RAID – Articles


ARMEMENT DU RAID

Fabien : 22 septembre 2014 18 h 02 min : Armement FIPN-SDLP, RAID - Articles

 

 

A la création du RAID, en octobre 1985, l’armement se résume aux revolvers Manurhin MR73 à canon 4 pouces en 357 Magnum, aux pistolets Beretta 92SB, aux revolvers Smith & Wesson bodyguard à canon de 2 pouces en 38 Spécial ainsi que quelques Uberti Derringer à 2 coups (toujours en 38 Spécial). Les pistolets mitrailleurs utilisés étaient de marque Uzi standard en 9×19.
Les fusils d’assaut étaient les Sig 543 et Ruger Mini 14 avec designateur laser couplé à la détente en 223 Remington (5,56 x 45). Le choix des fusils à pompe en calibre 12 se porte sur le Remington 870 et le Beretta RS200.
Pour le tir de précision, les hommes du RAID ont recours aux carabines Steyr SSG 69 équipées d’une lunette Kahles et aux fusils Bar semi-automatiques en calibre 308 (7,62 x 51).

Les interventions se succédant dans des conditions parfois périlleuses, l’armement suit rapidement l’évolution technique du matériel et les premières armes devenues obsolètes sont rapidement remplacées.

Différentes armes de poing sont utilisées depuis, dont les pistolets 9×19 suivants : Beretta 92F et FS, Sig Sauer p226, CZ99, Jericho 941, Glock 17, 17L et 26 ainsi que le petit revolver Ruger SP101 en 38Spécial. En terme de pistolets mitrailleurs les HK MP5 K et standards s’imposent vite.

En 1998, le FN P90 belge est adopté en raison de sa munition de 5,7 x 28 (destiné à des missions civiles offrant un appui feu intéressant tout en limitant les effets collatéraux).
Les fusils d’assaut sont essentiellement des Sig 553, puis HK53 et G36 en 5,56 x 45.
Les fusils de précision sont remplacés par l’Ultima Ratio de Gilles Payen en 7,62 x 51.
Quant aux fusils à pompe en calibre 12, plusieurs modèles se succèdent notamment les Franchi Spas 15 et Pa 3, le Beretta M3P et les Benelli M1, M3 et M4. L’auteur mentionne que le lanceur de grenades HK modèle 69 remplace le Fédéral 38mm.

Actuellement, l’armement individuel est constitué d’un pistolet Glock 17 équipé d’une lampe Surfire ou Streamlight TLR2 porté dans un holster de cuisse et d’un pistolet Glock 26 porté sur le gilet d’assaut. Il est à noter que quelques revolvers sont encore en dotation, comme le Smith & Wesson 340PD en titane, calibre 38 et 357, notamment pour l’équipe de négociation et pour certaines missions de protection dans les avions.
Quant au Glock rafaleur modèle 18, il est présent en plusieurs exemplaires dans la panoplie des hommes en noir.
L’armement individuel est également constitué d’une arme longue par fonctionnaire : le fusil d’assaut HK G36C est équipé d’une lampe Surfire M900 et d’une visée holographique Eotech ou le fusil russe semi-automatique type Kalachnikov, Molot Vper-12E; calibre 12/76 (équipé d’une aide à la visée holographique Eotech, d’une lampe laser tactique Streamlight TLR2, d’une poignée avant pliante et d’un dégazeur) pour les membres des groupes effractions. Cette dernière arme remplace pratiquement tous les autres modèles de fusils calibre 12 depuis 2005 en raison de ses caractéristiques techniques et de sa fiabilité. Ce fusil polyvalent peut servir à dégonder les portes grâce aux cartouches 12/70 Fiocchi Démolition, et d’appui couverture aux groupes d’assaut dans un bâtiment avec les cartouches 12/70 MSP.

La gamme des pistolets mitrailleurs en 9×19 toujours en service se limite aux HK MP5SD (avec silencieux). Deux mini Uzi sont également réservés pour les plongeurs. Le FN P90 est toujours utilisé à ce jour.

