unes des autres, le projectile traverserait trois cases avant de s’arrêter… Nous adaptons ainsi notre armement en fonction de la configuration. »

Depuis mars 2011, le groupe bénéficie également de nouveaux locaux, beaucoup plus spacieux et mieux adaptés à ses missions.

Les missions les plus courantes de ce groupe concernent la protection de personnalités lors de voyages officiels. Ensuite viennent les assistances, à 6heures, pour le commissariat et la PJ.
Il s’agit de perquisitions au domicile d’individus réputés dangereux et armés. En troisième position, contrairement aux GIPN de métropole, les dispositifs de surveillance et d’interpellation dans le cadre de trafics de produits stupéfiants se multiplient. Un dispositif de la SD se met en place, avec un « sous-marin », et les policiers du GIPN se positionnent à la périphérie avec moto et véhicules.

Dès que la PJ leur signale qu’un individu qui a acheté de la drogue a pris telle ou telle direction, ils l’interpellent et le mettent à la disposition de leurs collègues.
Lorsque l’OPJ estime qu’il a suffisamment d’acheteurs, ils « tapent » le lieu du « deal », et le lieu d’habitation derrière, s’il est identifié.
«C’est l’une de nos activités qui monte en puissance, explique le commandant Litterst. Trois grosses opérations de ce type ont été réalisées en 2011 par le groupe, et une autre cette année».

A cela s’ajoutent quelques interventions sur des forcenés et des escortes de prisonniers de la prison de Basse Terre au « palmarès » important.

En 2009, le GIPN participe de façon très active aux opérations de maintien de l’ordre lors des mouvements sociaux des mois de janvier et de février. Ses hommes travaillent alors effectivement presque exclusivement de nuit, en renfort de leurs collègues des BAC et de commissariats, puisque les collègues de la CDI sont employés principalement en journée sur les manifestations et pour la lutte contre les barrages. Les hommes du GIPN, entre huit et onze fonctionnaires travaillent ainsi en civil de nuit, se déplaçant dans un vieux fourgon, le directeur départemental à bord, allant ici et là au gré des interventions.

Ils interviennent parfois de jour, comme lorsque 200 personnes viennent manifester leur colère devant le commissariat, suite à des interpellations.
Les visites ministérielles sont alors également sécurisées par des hommes du GIPN.

Le groupe accomplit ainsi ses missions durant 40 jours, avec des luttes contre des barrages, essuyant même des coups de fusil et ripostant à la Gomm-Cogne.
Même à seulement huit fonctionnaires face à une centaine d’émeutiers, les hommes du GIPN de Guadeloupe arrivent à régler la situation, opérant de façon déterminée, « fonçant dans le tas » en tirant sur les meneurs (avec des armes non létales), au besoin.
« Le plus dur, c’était d’occuper le terrain une fois que les manifestants s’étaient dispersés », se souvient le commandant Litterst.

Mais l’ensemble se solde malheureusement par la mort d’un syndicaliste et l’arrivée en renfort de 21 hommes du RAID fin février 2009. C’est d’ailleurs la première fois qu’est activée la Force d’Intervention de la Police Nationale (FIPN), avec un départ décidé par le directeur général de la police nationale en moins de 24 heures.

Les hommes du GIPN ont même l’occasion de travailler avec les gendarmes sur Basse-Terre, dans un quartier en zone gendarmerie dont ils ont beaucoup de mal à prendre possession malgré les lancers de grenades.
Un incendie devant une station-service conduit alors au renfort du GIPN, qui ne fait pas dans la dentelle…
« Ces événements de 2009, où nous avons pris une part très active dans le cadre des interventions contre les émeutiers, ont donné lieu à un bilan 100% positif sur le plan opérationnel, marquant véritablement l’implication du GIPN sur le territoire guadeloupéen.
Personnellement, j’ai rarement vu de telles violences dans des émeutes : il y avait des barrages et des incendies dans tout Pointe-à-Pitre ! Nous avions pour consigne de protéger le centre-ville contre les feux de poubelles, les cambriolages… Ce fut une période délicate lors de laquelle nous avons bien senti qu’une partie de la population pouvait basculer vers le pire à tout moment. C’était assez impressionnant » raconte le commandant Litterst.
Il faut savoir en effet que, sur Gosier, aucune force de l’ordre ne peut rentrer durant plus de 24 heures : la quatre-voies est coupée dans un sens, des barrages ont été dressés à l’aide de dizaines de cocotiers, de carcasses de voitures et des camions retournés ! Les manifestants ont aussi comme objectif d’isoler les békés (descendants des premiers colons européens). La situation aurait vraiment pu très mal tourner.

En dehors de cette période qui fera date, le GIPN doit aussi affronter quelques cas de forcenés dont l’un, fin 2011, qui jette de l’essence par sa fenêtre pour éviter que l’on puisse rentrer chez lui !
« Mais il faut préciser que nous avons rarement affaire à des forcenés en Guadeloupe, poursuit le commandant Litterst, car ce n’est pas dans la culture antillaise. Les gens vivant isolés comme cela sont rares : il y a toujours une famille, quelqu’un qui connait quelqu’un pour prévenir ou apaiser la situation. Une fois, nous avons té appelés sur la voie publique pour interpeller un homme qui était au milieu de la route : il voulait découper tout le monde avec sa machette ! La situation a été calmée rapidement, et l’arme a été récupérée. L’homme avait découpé le rétroviseur d’une voiture, amis, une fois la situation apaisée, la femme de l’auteur du vandalisme s’est engagée auprès du propriétaire du véhicule, qui la connaissait, à rembourser les frais. Tout est rentré dans l’ordre et le calme est rapidement revenu. Cet exemple est caractéristique de ce que l’on peut rencontrer sur une ile, qui représente un tout petit département , ou tout le monde connait tout le monde.
Il y a donc rarement des personnes retranchées à domicile, avec des armes, comme parfois en métropole ».

