GIPN – Articles


Stage « Technique d’Intervention en Hauteur »

Fabien : 13 novembre 2012 21 h 15 min : GIPN - Articles

 

« Le Centre National d’Entraînement à l’Alpinisme et au Ski (CNEAS), qui forme les agents de montagne des Compagnies Républicaines de Sécurité ouvre ses portes à d’autres services de Police. Il propose notamment le stage « technique d’intervention en hauteur » (TIH), réservé aux groupes d’interventions. Sujet au vertige, s’abstenir.

 

Plus de 200 agents hautement spécialisés des CRS assurent des missions de Police, de prévention et de secours en montagne dans les massifs alpins et pyrénéens.
La formation de ces spécialistes est prodiguée par le Centre National d’Entraînement à l’Alpinisme et au Ski, créé en 1995 et implanté à Chamonix.
Actuellement dirigé par le commandant fonctionnel Nicolas Thiebault, il dispose d’une quinzaine de policiers guides de haute montagne, moniteurs de ski et instructeurs ou moniteurs de secourisme.
Ils sont renforcés ponctuellement par les sections de montagne.

La vocation première du CNEAS est, bien entendu, le recrutement, la formation et le perfectionnement des agents de montagne CRS, dans tous les domaines : alpinisme, ski, canyoning, spéléologie, secourisme et recherche cynophile en avalanche.
Il est également impliqué dans le perfectionnement des médecins urgentistes en montagne.
Enfin, il participe aux études et essais techniques en vue d’améliorer les matériels de secours en montagne.

Mais depuis quelques années, les formateurs du CNEAS ont entrepris de mettre leur expertise au service de leurs collègues des autres directions de la Police Nationale : Service de Protection des Hautes Personnalités, Sécurité Publique, Préfecture de Police, Police Judiciaire, Direction de la Formation et Direction Centrale du Renseignement Intérieur.
Répondant à un besoin grandissant, ils ont élaboré le stage « Technique d’Intervention en Hauteur », destiné aux groupes d’intervention.

Cette formation spécifique a été conçue en empruntant à différents domaines d’activités, notamment le secours en montagne, la spéléologie et les travaux acrobatiques.
Toutefois, pour les montagnards que sont avant tout les CRS du CNEAS, les interventions de police en hauteur présentent au moins deux différences essentielles avec leur milieu habituel.
D’une part, le support n’est pas du rocher ou de la glace, mais un matériau de construction ou de revêtement : sa solidité est donc aléatoire. D’autre part, il ne s’agit ici ni de loisirs ni de sauvetage : la sécurité n’est pas le paramètre unique, elle doit être combinée avec l’efficacité et la rapidité dont elle peut directement dépendre.
De nombreux policiers étant amenés à intervenir en hauteur, notamment sur des toitures, les demandes de stages se sont multipliées.

Entre les effectifs des GIPN, du RAID, de la brigade d’intervention de la Préfecture de Police, les techniciens de la PJ et des BRI, ou les formateurs du Centre National de Tir, ce sont 55 policiers qui ont suivi cette formation en 2008 ; et cette année la demande a doublé.
Cette mise à disposition des ressources des CRS au profit d’autres services de Police n’est pas nouvelle, mais elle est encore renforcée dans le contexte de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), qui conduit à optimiser l’utilisation des ressources humaines et matérielles disponibles dans les différents services.

Le niveau 1 a lieu au CNEAS à Chamonix, durant cinq jours, et permet l’acquisition des fondamentaux des déplacements sur corde.
L’instruction se déroule en falaise d’escalade, sur toiture inclinée ou à partir d’une passerelle vertigineuse.
Les stagiaires sont formés à effectuer une intervention de police en site verticale ou d’accès difficile, en respectant les techniques de progression et les règles de sécurité.

Le premier jour est réservé à la présentation du stage, du matériel individuel et collectif en dotation, à l’apprentissage des différents nœuds, au pliage et à l’enkitage d’une corde, ainsi qu’aux notions théoriques indispensables.

Les trois jours suivants sont consacrés aux exercices pratiques : encordement, installation des descentes et rappel de corde, main courante de surface, évolution sur corde à la montée ou en traversée, différentes techniques d’assurage, cas concret sur site urbain, grand rappel « en fil d’araignée ».
Le dernier jour, l’évaluation des stagiaires permet de valider leur capacité. Ce contrôle comprend une partie théorique et une évaluation pratique sur site avec un parcours comportant des ateliers techniques, en individuel et à deux.