Le RAID et le GIPN ainsi que le SPHP sont également envoyés pour renforcer la protection de l’ambassadeur de France à Damas mais également à Beyrouth et à Kaboul. Lors de ces missions, les policiers de la FIPN sont armés de G36C ( certaines armes sont équipées de lance-grenades 40 mm) mais également de SCAR H (7,62 x 51) et du SCAR L (5,56 x 45), ils disposent de Glock 17 en arme de poing.

Depuis l’affaire du gang de Roubaix en 1996, concernant l’arrestation d’extrémistes lourdement armés qui dégénéra en fusillade, le RAID s’équipe alors de deux mitrailleuses belges Minimi, une en calibre 5,56×45 et l’autre en 7,62×51 et dispose toujours de sa vénérable mitrailleuse MG-3 en 7,62.

Pour le tir à longue distance dit sniping, l’unité dispose de 28 Tireurs Haute Précision (THP), chacun équipé d’un fusil PGM Ultima Ratio en 7,62×51. Ces fusils sont munis d’optiques performantes telles que la lunette de visée américaine Nifht Force (3,5x15x56), lunette de visée américaine jour/nuit ITT (2,5x10x56) couplée avec un intensificateur de lumière allemand Hensoldt NSV80 et d’un pointeur illuminateur infrarouge américain Insight AN/PEQ -2A.

Quelques HK 417 semi-automatiques, calibre 7,62×51 à canon 16 pouces viennent renforcer cette dotation. Ces armes sont équipées d’Eotech avec module L3 escamotable par basculement (grossissement x3) , lampe et bipied.

Pour le tir à très longue distance, les tireurs d’élite disposent du PGM Hécate II en calibre 50 (le tir antipersonnel avec cette arme est interdit en France) et du fusil monocoup MC Milan du même calibre.
Plus spécialisé, les chuteurs opérationnels du RAID peut également sauter avec le fusil de précision PGM Ultima Ratio mais dans sa version commando avec la crosse pliante, tandis que le tireur d’élite utilisera un HK G36 L ou HK 417 avec lunette Trijcon et récupérateur d’étuis lors des tirs d’appui à partir d’un hélicoptère.

Pour être complet, l’unité d’élite de la Police Nationale dispose de lanceurs de grenades HK 69 en 40mm, du lanceur 40 mm Brugger & Thomet, du Flash Ball Super-Pro et du pistolet à impulsion électrique Taser.

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LE RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion)

Fabien : 22 septembre 2014 17 h 28 min : Présentation FIPN-SDLP, RAID - Articles

 

Créé par arrêté du ministre de l’intérieur Pierre Joxe, le 23 octobre 1985, le RAID, qui aligne plus de 160 hommes et femmes, est placé sous l’autorité directe du Directeur Général de la Police Nationale.

Celui-ci décide de son emploi ou de sa mise à disposition ponctuelle au profit d’autres services ou de directions actives de la police.

A noter que le RAID n’agit que sous le commandement de sa hiérarchie, il n’a pas compétence pour la suite judiciaire des faits pour lesquels il est intervenu. Par contre il est seul responsable des conditions de son intervention : opportunité, déclenchement, moyens à mettre en œuvre et déroulement de l’opération.

Le RAID est commandé par un commissaire divisionnaire et deux commissaires adjoints.
Durant une opération qui mettrait en œuvre un ou plusieurs GIPN en assistance du RAID, c’est le patron du RAID ou l’un de ses adjoints qui deviendrait le responsable de l’unité d’intervention : la FIPN (Force d’Intervention de la Police Nationale).