68226_469137346459050_1279068674_nEn revanche, il s’agit tout de même d’un département très violent.
Dans le courant de l’hiver 2010, le GIPN est amené à effectuer des patrouilles de nuit, hommes cagoulés, en renfort d’autres services, pour lutter contre la grande recrudescence des homicides. Depuis deux mois, la Guadeloupe connait alors un à deux homicides tous les week-ends, liés à des règlements de comptes entre bandes. En Guadeloupe, s’il n’y a pratiquement pas de cannabis, la cocaïne se trouve très facilement.
« A l’aéroport, nous trouvons régulièrement des jeunes qui importent de la résine de cannabis et qui repartent avec de la cocaïne. Début 2012, nous avons arrêté un homme qui avait livré 250 kg de cocaïne dans un fourgon ».

L’actualité récente l’a encore démontré (voir le précédent numéro de Police Pro) : c’est une véritable bataille que les autorités françaises doivent aujourd’hui livrer en Guyane contre les orpailleurs clandestins, notamment venus du Brésil voisin. La montée du prix de l’or attise encore davantage les convoitises, accroissant d’autant la détermination de populations pauvres et de profiteurs peu scrupuleux, persuadés de réussir à s’enrichir dans ce nouvel Eldorado.

Rappelons que Harpie est une opération de grande envergure, menée conjointement par la gendarmerie et les militaires des forces armées en Guyane (FAG) : près d’un millier de ces derniers y participent, dont 350 déployés en permanence sur les réseaux fluviaux, pour neutraliser les flux logistiques des orpailleurs, et en forêt, pour démanteler les sites d’exploitation d’or illégaux.

Sur demande de la PAF, relayée par la DGPN, le GIPN Antilles-Guyane est, lui aussi, mis à contribution pour participer à ces missions de lutte contre l’orpaillage clandestin en Guyane.
Le groupe y part donc pour la première fois au mois de mars 2011, pour une semaine. Sur place, ses hommes suivent tout d’abord trois jours de stage d’acclimatation à la foret tropicale avec le 9° RIMA.

Ensuite ils effectuent une mission de 24 heures dans la région de Saint-Laurent-du-Maroni, en assistance de leurs collègues de la PAF.
« Trois camps d’orpailleurs ont ainsi pu être investis au petit matin, après une marche discrète de plus de douze heures en forêt. » Ces clandestins ont l’habitude de la vie en forêt : en permanence sur leurs gardes, alertés par la moindre odeur, le moindre petit bruit qui sort de l’ordinaire, ils sont difficiles à surprendre. Lors de ces opérations, les sites sont systématiquement détruits.

Le GIPN est censé renouveler ce type de mission, mais il ne faut pas oublier que c’est la gendarmerie qui reste la principale concernée par ce combat ; elle a d’ailleurs rappelé récemment qu’il s’agissait de sa mission prioritaire en Guyane. Et vu le cout pour faire venir le GIPN depuis la Guadeloupe, le groupe voit la mission Harpie s’éloigner de plus en plus.
Concernant les missions atypiques pour un GIPN, la préfecture demande au groupe de Guadeloupe de se spécialiser et de s’entrainer sur la recherche de personnes disparues sur Basse-Terre.
« La gendarmerie le fait également, mais pas sur 24 heures. A notre niveau, nous sommes capables d’envoyer quatre personnels avec de quoi dormir, comme lors des missions en Guyane. Toutes les 24 heures, je fais tourner les équipes. L’avantage, c’est que, de nuit, les bruits sont plus diffusés, et c’est plus facile de progresser, de se poser et de se signaler si l’on entend quelqu’un appeler au secours, et de le localiser. Nous maitrisons ce type de travail, même si nous n’avons pas encore eu besoin de le mettre en œuvre. Ensuite, il y a tout ce qui touche aux techniques de cordes dans le cadre du secours en montagne, en renfort des pompiers du GRIMP », rappelle le commandant Litterst.

En cas de catastrophe naturelle majeure en effet, comme un tremblement de terre, le GIPN positionnerait la moitié de ses équipes en renfort des commissariats, pour lutter contre les vandalismes dans le centre-ville, et l’autre moitié, équipée en cordes, tronçonneuses et véhicules 4×4, pour porter secours à la population (déblayer des routes, sécuriser des maisons qui menacent de s’écrouler…).

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Ce GIPN a ainsi vocation à intervenir en renfort des pompiers, si besoin.
En septembre 2011, trois CRS de Chamonix viennent donc dispenser leur formation pour le module cordes, à savoir le TIH (Techniques d’Intervention en Hauteur) de niveau 1, minimum demandé pour monter sur un toit avec un fusil, et le TIH de niveau 2, pour travailler en hauteur.
A l’issue, ils mettent meme en place un TIMP, pour les techniques d’intervention en milieux particuliers, lié à la spécialité de ce groupe sur tout ce qui concerne le secours en montagne.

Le groupe travaille ainsi durant une semaine sur les techniques de secours et de recherche de personnes.
« Il s’agit du seul GIPN à avoir bénéficié du TIMP, rappelle le commandant Litterst. Cela m’a pris un an pour mettre en place ce stage cordes, après quoi j’ai basculé les contacts à La Réunion pour valider le montage du même type d’exercice ».

En termes de formation, le groupe entretient des échanges avec le 41°BIMA, avec lequel une convention a été établie.
Les entrainements communs se font généralement sur un ilet surmonté d’un vieux fort, au cœur duquel les hommes peuvent travailler les techniques de cordes, les franchissements, les pénétrations de domiciles.
«Leurs techniques militaires ne sont pas toujours adaptables pour nous, en milieu urbain, mais c’est toujours très enrichissant de pouvoir comparer les savoir-faire. Nous travaillons ainsi régulièrement avec l’instructeur de leur cellule aguerrissement ».
Enfin il arrive au GIPN de Guadeloupe d’assurer un dispositif de surveillance de plages suite à des débarquements de go-fast, dans le cadre de la lutte contre les trafics de stupéfiants, d’armes et de clandestins. Ce type de mission est arrivé deux fois en 2011, et le groupe est amené à en refaire…Via Sainte-Lucie et la Dominique, les trafiquants peuvent en effet effectuer la traversée en une heure et demie.
Ils balancent alors toute la cargaison à l’eau en bordure de plage, font demi-tour et se volatilisent. Ces débarquements sont relativement fréquents.