Le niveau 2 , encore plus spécialisé, s’adresse exclusivement aux experts de l’intervention, en zone d’accès difficile. Il se déroule en site urbain, à Lyon ou à Paris, et comporte des mises en situation sur immeuble, entrepôt, grue, tour, relais hertzien et pont.
A ce niveau, la difficulté tient non seulement à la progression, qui doit être rapide, si possible sans bruit, mais aussi la technique d’interpellation d’un individu qu’il faut déloger, décrocher ou neutraliser en douceur, sans que personne ne tombe.
Cela, quel que soit le lieu, la hauteur ou la difficulté d’accès, afin que « force reste à la loi ». »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article tiré de Police Pro n°19 Janvier-Février 2010

Texte de Dominique Noel

Photos  © Stéphane Bommert

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Stage de protection rapprochée du GAHP auprés du GIPN de la Réunion

Fabien : 9 novembre 2012 21 h 09 min : GIPN - Articles, SPHP - Articles

Comment bien protéger une personnalité
Une personnalité politique a été agressée ce jeudi matin 3 février 2011 au Barachois à Saint-Denis. Alors qu’elle partait à la rencontre de la population sur le front de mer, un homme armé d’un couteau tenté de l’attaquer. Les policiers qui assuraient la protection de la personnalité sont intervenus. L’homme a été maîtrisé et la personnalité n’a pas été blessée… En fait, la seule information véridique est que la scène s’est bien déroulée au Barachois. Le reste est pure fiction. Le scénario a été imaginé dans le cadre d’un stage de formation organisé en direction des policiers chargés d’assurer la protection rapprochée des personnalités en visite dans l’île

« Appartenant principalement au service départemental de l’information générale (SDIG) et au groupement d’intervention de la police nationale (GIPN), une trentaine de policiers participent à ce stage » indique Arnaud Garnier, chef du SDIG de La Réunion. La formation est dispensée par trois formateurs du service de protection des hautes personnalités (SPHP).

Basé à Paris, ce service est régulièrement sollicité pour l’organisation de stages en Métropole et à l’étranger, mais c’est la première fois qu’une session de formation à lieu dans un DOM, La Réunion en l’occurrence. « Compte tenu de l’éloignement de l’île par rapport à l’Hexagone, les voyages officiels durent toujours plus longtemps. Cela demande encore plus de vigilance et d’attention. Les services locaux, déjà performant en matière de protection, étaient demandeurs de formation » explique Ingrid, brigadier au SPHP.

Depuis une dizaine de jours maintenant, les policiers sont formés aux dernières techniques de protection et de neutralisation d’agresseurs éventuels. Les fonctionnaires sont mis en situation réelle. Ainsi ce jeudi, le scénario prévoyait la sécurisation des déplacements d’une personnalité entre l’aéroport, son hôtel, ses visites sur le front de mer de Saint-Denis, au Grand marché et dans le carré piéton du centre-ville dionysien.

À chaque fois des policiers, inconnus de leurs collègues en service, jouaient le rôle des agresseurs. Sur le front de mer il s’agissait d’une attaque de front, au Grand marché et dans le centre-ville, a été « entartée » de mousse à raser. Le tout sur l’?il curieux des badauds.

La formation se poursuit jusqu’en fin de semaine.

Article tiré de « IMAZPRESS » du 03 février 2011, écrit par Mahdia Benhamla

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Discours du ministre de l’intérieur Manuel Valls pour le 40° anniversaire des GIPN à Lyon le 15 octobre 2012

Fabien : 9 novembre 2012 13 h 15 min : GIPN - Articles

Allocution de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur – 40ème anniversaire du GIPN – Lyon, le 15 octobre 2012.

Seul le prononcé fait foi.

« Messieurs les directeurs,
Monsieur le chef du GIPN,
Mesdames et messieurs,

C’est une joie et un honneur, pour le ministre de l’Intérieur que je suis, d’être parmi vous, aujourd’hui, pour ce 40e anniversaire. 40 ans, en effet, que le GIPN accomplit, avec excellence, des missions à hauts risques, au service de la sécurité de Français.

Le 30 juillet dernier, j’étais auprès de vos collègues du RAID. Avec eux, et la brigade anti-commando de la préfecture de police de Paris vous formez une composante plus large : la force d’intervention de la police nationale (FIPN) qui regroupe plus de 500 policiers. Des policiers capables, grâce à leur efficacité et leur rapidité d’exécution, d’intervenir dans les situations les plus périlleuses.

Je veux vous dire toute l’estime que j’ai pour l’action que vous menez. Je sais combien cette action est utile pour l’atteinte de nos objectifs les plus sensibles.