Le RAID a été créé pour « armer le bras de la Police Nationale », en effet, les actes de terrorisme étaient légion et la Police ne disposait que des groupes régionaux avec les GIPN qui n’avaient que peu de moyens humains et matériels.
Décision a été prise de mettre au point un service de pointe, hautement qualifié pour les mêmes missions que celles des GIPN à savoir : intervention lors de prise d’otages et arrestation de forcené et d’individus dangereux, la lutte anti-terroriste et contre le grand banditisme, la protection de personnalités, l’assistance technique avec la réalisation d’audits de sécurité et dossiers au profit des autorités policières, préfectorales ou judiciaires, intervention en milieu contaminé (NRBC), la recherche et mise au point de nouveaux matériels en collaboration avec les laboratoires de recherche de la Police Nationale, et enfin à l’étranger, des missions de protection rapprochée   de personnalités menacées , protection ambassadeur de France dans des  pays à risques, sécurisation d’ambassades  dans des  pays à risques et formation de groupes d’intervention ou par pool de spécialistes ( THP, négociation….).
Les membres du RAID sont en alerte 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Une fois les premiers candidats sélectionnés, le site de Bièvres , où est toujours basée la CRS8 a été retenue pour accueillir l’unité. Ce choix stratégique plaçait le service à proximité de l’aéroport militaire de Villacoublay et d’un réseau autoroutier important.
Le RAID a été engagé sur des missions de Police pointues, on lui doit notamment l’interpellation de Georges Courtois et de son comparse Abdelkarim Khalki lors de la prise d’otages à la cour d’assise de
Nantes le 19 Décembre 1985, la première opération du RAID. L’arrestation des membres d’Action Directe , des chefs militaires du FLNC, de membres de l’ETA , interpellation d’un commando d’Iparretarrak, résolutions de plusieurs révoltes en milieu carcéral, diverses missions de protection rapprochée (Salman Rushdie, personnalités politiques, équipes de football lors de la coupe du monde en 1998 et protection des athlètes français aux Jeux Olympiques, différents sommets G8-G20), la neutralisation physique et définitive de Human Bomb dans une école maternelle à Neuilly .

A noter l’interpellation d’Ivan Colonna en Juillet 2003, de Jean Pierre Treiber en Novembre 2009.
Sans compter les arrestations de forcenés, de preneurs d’otages, de surveillance de terroristes…

Le RAID a malheureusement subi des pertes en opérations, Christian Caron et Fernand Seither ont été tué à Ris-Orangis face à un forcené, interpellé par le RAID quelques minutes après le drame. En mission sur l’île de beauté, le Capitaine René Canto est assassiné par un nationaliste corse.

Plusieurs membres du service ont été blessés en interventions. Le 29 Mars 1996, le service est engagé pour arrêter les membres du « gang de Roubaix », l’intervention se déroule sous un feu nourri, les malfrats préféreront mourir plutôt que de se laisser prendre vivant. un membre du RAID sera gravement blessé au visage mais reviendra au service quelques temps plus tard. Deux policiers ont été blessés par balles à Beyrouth au Liban en Novembre 1990.

Lors de l’intervention à Ris-Orangis, un membre a été gravement blessé à la cuisse, lors des échanges de coups de feu qui ont vu René Canto partir, un autre Raider a été lui aussi blessé grièvement.

Yannick et son chien ont été tous deux blessés lors de l’interpellation d’un forcené à Evreux en Octobre 2010.

 

 

Le RAID aligne plusieurs pools de spécialistes, les snipers, les plongeurs, l’effraction, les parachutistes, l’escalade, les maître-chien, les négociateurs sans compter les groupes d’assaut.

Le RAID, le GIPN ainsi que le SPHP sont également envoyés pour renforcer la protection de l’ambassadeur de France à Damas mais également à Beyrouth et à Kaboul. Lors de ces missions, les policiers de la FIPN sont armés de G36C ( certaines armes sont équipées de lance-grenades 40 mm) mais également de SCAR H (7,62 x 51) et du SCAR L (5,56 x 45), ils disposent de Glock 17 en arme de poing.
Le recrutement :
Les tests sont similaires à ceux des GIPN et BRI BAC puisque se sont les tests FIPN.
Les fonctionnaires actifs de la Police Nationale habilités sont recrutés à l’issue d’une première sélection sur dossier puis d’épreuves de sélection dont le contenu est défini par une instruction du Directeur Général de la Police Nationale sur la proposition du chef du RAID.
Ne peuvent se présenter aux épreuves de sélection que les fonctionnaires dont l’âge , au 31 Décembre de l’année de constitution de la liste de candidats admissible est inférieure à 40 ans pour le corps d’encadrement et d’application et 45 ans pour le corps de commandement.
Cette semaine de sélection comporte des épreuves physiques, psychologiques et techniques : tests de vertige, de cran, de claustrophobie, d’agressivité (boxe anglaise, sol, pieds poings), tir, escalade, Gestes Techniques Professionnels d’Intervention, marche commando…
En fin de semaine, les meilleurs candidats retenus sont soit affectés immédiatement soit placés dans un vivier en attendant qu’une place se libère.