Le GIPN de Guadeloupe est bel et bien atypique, en comparaison à ceux de métropole, collant à la réalité des milieux dans lesquels ses hommes sont amenés à évoluer, à exercer leurs missions, dont certaines peuvent paraitre surprenantes pour un groupe d’intervention de la police nationale, comme le secours en montagne ou l’intervention en forêt tropicale.
Il en résulte un groupe polyvalent, aux atouts multiples et au fort potentiel, dont les fonctionnaires possèdent, entre autres, des capacités physiques, notamment une endurance, qui semblent supérieures à celles de leurs collègues de la zone (climat, environnement naturel). »

 

Article tiré de Police Pro n°36 Novembre-Décembre 2012
Texte de Oliver Merlin

Photos © Stéphane Bommert

 

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Le GIPN de Marseille « sous blindage »

Fabien : 8 décembre 2012 12 h 08 min : GIPN - Articles

« Le GIPN de Lyon fut le premier à être équipé d’un fourgon blindé. Aujourd’hui, c’est également chose faite pour le groupe de Marseille, qui avait notamment évalué les capacités d’un tel moyen lors d’un exercice d’envergure au sein du GPM, en 2007.

 

Mardi 20 mars 2007, 14h40, au cœur du Grand Port de Marseille (GPM) : des individus armés tirent sur des agents des douanes et de la PAF, puis se retranchent dans un bâtiment avec un fonctionnaire de police en otage, son collègue gisant au sol près de son véhicule.

Quelques minutes plus tard, les deux patrouilles intervenantes montent le périmètre de sécurité au niveau du bâtiment : le GIPN 13 est alerté.

A 15h15, le groupe de Marseille arrive sur zone pour prendre en charge l’événement  et un PC crise est mis en place au niveau du commissariat central, en relation avec le PC opérations sur place.

Parant au plus pressé et utilisant un fourgon blindé comme « bouclier » pour s’abriter, les hommes du GIPN de Marseille récupèrent  le policier blessé gisant au sol à côté de son véhicule. La négociation commence alors…

Rassurons-nous, il s’agit bien là d’un entraînement.

Avec l’accord de la Direction Centrale de la Sécurité Publique (DCSP), un exercice majeur grandeur nature rassemble alors des éléments de plusieurs groupes GIPN de métropole.

En renfort du GIPN de Marseille, c’est ainsi au total environ une cinquantaine de fonctionnaires de police qui interviennent  dans le cadre du traitement d’une prise d’otages de grande ampleur au cœur du GIPN sur le port autonome de Marseille.

L’objectif, sous le regard attentif de trois observateurs du RAID, est de mettre en évidence les difficultés liées à ce type d’intervention nécessitant la participation  de renforts conséquents, dont un fourgon blindé de la société de transports de fonds Loomis.

Le scénario ? Un commando d’environ six personnes tente de s’introduire sur le territoire national avec un armement important ; au cours d’un contrôle  avec le service des douanes, ces terroristes ouvrent le feu et se réfugient dans un bâtiment administratif du GPM, où une vingtaine de personnes sont prises en otages.

Le commando veut organiser un attentat et il exige la libération de détenus condamnés à de lourdes peines pour association de malfaiteurs visant une activité terroriste.

Suivent plus de quatorze heures de tensions et de réflexions, de discernement et de précision, pour la cinquantaine d’hommes du GIPN mobilisée : un après-midi et une nuit entière passés sous un mistral déchainé et glacial, dans les conditions réelles d’une prise d’otages, jamais vue de mémoire de marseillais, mais qu’il faut se tenir prêt à affronter.

L’originalité de ce dispositif tient dans la collaboration des effectifs de différents groupes pour la prise en compte d’une menace conséquente.

L’exercice réalisé permet au GIPN de réfléchir sur le bon agencement des diverses équipes et de leurs techniques,  la comptabilité des matériels, notamment au niveau radio et armement, la gestion de l’unité de commandement au cours d’une crise avec un nombre important de terroristes et d’otages, puis  sa gestion dans le temps avec l’épineux problème de la relève des effectifs.

Le fourgon blindé prêté par Loomis dans sa configuration de base, sans aménagement particulier, n’est alors utilisé que sur une phase courte, répondant à un besoin spécifique à un moment précis, il n’est s adapté pour tenir dans la durée.

C’est en effet la première fois que le GIPN engage autant d’effectifs et de moyens matériels sur un exercice aussi long, dont le scénario n’est, bien sûr, connu que des seuls formateurs.

L’exercice  permet de vérifier l’acquisition des techniques d’intervention  par chaque groupe et la bonne coordination des moyens, grâce à une convention avec le GPM pour une intervention réaliste sur un bâtiment du port.

 

Le fourgon blindé est alors déjà à l’honneur,  son cadre d’emploi étant étudié et ses capacités exploitées afin d’en définir les meilleures options pour une utilisation future éventuelle.

Il sert ici de « bouclier » pour permettre à un binôme du groupe d’extirper  le policier blessé gisant au sol, dans la ligne de mire des preneurs d’otages, afin de permettre son évacuation rapide vers un service des urgences.

Aujourd’hui, face à l’évolution de la délinquance et à l’emploi de plus en plus fréquent d’armes à feu, parmi lesquelles des armes de guerre légères (Kalachnikov), progressivement les GIPN perçoivent leur fourgon blindé, dans le cadre de la montée en puissance de leurs capacités d’intervention.

Celui de Marseille, deuxième véhicule de ce type, est issu du premier projet développé à Lyon.

L’ensemble des groupes avait été consulté afin d’en définir les caractéristiques par rapport aux besoins du terrain, aux missions visées.

Le fourgon de Lyon a déjà été utilisé durant les grosses émeutes qu’ont connues les villes de Lyon et de Grenoble, puis sur le sommet de l’OTAN, le G20, et durant le grand exercice de contre-terrorisme à Nice avec le navire de croisière Club Med 2, en 2010.