Je veux vous remercier pour les présentations et démonstrations auxquelles je viens d’assister. Elles m’ont donné une vision plus précise encore, à la fois de la diversité de vos missions mais également de la maîtrise, du professionnalisme, du sang-froid et de l’esprit de cohésion qu’elles demandent. Des missions dont je mesure, aussi, pleinement, le haut degré de dangerosité.

Je sais être, aujourd’hui, au cœur de l’excellence. En 40 ans d’existence, le GIPN, composé de fonctionnaires de police recrutés pour leurs capacités physiques et leurs aptitudes psychologiques, a su développer des compétences, des techniques, des stratégies d’intervention qui ont assis sa réputation.

De votre action, le grand public retient surtout ces événements très médiatisés que sont les prises d’otage, les retranchements de forcenés ou de malfaiteurs, ou encore les mutineries de détenus. Le champ de vos missions est cependant bien plus large !

Vous êtes des policiers de la sécurité publique. Votre ancrage sur le territoire est très fort. Vos sept implantations géographiques en métropole[Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux et Rennes]et trois outre-mer[Guadeloupe, Réunion et Nouvelle Calédonie] vous amènent à intervenir, avec efficacité et rapidité, en soutien des policiers de circonscriptions.

Vous intervenez ainsi dans des domaines variés qui sont au cœur des préoccupations et des priorités de l’action de la police nationale. Je pense, en premier lieu, aux interpellations d’individus dangereux, aux interventions en maintien de l’ordre dans des situations complexes, ou encore à la sécurisation de procès à risque.

Spécialistes, au sein d’une direction très généraliste, vous êtes, je le sais, de plus en plus sollicités pour porter aide et assistance aux effectifs locaux à l’occasion de violences urbaines avec notamment usages d’armes contre les policiers. Dans ces situations très périlleuses, vos compétences sont particulièrement utiles à l’action policière. A ce titre, je tenais à vous faire part de toute ma reconnaissance pour votre engagement et votre courage.

Vous êtes des spécialistes. La spécificité de votre rôle – et j’y suis très attaché ! – tient aux technicités particulières que vous maîtrisez ainsi qu’aux moyens et matériels performants dont vous disposez. Vous êtes soumis à un entrainement rigoureux et spécifique. Cette rigueur et cette discipline font votre force. Dans vos rangs se trouvent des négociateurs, des tireurs de haute précision, des spécialistes en techniques d’intervention en hauteur, des experts en engins explosifs, des spécialistes des opérations héliportées. Toutes ces techniques que vous maîtrisez font votre identité. Elles doivent faire votre fierté. Soyez fiers de l’uniforme prestigieux que vous portez !

J’ai pu prendre connaissance, dans le détail, de vos interventions marquantes, accomplies, ces derniers mois, sur l’ensemble du territoire. Elles forcent le respect. Les 1512 missions accomplies en 2011 sont toutes des missions de confiance.

Confiance, c’est justement le message que je voulais vous transmettre aujourd’hui : confiance dans les hommes et les femmes que vous êtes, amenés à agir dans des situations les plus complexes et les plus délicates ; confiance dans vos moyens et vos techniques dont j’ai eu toute la démonstration cet après-midi.

Je suis convaincu que la force de la police nationale tient dans la diversité et la complémentarité de ses métiers. Ces métiers sont tous d’égale importance car ils sont tournés, de manière identique, vers un seul objectif : la protection et la sécurité de nos concitoyens. Vous êtes l’un de ces métiers, soutien ultime de tous les autres. Et c’est à ce titre que je voulais, dans le cadre de ce 40e anniversaire, vous saluer et vous exprimer toute ma gratitude. C’est la gratitude de la France ! »

Source http://www.interieur.gouv.fr, le 16 octobre 2012

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Le GIPN de Marseille

Fabien : 4 novembre 2012 14 h 27 min : GIPN - Articles

 Les hommes du « GIP » marseillais, comme ils se baptisent eux-mêmes, refusent pourtant l’étiquette de « super-flics » que les médias leur ont collée.
« Nous sommes davantage des policiers sportifs que des sportifs policiers » renchérit le Commandant Didier Andrieu qui dirige le groupe depuis 1996 après trois années passées au RAID.
C’est un spécialiste des sports de combat.

Le groupe – car c’est toujours en terme de groupe qu’il faut résonner – a fait preuve à de multiples reprises de son efficacité, comme ce fameux 2 Septembre 2001 à Béziers.