Tout le personnel du RAID passe des tests triennaux pour savoir s’ils ont toujours le niveau requis.

Le policier du RAID est affecté pour 5 ans, renouvelable 2 fois sur décision du chef de service, prise après avis d’une commission composée des cadres du service qui se prononcent, lors de la dernière année de l’affectation, à partir de la manière de servir du fonctionnaire et des aptitudes constatées en service.

Les effectifs d’alerte :

L’état –major (3 cadres), un officier de renseignement, un groupe snipers (5 tireurs), le groupe d’assaut (10 à 12 fonctionnaires), une équipe technique d’intervention (2 fonctionnaires), une équipe négociation (2 fonctionnaires et 1 psychologue), une équipe médicale ( 1 médecin réanimateur), une équipe cynophile ( 1 ou 2 chiens d’assaut)…

 

1° vidéo du RAID

 

Présentation du RAID

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Métier de passion : policier du RAID

Fabien : 21 septembre 2014 19 h 43 min : ACTUALITES, RAID - Articles

« Entretien avec David, commandant au groupe franchissement du RAID :

Unité d’élite

« La diversité de nos missions explique d’elle-même le niveau requis pour pouvoir intégrer cette unité. Nos équipes sont composées de professionnels ayant une grande expérience des missions de Police, d’un niveau sportif bien supérieur à la moyenne, sachant gérer des situations de crises graves, mais aussi de spécialistes de haut niveau dans cinq domaines : parachutisme, plongée, effraction, sniping (tir de haute précision) et varappe. »

Faut-il être passionné pour devenir policier du RAID ?

« Oui, mais il faut déjà à la base être passionné par le métier de policier pour développer les qualités exigées par un service tel que le RAID. Le mot policier à lui seul suscite déjà la passion, car nous exerçons tous un métier de contraintes, à travers des situations difficiles et dangereuses. Dans le quotidien qui est le nôtre, la routine n’existe pas.

Nous n’avons pas tous le même parcours professionnel mais nous avons tous un énorme bagage en amont, complété après réussite aux tests de sélection par une formation initiale de quatre mois et des entraînements intensifs. Nous avons tous un niveau physique minimum, car les opérations peuvent être particulièrement éprouvantes, du fait du poids de notre matériel individuel (35 kg), de leur durée dans le temps (souvent au-delà d’une dizaine d’heures) et de la concentration qu’elles nécessitent. Il faut être toujours hyperconcentré avec un contrôle de soi maximum, le manque d’attention est interdit chez nous. Ce métier demande un engagement dans l’instant, de la précision dans les gestes et une excellente réactivité.

Avant même d’être recrutés, les hommes du RAID ont dû faire leurs preuves sur le terrain, que ce soit à la P.J. (Police Judiciaire), à la DCRI (Renseignements Intérieurs), à la BAC (Brigade Anti-Criminalité), en CRS ou dans d’autres groupes d’intervention. La richesse de ces différents vécus nous amène une technicité dans de nombreux domaines. »

Que signifie votre devise ? « Servir sans faillir »

« Nous sommes au service de la France, garant de la sécurité des citoyens et des institutions. Nous sommes obligés d’agir parfois dans l’urgence, en prenant des décisions importantes de c****équence en quelques fractions de seconde. Nous n’avons droit à aucune faille à l’instant « T », nos responsabilités sont trop importantes. Nous avons l’expérience des situations de crise exacerbée avec des moyens adaptés et une haute technicité travaillée à l’entrainement. »

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Pourquoi un groupe varappe au sein du RAID ?