Au départ, un partenariat d’ordre technique a été lancé avec la Brink’s, en 2008, pour que la police nationale puisse récupérer ses véhicules. Il s’agit  en effet de fourgons blindés servant habituellement au transport de fonds, mais totalement reconditionnés en vue de leur nouvel emploi.

A la demande de la Direction Centrale,  le SGAP de Lyon a construit le premier,  récupéré par le GIPN début 2009.

Le blindage du toit avait notamment été renforcé.

Plus récents, les deux véhicules suivants avaient déjà un blindage plus important, mais des modifications diverses  leur ont été apportées pour une utilisation « police ».

Une fois récupéré, le fourgon est complètement démonté, de nombreuses pièces sont changées, le blindage est amélioré, l’aménagement intérieur modifié pour permettre d’y  demeurer dans la durée, des matériels radio sont ajoutés, ainsi que des rangements divers.

Un engin neuf de ce type coûte environ 350 000 euros.

Racheté d’occasion, avec certes beaucoup de kilomètres au compteur, mais révisé, transformé, amélioré, le véhicule tourne aux alentours de 15 000 euros seulement.

« L’engin nous est livré brut, avec des capacités d’installation de matériels spécifiques importantes, comme, pourquoi pas, une caméra thermique, des périscopes, etc .

Les évolutions possibles sont nombreuses.

Il faut dire que nous en avions profondément besoin pour son usage prioritaire, avoir réussi  à combler ce manque sans un lourd investissement est pertinent. Nous allons ainsi  pouvoir en équiper les dix groupes relativement rapidement.

Par rapport à ce qui se passe dans les cités, avec les armes que nous sommes susceptibles d’y trouver aujourd’hui, nous avons été visionnaires : si demain nous sommes confrontés à un gros problème, nous pourrons réagir.

Cet équipement est le fruit de la réflexion menée sur les groupes d’intervention lors des violences urbaines, dans le cadre de la FIPN.

Nous sommes en train de cibler un package à livrer au pouvoir politique, allant de la surveillance, la fourniture de renseignements, à l’intervention, grâce notamment  à l’utilisation de fourgons blindés » explique  le capitaine Nicolas Battesti, commandant du GIPN de Marseille.

Cela correspond à une politique nationale de la DGPN, et locale de la DCSP, pour disposer rapidement, et à moindre cout, de moyens conséquents en région, en cas de crise grave.

A titre d’exemple, le fourgon blindé du GIPN de Marseille a été envoyé sur Toulouse en soutien du RAID pour son assaut contre l’appartement de Mohamed Merah, au cas où.

Réactif, le groupe ne l’aura finalement pas employé sur zone, les tacticiens ayant jugé que ce n’était pas nécessaire.

Lourd, mais bénéficiant quand même d’une vitesse maximale de 100km/h, le fourgon blindé du groupe peut ainsi se déplacer sur la zone de compétence concernée.

De classe 4, il résiste aux impacts de carabines et de Kalachnikov (Magnum, 7,62mm, 7,08mm).

Il est équipé d’un gyrophare deux tons à LED, de pneus anti-crevaison, d’un projecteur puissant et d’une plateforme avec points d’attache pour une échelle sur le toit.

Le véhicule possède une porte coulissante latérale et une porte classique à l’arrière.

En projet à court terme, une caméra  à 360°  pour des vues à l’extérieur  de jour comme de nuit.

Plusieurs  réflexions ont, bien sûr, été menées. Pourquoi ne pas récupérer des VAB, afin d’avoir un véhicule blindé se rapprochant de ceux de la gendarmerie ? Son emploi serait plus souple (tout-terrain, protection balistique supérieure), toutefois un tel blindé, lourd, au « look militaire », ne véhiculerait  pas une bonne image des forces de l’ordre aux yeux de la population.

Les fourgons sélectionnés restent  des outils urbains très efficaces, avec leur aspect impressionnant mais pas trop agressif.

Ce camion classe 4 permet d’aller au plus près de la crise, lorsque le terrain le permet et suivant le degré de celle-ci, sans avoir à exposer  des personnels « à l’ancienne ».

Une sorte de Ramsès géant  permettant de faire évoluer la colonne : la fameuse « tortue romaine » !

Huit personnels équipés peuvent y prendre place, et même s’y tenir debout.

Ainsi, toute la colonne d’assistance  du matin, lors de  « domiciliaires » peut  se rapprocher au plus près en évitant des projectiles, grâce  à ce concept de bouclier mobile.

En revanche, à l’avant, les deux personnels ne peuvent pas être équipés en lourd.

Les missions de ces fourgons sont multiples et appelées à évoluer : approches sous couverture en milieu hostile (cités, zones périurbaines, forcené tirant depuis une fenêtre), armement  d’un PC de crise au plus près du centre de gravité de la crise,  transferts de valeurs, d’armement ou de personnes sensibles (extractions judiciaires), pénétration pour recherche de renseignement, etc.

Jusqu’à présent, le fourgon de Marseille a été utilisé pour des transferts sensibles, comme celui du marseillais Bernard Barresi –auteur de l’attaque … d’un fourgon blindé-  lorsqu’il est venu de Strasbourg, du transport de munitions et des transferts de personnes à risque, puis pour la fouille d’un camping suspect, suite au braquage du casino d’Aix-en-Provence, à Saint-Mitre-les-Remparts.

Les trois braqueurs avaient alors tiré sur des fonctionnaires de police à la Kalachnikov et la fouille du camping avait été rendue possible grâce à une évolution dans cet abri roulant fort appréciable.

Actuellement, les GIPN de Lyon, Marseille et Strasbourg sont les premiers équipés.

A terme, les dix groupes devraient en être pourvus.

Même le groupe de Guadeloupe est actuellement en contact avec la Brink’s pour une donation en fin d’année. Bien sûr, dans l’absolu, les groupes auraient sûrement préféré avoir un véhicule  blindé neuf, conçu spécifiquement pour leurs missions, au meme titre que la BRI de Paris ou le RAID… un véhicule  comme le nouveau MIDS de Renault Trucks Defense (RTD) aurait été le bienvenu (cf. Police Pro n°31).