Ce jour-là, un islamiste sème la terreur dans les rues de la ville. L’homme abat tout d’abord d’une rafale d’AK-47 le directeur de cabinet du maire avant de tirer une roquette de RPG-7 sur une voiture de patrouille, à quelques mètres du commissariat.
Par miracle, les fonctionnaires assis dans le véhicule ne seront pas blessés. Mais c’est une situation de guerre.
Didier Andrieu est appelé sur place avec ses hommes.

Il a parlementé de longues minutes au téléphone avec celui qui se présentait comme un « combattant ». Il a fallu beaucoup de diplomatie et de conviction pour attirer le jeune tueur à l’extérieur de la ville, dans le parc des expositions.
« Je lui ai dit : les combattants, ça s’affronte sur un champ de bataille, pas au milieu des civils. »
Et l’interlocuteur se laisse convaincre. Dans le parc, celui qui portait sur lui le numéro de téléphone de Zacharias Moussaoui est touché par trois tireurs d’élite. Synchronisation parfaite, trois projectiles en pleine tête.

Une sélection draconienne

Cette opération délicate qui mêle psychologie et précision dans l’intervention résume à elle seule les hommes du GIPN.
Un large éventail de compétences est réclamé. A la différence du RAID qui dispose de psychologues négociateurs dans les phases de crise, le GIPN table sur une polyvalence de chacun.
Les uns et les autres sont naturellement portés vers une spécialité conforme à leur goût :
Tir, conduite rapide, sports de combat… Mais chaque homme doit être capable de remplir la mission de l’autre et de se substituer au spécialiste initialement désigné.

Tous les policiers du GIPN sont par ailleurs appelé à jouer les négociateurs si la situation le réclame.
Une sélection draconienne est donc organisée pour obtenir un personnel vraiment polyvalent. Un concours est ouvert sur tout le territoire.
Il fournit en effectif les sept GIPN répartis sur la métropole : Lyon, Lille, Strasbourg, Bordeaux, Rennes, Nice et bien entendu Marseille dont la zone de compétence s’étend sur huit départements, des Bouches du Rhône aux Pyrénées Orientales.

Chaque année près de 300 postulants se manifestent. Un premier tri sur dossier permet de retenir 48 prétendants.
En bout de course et après passage de tests entre 10 et 20 candidats sont retenus au plan national.

« A Marseille, j’évalue entre deux et trois éléments le turn over annuel au sein du groupe » précise Gérald, l’adjoint du Commandant.
Mais l’appartenance au groupe n’est pas acquise. Les membres du « GIP » repassent les tests d’habitude tous les trois ans.
« Je n’ai jamais constaté d’échec aux tests de contrôle et c’est normal. Quand un homme n’est plus apte ou moins motivé, il est repéré par la hiérarchie et écarté » confirme Gérald.

 

 

Concentré sur les situations de crise

Le GIPN, c’est en effet un état d’esprit et une école où les « apprentis-rambos » n’ont pas droit de cité.
Au-delà des qualités physiques, les états de service et les compétences en matière de procédure et de technique policière sont décisifs dans la sélection.

Selon une organisation parfaitement huilée, les vingt-quatre membres du GIPN fonctionnent en trois groupes de huit. L’un est affecté à la permanence des missions dites prioritaires. Un autre suit es entraînements spécialisés : tir, effraction, corde et groupe nautique qui est une singularité du GIPN de Marseille. Enfin, une troisième unité est affectée aux missions d’assistance judiciaire et de protection de personnalité.

« On constate une évolution depuis la création du groupe en 1972. Avant, nous étions constamment appelés. Aujourd’hui, d’autres services comme les BAC remplissent des missions qui nous étaient jadis dévolues. Nous sommes donc plus concentrés sur les situations de crise ».
Chaque année, le groupe assure 15 missions prioritaires, 80 missions d’assistance (filature, interpellations…) auxquelles s’ajoute la protection de personnalités, comme ce matin de printemps à Nîmes en vue de la venue de Jean Pierre Raffarin dans les célèbres arènes de la ville.
Si ce travail n’est pas le plus spectaculaire, il nécessite une longue et méticuleuse préparation. Gérald grimpe sur la plus haute arcade des arènes antiques pour positionner le meilleur angle le binôme composé d’un tireur d’élite et d’un observateur.

Ce dernier va scruter les immeubles alentour à la jumelle, plus particulièrement entre le moment où la personnalité descend de sa voiture et celui où elle pénètre dans le meeting. Le but est de repérer et d’éliminer d’éventuels tireurs en effectuant un « contre-sniping ». Gérald précise : « nous ne nous intéressons qu’aux fenêtres. Une fois la personnalité dans les arènes, ce n’est plus de notre ressort. Notre rôle reprend à la sortie quand elle regagne sa voiture ».
Ce rôle anonyme et peu spectaculaire fait partie du quotidien du GIPN, au même titre que les transferts de détenus réputés dangereux. Mais les moments les plus forts sont bien entendu ceux où les hommes peuvent faire étalage de toutes leurs compétences et satisfaire leur goût de l’action.