« Ce groupe est composé de trente opérateurs. Le responsable est un officier. Vingt-huit fonctionnaires sont issus de la section d’intervention et deux du groupe technique, permettant d’acquérir des renseignements par la pose de caméras ou de micros. En intervention, les missions du groupe varappe sont diverses : empêcher une personne de prendre la fuite, mais également de se défenestrer, ou comme on l’a déjà vécu dans le cas d’une crise de démence, de défenestrer ses enfants. Ce groupe doit, sur une crise en hauteur dans le cadre d’une prise d’otage ou d’un forcené retranché, apporter une solution supplémentaire pour l’interpellation d’une personne dangereuse. Il faut souvent trouver une solution pour rentrer à l’intérieur d’un immeuble, en dehors des entrées principales. Notre solution peut-être complémentaire à des actions menées par les collègues ou quelquefois une alternative. Mais notre action démarre toujours après l’étude d’un schéma tactique. »

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Le récit d’une intervention loin des événements médiatisés

« Ce ne sont pas nos opérations les plus médiatisées, mais le cas d’un forcené retranché et suicidaire représente une grande complexité, car il s’agit là d’interpeller une personne créant un trouble grave à l’ordre public, armée, dangereuse pour nous et pour elle-même, le tout en hauteur, sans atteindre à son intégrité physique.

Une de ces missions se situe au treizième et dernier étage d’un immeuble de la banlieue sud de Paris. Les pompiers sont requis pour une personne qui menace de se suicider. La personne est en grande détresse psychologique et a dégradé ses propres canalisations d’eau, car il pense être espionné par des objets se trouvant dans les conduits. L’eau se répand dans tout l’immeuble depuis le treizième étage, d’où la présence des pompiers et des policiers.

Tous les contacts échouent, car l’homme refuse d’obtempérer, et menace d’attenter à la vie de quiconque rentrerait chez lui. Nous ne savons pas ce qui se passe à l’intérieur, ni le nombre de personnes, ni la présence éventuelle d’enfants. Le RAID est saisi. Nous effectuons une mise en place depuis le toit de manière à prendre en compte les trois fenêtres de l’appartement. Les plans de l’immeuble et de l’appartement nous sont donnés par les services compétents. Une étude est réalisée dans les moindres détails.

La négociation échoue, la détresse est trop importante, nous n’arrivons pas à le raisonner. La porte est barricadée, nous constatons un déplacement de meubles derrière la porte. La mission est de rentrer par les fenêtres et de s’assurer de la personne. Nous nous rendons compte qu’il est porteur de couteaux de cuisine. On profite d’un moment où il tourne le dos aux fenêtres pour forcer celles-ci, pénétrer à l’intérieur depuis le toit et l’interpeller.

Cette problématique est complexe pour nous. La personne ne doit pas pouvoir se nuire à elle-même, mais nous devons nous aussi, nous protéger. Dans la verticalité, ça se complique encore et ça limite les moyens d’action. Dans le vide, une interpellation peut devenir vite sportive. Cette opération se finit bien, l’homme est pris en charge et remis aux services de police locaux, pour être présenté à la justice.

Tout est mis en œuvre pour empêcher ces personnes de dépasser un point de non-retour. Nous avons aussi pour mission de donner une autre chance à une personne malgré une situation ultime. Nous devons lui offrir la possibilité de revenir à la vie malgré les armes. »

Quel est l’intérêt du descendeur RIG ?

« Le descendeur RIG facilite l’intervention, car il nous permet d’avoir les deux mains libres, une fois arrivé à la hauteur souhaitée. Lors de la descente sur la corde, nous pouvons bloquer le RIG en sécurité, sans avoir besoin de réaliser une clef de blocage qui rajouterait des manipulations. La rapidité et le gain de temps sont essentiels dans notre métier. Tout se joue en quelques secondes. Le temps est précieux. »

« Notre formation et nos échanges techniques avec l’entreprise Petzl sont d’une grande importance. Notre retour d’expérience discuté lors des formations « Petzl Solutions » nous permet d’identifier le matériel qui peut apporter un plus. » »

 

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Source : www.petzl.com

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Hommage à Christian Caron et Fernand Seither, tués en service le 31 août 1989

Fabien : 31 août 2013 8 h 23 min : RAID - Articles

 

Le jeudi 31 août 1989, le RAID est mis en alerte pour interpeller un forcené à Ris-Orangis.