Quatre roues motrices, climatisation, réservoir d’eau, intercom, éclairage extérieur, lame de déblaiement, pare-buffle, rampe de feux police avec sirène, observation par caméra, extinction d’incendie et extraction de fumée, armement de 5,56 ou 7,62 téléopéré, lance-grenades fumigènes, etc. proposé avec de nombreuses options, cet engin peut embarquer 12 hommes avec leurs matériels.

Développé sur une base de camion civil, avec une imposante caisse blindée, la vedette de Milipol bénéficie d’une bonne protection et propose aux équipages d’excellentes conditions de vie pour tenir dans la durée.

Sa rampe arrière constitue notamment un atout pour le débarquement rapide des hommes lors d’une intervention, en gardant toujours un œil sur l’objectif.

Pouvant atteindre 100km/h, avec une autonomie de 600km, il possède un caractère particulièrement dissuasif du fait de sa stature imposante : 6,3 m de long pour 2,5m de largeur et 3m de hauteur !

Il devrait être bientôt  en service en Egypte. Mais le fourgon idéal envisageable financièrement, quel est-il ? Vraisemblablement  un engin élaboré à partir de la base actuelle choisie, un fourgon blindé de type Brink’s, renforcé et à la configuration évolutive, avec l’ajout d’un équipement technique de nouvelle génération, notamment au niveau des transmissions, ce qui devrait être le cas grâce aux récentes réflexions  relatives aux violences urbaines.

Cela dit, même si l’effort est louable, et que nous parons ainsi au plus pressé, l’âge des véhicules aidant, il faudra peut-être  à un moment donné relancer la réflexion quant  à une solution de remplacement.

L’idée et la structure sont bonnes, l’investissement  plus que raisonnable compte tenu de l’emploi,  mais la mécanique n’est pas inusable, même avec un entretien des plus minutieux.

De plus, la violence urbaine se durcit, comme le confirme  la tendance en France, mais aussi en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud et même en Asie.

La délinquance évolue, nécessitant des pouvoirs publics une adaptation continuelle des moyens, des matériels.

Let’s wait and see ! »

Tiré de Police Pro n°36   Novembre- Décembre 2012

Article de Olivier Merlin

 

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GIPN : missions extérieures

Fabien : 22 novembre 2012 18 h 50 min : GIPN - Articles

« Compte tenu de leur professionnalisme, les membres des GIPN assurent régulièrement des missions de formation à l’étranger. Le Service de Coopération Technique International de Police  (SCTIP) permet, en effet, d’implanter des fonctionnaires spécialisés dans 160 pays à l’heure actuelle, en fonction des besoins locaux en termes de formation, d’assistance ou de protection.A ces opérations extérieures récurrentes viennent s’ajouter des missions exceptionnelles en zone e combat, notamment au Liban dans le cadre de l’extraction de ressortissants. Pour répondre à ces besoins spécifiques, des roulements s’organisent entre les GIPN et le RAID.

Les missions extérieures des membres des GIPN ne datent pas d’hier… En effet, depuis le début des années 1990, les groupes de la métropole ont l’opportunité d’envoyer des hommes en mission dans des pays étrangers, parmi lesquels le Brésil, le Mali, le Soudan, le Liban, l’Afghanistan, les Emirats arabes unis.

Les opérations récurrentes étant principalement axées sur l’aspect formation et la protection des intérêts  français à l’étranger.

Pour le capitaine Dispans, de la cellule GIPN de la Direction Centrale de la Sécurité Publique (DCSP) sur Paris, il s’agit « d’une véritable reconnaissance du savoir-faire des groupes dans le cadre de formations internationales très appréciées et renouvelées ».

Les équipes qui se relèvent sur place bénéficient en retour d’une expérience à l’international qui les change de leur travail au quotidien en métropole. Le fait de travailler en collaboration avec d’autres forces dans un contexte différent permet de s’enrichir à leur contact et d’accroitre la perception du danger éventuel en interne, au sein des groupes.

De même, la mise en place de stratégies de défense dans des situations que l’on ne retrouve pas forcément en France est incontestablement un plus qui va dans le sens d’une adaptation des méthodes, voire de la création de nouvelles techniques ou procédures.

L’occasion, plus rare en métropole, de travailler avec des militaires constitue sur ce point une richesse, dans le cadre, notamment, d’un échange de savoir-faire.

A tout cela s’ajoute, bien entendu, la motivation liée à la découverte d’un pays différent et de sa population.

Pour les Afghans, par exemple, ces formations sont l’occasion d’améliorer leur savoir-faire en termes de sécurité intérieure et particulièrement de lutte contre les stupéfiants, l’Afghanistan  étant, en effet, le premier pays producteur d’héroïne au monde…

Depuis début 2005 , les sept GIPN de métropole participent en Afghanistan à des formations auprès des unités de police spécialisées dans la lutte contre les trafiquants de drogue. Cela, dans le cadre d’une coopération différente du volet purement militaire que l’on connait sur place.

Les hommes du GIPN forment ainsi les policiers locaux aux méthodes d’interpellation en milieu confiné et de démantèlement des laboratoires.

A ces méthodes particulières vient s’ajouter une formation de base alliant exercices physiques, tir et combat.

Les personnels français assurent des rotations sur des périodes de quinze jours à un mois. Ainsi, quatorze missions de ce type ont été effectuées, à ce jour.

Leur terme n’est pas déterminé, et la formation réservée jusque-là à des unités de Kaboul pourrait bientôt s’adresser  à des forces du nord du pays.

Les hommes du GIPN travaillent à ce niveau avec , notamment , des contractors américains présents sur place et affectés aux mêmes missions. Par exemple, à Kaboul, les contractors ont mis en place une école pour la formation des NIU (Narcotrafic  Interdiction Unit) afghanes : 120 hommes sélectionnés par les Américains  et payés par les Britanniques sont formés à la lutte contre la drogue.

Ces Afghans sont gérés  par la DEA et encadrés, équipés par les contractors.