La garantie de la motivation, c’est l’entraînement.

Six heures du matin. Le Commandant Andrieu réunit toutes ses troupes dans la salle de réunion du commissariat Nord de Marseille. La mission du jour : neutraliser un groupe de malfaiteurs spécialisé dans les braquages dont le QG se situe dans le HLM La Busserine.
Des investigations du GIR ont démontré qu’une seule et même famille de Rmistes de la cité dispose d’un impressionnant patrimoine immobilier évalué à plusieurs centaine de milliers d’euros.
Le produit des braquages a été manifestement réinvesti.

Des informations font également état d’une récente livraison d’armes, notamment des M-16 et AK-47 en provenance de la région parisienne.
Méfiance donc. Tout le groupe est attentif. Gérald prépare chaque équipe et désigne les places dans les voitures.
Quelques minutes plus tard, les hommes du « GIP » vêtus de leur « tenue camouflage urbain » se positionnent sur le site.
Chaque groupe positionne des « libère-vite » hydrauliques sur l’encadrement des portes des appartements des suspects.
Ces derniers ont été repérés plusieurs jours auparavant par des enquêteurs du GIR.
La pression phénoménale de l’engin arrache dans un craquement sinistre et la porte, et le mur.
Comme dans un ballet méticuleusement réglé, les hommes casqués s’engouffrent dans l’appartement. Toujours en binôme. Un premier voltigeur muni d’un bouclier protège son collègue qui est collé à lui.

A l’intérieur des cris, des bruits de lutte et de meubles renversés, mais pas un coup de feu : « suspect maîtrisé, tout est clair » crie Gérald.
Ce matin-là, un des trois objectifs initiaux est rempli. Ce n’est pas si mal.
Il arrive en effet que les hommes du GIPN fassent chou blanc après des heures de planque dans des conditions éprouvantes.
Jamais ici on ne raisonne en termes d’échec.
La garantie de la motivation, c’est l’entraînement permanent qui maintient les hommes sous pression.
L’accent est mis sur la formation. Stéphane est l’un des anciens : ce formateur gère notamment l’armurerie . Il rappelle que les hommes du GIPN agissent dans le même cadre juridique que leurs collègues des unités classiques : en état de légitime défense.

Le souci d’efficacité.

Le tir n’est donc que l’ultime extrémité. C’est en quelque sorte un échec dans le processus de neutralisation. Les armes et munitions choisies répondent à une situation précise : ainsi, les cartouches graphites sont utilisées pour arrêter les véhicules, les balles de calibre 5,56 sont efficaces pour des tirs inférieurs à 100 mètres. Mais pour les longues distances, les tireurs d’élite font usage en priorité de balles blindées « Match Men » de calibre 7,62 de haute précision. L’unité est pourvue de fusils de précision Ultima Ratio et Steyr.
Les balles « frangibles » sont utilisées dans les milieux clos, « Minimum de tirs, maximum d’efficacité » telle est la devise du GIPN qui sélectionne ses armes avec minutie.

HK MP5 à lunettes, PA Glock 17 et 26, SIG 551 et fusil à pompe Remington 870 express, la panoplie étalée dans le véhicule d’intervention est impressionnante. Et chaque homme est parfaitement rompu au fonctionnement de ces armes.
Toujours dans un soucis d’efficacité et de limiter au minimum l’usage des armes létales, le GIPN est l’un des rares à bénéficier d’une nouvelle arme non mortelle : le Taser X26.

L’unité fut l’une des premières en France à tester ce pistolet électrique paralysant de fabrication américaine.
C’était le 16 Mars dernier contre une détenue des Baumettes qui menaçait de faire sauter sa cellule.
L’arme propulse deux dards de 5 mm dans les vêtements de la personne visée.
Les dards sont reliés à des fils invisibles qui transmettent une décharge électrique suffisante pour neutraliser la cible sur le champ.
Ce jour-là, l’arme a parfaitement rempli son rôle, mais des esprits chagrins et pétris d’humanisme remettent en cause l’utilisation du Taser en milieu carcéral.
Pour les hommes du GIPN, il est parfois difficile, sinon impossible de lutter contre ces adversaires-là.

Tiré du mensuel RAIDS n°225 – Février 2005
Article de Jean-Michel Verne

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