L’individu, a tiré à plusieurs reprises sur des policiers et un magistrat venus lui signaler son placement en psychatrie. Gérard Marilier, divorcé, agent de sécurité dépressif et paranoïaque a passé un cap, celui de la tentative de meurtre. Un policier est gravement blessé au visage.

Arrivés sur place, il est décidé que deux équipes interviendront, l’une à la porte de l’appartement et l’autre par le balcon.

Cependant, rien ne va se passer comme prévu ; la porte résiste aux explosifs posés par les policiers, il faudra trois charges pour entrer au domicile de Marilier.

Les policiers du RAID avaient convenu que tous interviendraient au même moment dés qu’aurait retenti la première déflagration. Mais l’équipe démo n’a pu informer leurs collègues à cause d’un problème de radio.

Chrisitan Caron, intervient en premier, suivi de Fernand Seither et Thierry Azzouzi. Les deux premiers seront mortellement touchés et T. Azzouzi sera grièvement blessé à la cuisse.

Marilier fait feu avec tout son arsenal dont un Mauser en 7,62.. Ce n’est qu’une fois la porte explosée que les policiers pourront évacuer les blessés et interpellé l’individu blessé à la poitrine par C. Caron qui a fait feu au même moment que Marilier.

 

C. Caron, ancien membre de la BRI, et Fernand Seither ancien du GIPN de Strasbourg ne survivront pas à leurs blessures.

T. Azzouzi une fois remis, a réintégré le service actif et est passé responsable de l’armurerie du RAID.

Marilier sera remis à la justice par les hommes du RAID.

 

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Stage ATLAS – La grande mue du tir de précision « police »

Fabien : 20 février 2013 20 h 26 min : RAID - Articles

« Benchmarking et confrontation de culture et de talents, au camp de Souge, qui accueillait en octobre les snipers des groupes contre-terroristes d’Europe, à l’invitation du RAID.

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En octobre dernier, la moitié des membres du groupe antiterroriste européen Atlas se sont rencontrés au camp de Souge, près de Bordeaux. Cette année, l’accent était mis sur les techniques  des tireurs d’élite, cornaqués par le groupe Oméga du RAID.

Une précédente édition avait vu travailler les techniques de reprise de vive force d’un avion de ligne, sous l’égide du GIGN, sur l’aéroport de Châteauroux.

Pour le RAID, il ne s’agissait pas de limiter le travail des stagiaires au maniement de l’arme – tous les tireurs sont censés bien tirer –  mais aussi de les pousser dans leurs retranchements.

A peine après avoir été accueillis par Amaury de Hautecloque, les stagiaires sont cueillis à froid. Par la pluie, d’abord, qui commence  à tomber en bruine puis en rideau. Ensuite, par le premier exercice : les stagiaires vont devoir tirer à 600m, distance à laquelle la plupart d’entre eux ne se sont jamais aventurés. Partout en Europe, le tir police consiste à loger une balle  dans une pièce de 2 euros, à 100m maximum. Mais l’ingéniosité croissante des terroristes impose de rallonger les distances de tir, d’explorer les structures tubulaires, ce que le RAID a lancé  il y a deux ans.

Sur la première volée de balles, seuls d’ailleurs les policiers français et leurs confrères suédois, rompus aux déploiements en Afghanistan  avec leurs forces spéciales, logent du plomb dans la cible. Déjà l’occasion pour les tireurs de commencer à  parler technique. Puis les tirs s’enchainent, et petit à petit, les résultats s’améliorent. Une bonne partie des personnels dispose d’un fusil Accuracy (en 308 ou  338) ou d’un TRG 42.

A force de pousser les distances, les stagiaires iront jusqu’à plus de 750m…

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Le lendemain, l’armurier du RAID prodigue ses connaissances sur les perforations. Silence religieux sur le pas de tir. Un gendarme du groupe d’intervention de Genève fait la démonstration, avec son Ultima Ratio : une balle peut faire détoner une grenade – ou un piège explosif. Des tests de perforation sont aussi effectués, les jours suivants, sur des vitres blindées récupérées sur le chantier d’une banque.