Ils interviennent  avec de gros moyens dans le cadre du démantèlement des laboratoires.

Les membres des GIPN, très appréciés pour leur professionnalisme  par les Américains, collaborent entre autres avec les contractors sur place, à Kaboul, bénéficiant même à l’occasion de leur équipement (4×4, Mi 8, etc.) et de leur armement (CZ, MP5, explosifs, etc.).

Suite aux tensions ravivées dans ce pays, le GIPN est présent au Liban depuis le mois de mars 2006.

En effet, le ministre des Affaires étrangères a souhaité y renforcer la protection des intérêts français  à Beyrouth. Par période de roulement de deux mois, ce sont sept membres des groupes d’intervention de métropole qui sont envoyés sur place (onze durant la période la plus critique, du 12 juillet au 08 août 2006).

Si les hommes du GIPN ont été choisis, c’est pour leur capacité physique et moral, ainsi que pour leur savoir-faire dans le domaine de la protection et du maniement des armes.

A la demande du Service de Coopération Technique  Internationale de Police de Nanterre, et sous la responsabilité du lieutenant de police chargé de la sécurité de l’ambassade de France à Beyrouth, les hommes du GIPN assurent sur place la protection de l’ambassade et de l’ambassadeur.

Cela, en appui des effectifs d’autres groupes de protection de la Police Nationale et de l’ambassade.

La famille de l’ambassadeur de France a été évacuée jusqu’à Damas, en Syrie, dès le début des hostilités.

Mais, au plus fort de la crise, durant l’été 2006, au cœur de la plainte de la Bekaa, les Français ont participé à des missions essentiellement terrestres, avec appui d’hélicoptères de l’armée de terre, dans le cadre d’évacuation de ressortissants.

Bernard, membre du GIPN de Bordeaux, a été projeté au Liban du 18 juillet au 18 septembre 2006.

« Le 11 juillet, le dernier avion qui s’est posé à Beyrouth a été pris à partie… Nous avons donc atterri à Chypre, d’où nous avons regagné Beyrouth en ferry, avec une première idée de ce que serait la situation sur zone », explique-t-il.

Sur place, son groupe est chargé de la protection de l’ambassadeur de France, sous la responsabilité du lieutenant de Police, chef de la sécurité d l’ambassade.

« Chacun a amené son vécu et son expérience. Venant d’horizons variés, on se complémentait. Les personnels de la sécurité de l’ambassade connaissent bien la topographie, par exemple. En tant que GIPN,  j’étais chargé de la sécurité rapprochée de l’ambassadeur, mais j’ai également pu participer à des opérations d’extractions de ressortissants  au sud du pays. Nous avons ainsi pu mettre à profit notre expérience en protection rapprochée ainsi qu’en lutte anti-sniping, lors des déplacements de l’ambassadeur » précise Bernard.

Pour lui, le contexte de guerre convient très bien aux membres du GIPN, entraînés à gérer  des périodes de crise extrêmes, comme les situations d’urgence générées par des prises d’otages : « Nous nous sommes rapidement intégrés au dispositif et adaptés aux situations rencontrées, même si nous n’en avions pas forcément l’habitude en métropole : lors de la protection de cortèges par exemple, nous avons été pris à partie par des membres du Hezbollah et avons dû  mettre en place une stratégie de repli sur Beyrouth. Bien sûr, sur place nous n’évoluons pas sans appui militaire  et nous bénéficions de la mise en place de couloirs pour nos déplacements ».

Lors des évacuations de ressortissants, les hommes du GIPN interviennent  notamment en appui feu avec le commando Hubert (marine nationale).

« Le courant est bien passé, confirme Bernard, chacun acceptant le travail de l’autre… Cette expérience malheureusement, est très bénéfique pour nous, par le biais de contacts avec les forces armées et la population ».

Olivier, brigadier au GIPN de Marseille, a été détaché, avec l’un de ses collègues, à la sécurité de l’ambassade de France à Beyrouth, du 25 mai au 05 août 2006, au plus fort de la crise.

Sa mission, en tant que garde détaché au ministère des Affaires étrangères, regroupe alors plusieurs objectifs : garde des locaux, surveillance des sites sensibles, protection  et accompagnement des diplomates et de leurs familles. « Nous  avons eu  également à remplir sur place des missions de formation : protection rapprochée, tir à armes  longues et armes de poing, conduite de véhicules pour extractions, tonfa, etc. » énumère le brigadier.

Trois fonctionnaires du GIPN ont été spécialement affectés à la protection de l’ambassadeur, responsables du  dispositif de sécurité : un  à l’épaule  et les deux autres en flanc gauche en alternance.

« Durant le conflit opposant Israël  au Hezbollah, au plus fort de la crise, nous avons effectué des missions d’extractions de ressortissants français et étrangers…  En fait, durant ces missions au Liban, en dehors de l’aspect formation, notre savoir-faire utilisé  en métropole n’a pas vraiment été appliqué : il faut dire que l’on comptait sur nous principalement  par rapport à notre capacité d’intervention en situation de crise et pour notre expérience dans le maniement des armes ».

Le 14 juillet 2006, trois hommes du GIPN participent à l’extraction et à l’évacuation de sept personnes prises au piège dans des bombardements à l’est du pays, à Ras el-Baalbek,  dans la plaine de la Bekaa.

Dans le nord, deux fonctionnaires du GIPN partent jusqu’à la frontière syrienne pour effectuer une reconnaissance afin d’évacuer les premiers français ainsi que la famille de l’ambassadeur.

Le 15 juillet, quatre fonctionnaires du  GIPN ainsi que des gardes de sécurité conduisent l’ambassadeur  et sa famille  à la frontière syrienne  vers la France.

Les 18 et 19 juillet, quatre policiers dont deux membres du GIPN, sous l’autorité du lieutenant Balcerzak, responsable du groupe de sécurité de l’ambassade, partent dans le sud du pays, à Nabatiyé, en zone de combat, afin de mettre en place un convoi permettant  d’évacuer 123 personnes  réfugiées dans un collège français.

D’autres personnes seront également extraites, par le GIPN, d’une ville bombardée.

Les 22 et 23 juillet, neuf policiers dont quatre membres du GIPN ainsi que huit éléments du commando Hubert de la marine nationale, renouvellent l’opération, toujours au sud du Liban, pour évacuer 97 personnes sur Beyrouth.

Même procédure les 26 et 27 juillet, avec quatre membres du GIPN, pour évacuer six personnes.

Puis les opérations sont suspendues ou placées sous contrôle militaire.

Le 05 août 2006,  les membres du GIPN sont évacués d’une ville bombardée, en bateau vers Chypre, puis en avion vers Paris.

Les hommes du GIPN ont été appréciés sur le terrain par les forces armées présentes sur place.

Un bel exemple d’échanges et de complémentarité entre forces de police spécialisées et forces armées sur un théâtre d’opérations sensible, lors de missions délicates. »

Article tiré de Police Pro n° 03 Mai-Juin 2007

Texte de Olivier Merlin

Photo © TF1

 

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Les secouristes en montagne de la Police nationale forment le GIPN

Fabien : 20 novembre 2012 8 h 14 min : GIPN - Articles

Entrainement de 3 semaines sur l’île de la Réunion

« Trois guides de Haute Montagne, instructeurs au Centre National d’Enseignement à l’Alpinisme et au Ski (C.N.E.A.S) des C.R.S. (Centre de formation au secours en montagne de la police nationale), basé à Chamonix, se sont déplacés pour 3 semaines sur l’île de la Réunion.

Le but de leur venue était de former les membres du Groupe d’intervention de la police nationale aux techniques d’intervention en hauteur (T.I.H.).

Les 2 premières semaines se sont déroulées en site urbain. L’expertise des membres du C.N.E.A.S. des C.R.S. a permis de répondre aux contraintes rencontrées lors des interventions du groupe d’intervention de la police nationale (G.I.P.N.) : décrochage de manifestants, intervention sur suicidaire, interpellation de forcené en hauteur, et ceci en toute sécurité…

La dernière semaine était consacrée aux techniques d’intervention en milieux particuliers (T.I.M.P.). En effet, le G.I.P.N., sous couvert de la F.I.P.N. (force d’intervention de la police nationale) peut être sollicité par d’autres organismes lors du déclenchement de Plans de Secours Particuliers : catastrophes naturelles, recherches de personnes… C’est pourquoi pendant 5 jours ces instructeurs leur ont dispensé des techniques issues du cœur de leur métier : le secours en montagne.

Aujourd’hui, l’ensemble de l’effectif du G.I.P.N. Réunion est désormais capable par exemple d’évacuer des personnes par tyrolienne au dessus d’une ravine en crue, d’extraire une victime d’un ravin par balancier ou encore de rechercher une personne disparue en pleine nature. »

 

Source : http://www.police-nationale.interieur.gouv.fr/

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Le GIPN de Lyon

Fabien : 19 novembre 2012 20 h 25 min : GIPN - Articles

« Prise d’otages, interpellation d’un forcené, mutinerie, escorte… A chaque fois qu’une situation à haut risque se présente dans leur zone de compétence, les hommes des GIPN sont prêts à intervenir. Démonstration des savoir-faire de ces unités d’élite de la police nationale, avec le GIPN de Lyon.

 Sur son balcon, l’homme, un fusil de chasse à la main, hurle qu’il n’a plus rien à perdre et que ni lui ni sa femme ne sortiront vivants de l’appartement.

Le négociateur du groupe, qui vient de prendre contact avec lui, tente d’établir une relation, tandis qu’à quelques mètres de là, dans un hall d’immeuble adjacent, quatre de ses camarades finissent de s’équiper avec leur tenue lourde. Le forcené, qui a un passé judiciaire violent, est en pleine crise de démence : il tire plusieurs coups de feu en l’air, au milieu de ses vociférations.

 

Une issue raisonnée semble peu probable, et le GIPN se prépare déjà à donner l’assaut au cas où la menace sur l’otage deviendrait trop grande.

Le négociateur réussit à confiner l’homme à l’intérieur, près de sa porte, pour discuter.

Le petit groupe d’assaut en profite pour se rapprocher, à l’abri, derrière l’énorme bouclier lourd sur roulettes. Au même moment, l’imposant fourgon blindé (ex-véhicule de transport de fonds, réaménagé pour les besoins opérationnels  de l’unité) qui attendait au plus près, dans un angle mort du bâtiment, se positionne sous le balcon.

En silence, deux autres éléments descendent en rappel pour prendre position sur les rebords des fenêtres adjacentes. Enfin, sous couvert de deux de leurs camarades juchés sur le toit du véhicule, un dernier groupe met en place des échelles, et se prépare à donner l’assaut, au top de l’officier.

Une dernière fois, le négociateur détourne l’attention du forcené.

En une fraction de seconde, tout s’enchaîne très vite :   les grenades aveuglantes et assourdissantes sont lancées, elles donnent quelques secondes de répit aux hommes qui pénètrent simultanément par les fenêtres et le balcon. A l’intérieur, le groupe se scinde en deux : tandis qu’une partie tente de maîtriser le forcené, d’autres, rejoints par leurs camarades restés derrière la porte, se ruent sur l’otage pour la protéger, l’extraire du danger et l’évacuer, d’abord à l’abri derrière un bouclier balistique, puis dans le blindé.

Encore quelques cris à l’intérieur, puis le silence, et enfin un signal à la radio, qui annonce que l’homme est interpellé  et que le dispositif s’apprête à sortir.

Les différents éléments se regroupent devant un aéropage d’invités – pour la plupart issus de l’appareil judiciaire- , encore abasourdis par le rythme de la démonstration à laquelle ils viennent d’assister. Tous connaissent, bien sûr, l’existence et les missions du GIPN, mais peu avaient une idée concrète  du professionnalisme nécessaire pour arriver à un tel niveau de compétences.

Pour le gardien de la paix ou l’officier qui souhaite postuler au GIPN, la route est longue et incertaine.

Il lui faudra déjà avoir moins de 35 ans, au moins cinq ans d’ancienneté  et des notations irréprochables. Pour obtenir la validation administrative de son inscription et pour pouvoir se présenter aux tests de recrutement de la Force d’Intervention de la Police Nationale (FIPN), communs au RAID et aux GIPN.

Qu’ils viennent de la police aux frontières (PAF), de la sécurité publique ou d’unités d’intervention, les quelques candidats retenus doivent déjà passer un premier barrage au niveau  régional, destiné à faire un tri afin de n’envoyer au RAID que des éléments au potentiel crédible. Ces prérequis physiques, axés sur la force, la vitesse et l’endurance (pompes, grimpées de corde, test  cooper, etc.) suffisent à filtrer bon nombre de candidats.

Pour les plus doués et les plus motivés, ce sera ensuite une semaine de stress physique et de pression psychologique, pendant laquelle les épreuves s’enchaîneront, à un rythme effréné : tests de vertige, de claustrophobie, boxe, tir, marche de nuit, gestes techniques d’intervention professionnels (GTPI) ou aisance aquatique , tout sera mis en œuvre pour amener les candidats à leurs limites et voir ainsi comment ils réagissent et opèrent dans les zones d’inconfort extrême.

Pour les « rescapés », peu nombreux, viendront ensuite la formation (éliminatoire) puis une mise en observation dans l’unité, avant de pouvoir être intégrés.

Au GIPN de Lyon, les interventions succèdent aux séances d’entraînement. Les fonctionnaires sont à peine revenus d’une séance de sport que l’alarme retentit. Des coups de feu ont été tirés depuis un camp de gens du voyage ; les voisins , excédés , ont appelé les services de police.

Les premiers équipages arrivés sur place ont été accueillis par des volées d’insultes et des menaces à peine voilées en cas d’intrusion dans le camp…

Le risque de présence d’armes à feu est réel, et le GIPN est requis pour intervenir immédiatement dans cette zone résidentielle en bordure de l’agglomération lyonnaise.

Au fort de Montluc, l’alerte a déjà retentit, et chacun sait ce qu’il a à faire. Les équipements collectifs sont chargés dans le fourgon blindé pendant que chacun récupère son arme et sa tenue d’intervention.

Tandis que  deux motards se présentent déjà pour escorter le dispositif et faciliter son déplacement à à travers les rues encombrées,  le médecin urgentiste  d’intervention arrive à son tour en quelques minutes. Comme lors de chaque intervention à risque, depuis 2003,  un des neuf médecins volontaires des hôpitaux civils de Lyon fera partie de la colonne d’assaut.

Regroupés au sein du groupe des médecins d’intervention (GMI), ces spécialistes  hautement qualifiés qui travaillent pour le SAMU ou les services d’urgence revêtent  alors pour quelques heures la tenue noire caractéristique du GIPN.

Ils sont prêts à apporter, en cas de besoin, un support médical immédiat aussi bien à leurs camarades du groupe qu’aux éventuelles victimes ou aux « mis en cause ».

Les policiers apprécient cette présence à sa juste valeur, sachant qu’elle pourrait un jour faire la différence entre la vie et la mort en opération. Non seulement le médecin est intégré au groupe, mais il bénéficie en plus d’une « protection rapprochée » par le dernier élément du dispositif, qui veillera sur lui pendant toute la durée de l’intervention.

Même s’ils ne sont pas armés et bien qu’ils soient facilement identifiables par une croix rouge sur le casque et un marquage  sur leur gilet, ils sont au cœur même de l’action et donc particulièrement exposés.

Aux abords du camp, les premiers éléments sont déjà arrivés et finissent de s’équiper derrière le fourgon, pendant que le chef de groupe se fait  briefer sur la situation par les fonctionnaires qui sont intervenus en premier lieu.

Peu impressionnés, les hommes du camp ont refusé de les laisser pénétrer, encore moins de les autoriser à fouiller les caravanes à la recherche des armes…

La tension et la violence verbale étaient très grandes, mais déjà, devant le dispositif qui se met en place, le ton change.

Pourtant, les hommes du GIPN sont très calmes et les gestes s’enchainent en silence.

Pour ces professionnels aguerris, il n’y a pas de place pour l’improvisation ou l’émotion.

Les mêmes hommes qui plaisantaient il y a  encore quelques minutes pendant le trajet sont maintenant concentrés et silencieux.

Le niveau de danger sera certainement très limité, mais chaque intervention est effectuée avec les mêmes règles de sécurité.

Enfin, le dispositif se met en marche, la colonne emboitant le pas du fourgon blindé, sur lequel sont montés deux éléments qui bénéficient ainsi d’un point « haut ».

Calmement, sans précipitation et sous la protection de leurs deux « guetteurs » armés d’un HKC36 et d’un fusil à pompe calibre 12,  les policiers se dirigent par petits groupes vers les caravanes et les bâtiments à fouiller.

Dans le camp, ce sont surtout les armes non létales  qui ont été privilégiées, et le flash-ball ou le lanceur de balles de 40mm sont là pour garantir un niveau de riposte adapté si l’on passait de la violence verbale à l’agression physique.

Une à une, chaque caravane est contrôlée et fouillée avec la même rigueur et selon le même schéma tactique, maintes fois répété à l’entraînement.

Plusieurs carabines de chasse seront découvertes, et une situation qui était sur le point de dégénérer aura été maîtrisée rapidement et calmement par le GIPN.

Même si ce n’est pas l’intervention type pour laquelle s’entraîne le groupe, elle rentre tout à fait dans le cadre des missions qui lui sont attribuées : intervenir à l’occasion de troubles graves à l’ordre public nécessitant l’utilisation de techniques et de moyens spécifiques ; intervenir à l’occasion d’opérations de maintien de l’ordre nécessitant l’utilisation de techniques et de moyens spécifiques , mettre à la disposition des services de police des matériels spécialisés servis par le personnel des groupes. »

 

Tiré de Police Pro n°36 – Novembre Décembre 2012

Article de Dominique André

 

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