Par-delà la pure technique, les policiers européens se confrontent aussi en matière de camouflage et d’infiltration. Chacun garnit « sa ghillie » à sa façon, et procède selon sa méthode propre pour rallier un point de tir à une centaine de mètres d’un site de détention d’otages. Le duo de tireurs doit s’approcher sans être vu, dans une lande assez dense, et toucher deux têtes en polystyrène avec un tir coordonné. Le tout,  ça va de soi, dans un délai contraint de 40 minutes.

Les cultures sont très différentes entre les Suédois, qui se déploient régulièrement en Afghanistan, les Britanniques, qui comportent 50% d’anciens tireurs militaires, et des Italiens qui sont venus avec deux équipes, une de la police et une des carabiniers. Mais ce melting-pot de cultures et d’expériences fait la richesse de ce genre de session, et c’est aussi l’occasion de se tenir au courant des dernières innovations.

Pendant une après-midi, le temps de faire passer tous les binômes, la lande girondine résonne de jurons sourds et de détonations parfois assourdies par un silencieux. Mais les stagiaires n’en ont pas fini. Le chef du groupe Oméga leur a concocté une soirée tout en fraicheur : trois groupes multinationaux doivent effectuer une infiltration pédestre de plus d’une demi-douzaine de kilomètres dans une forêt parcourue de petits cours d’eau, pour rallier  un site de détention d’otages . Deux équipes devront également, en début de mission, « cloquer » (poser des balises) des véhicules qui peuvent être utilisés par le réseau de preneur d’otages.

Des personnels de la technique du RAID sont mobilisés pour l’occasion, avec des équipiers du 13° Régiment de Dragons parachutistes, des spécialistes du renseignement militaire.

Bref, un stage aux frontières du réel, qui a fait découvrir à ces différentes équipes toutes les facettes d’une spécialité qu’elles ne pratiquent par forcément de cette manière.

En France, on l’a dit, les snipers du RAID ont élargi leur horizon de tir, ces deux dernières années. Ils ont notamment appris de la part des Forces Spéciales françaises, à qui l’unité a transmis des savoirs en matière d’opérations en zone urbaine, ou de négociation. Un échange bien compris qui a donc profité à tous. »

Le groupe ATLAS

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Le groupe ATLAS a été créé en octobre 2001 à l’initiative du DSU belge, lors du sommet des 15 commandants d’unités contre-terroristes, à Bruxelles. Le 23 juin 2008, une décision du Conseil de l’UE engage à plus de coopération entre les unités en cas de situation de crise, si bien que le 1er janvier 2009 une décision de l’UE permet l’appui d’une police d’un pays européen qui le demanderait par un ou plusieurs états membres d’Atlas.

La structure regroupe 35 unités de 27 pays. Des pays non-membres de l’UE, comme la Suisse et la Norvège, ont pu rallier Atlas, mais sans droit de vote.

Le groupe, financé par l’UE, doit notamment conduire des exercices réguliers mobilisant les unités. Ce fut le cas en matière aérienne à Châteauroux, à l’initiative du GIGN, mais c’est surtout  régulier en matière de contre-terrorisme maritime (CTM) dans le nord de l’Europe. Le budget consacré à Atlas devrait être réduit de 50% en 2013. »

 

Tiré de Police Pro n° 37  Janvier-Février 2013

Article de Jean-Marc Tanguy

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Vidéo stage ATLAS

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Les sélections pour le RAID et les GIPN

Fabien : 20 février 2013 19 h 40 min : GIPN - Articles, RAID - Articles

« Le RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion), créé en 1985 et les GIPN (Groupes d’Intervention de la Police Nationale), créés en 1973,  sont des groupes spécialisés de la police nationale, très proches de par certaines de leurs missions, notamment dans le domaine de l’intervention. Ainsi, dans un souci d’économie de moyens et de rapprochement de ces deux unités, depuis avril 2007, les sélections des candidats sont communes entre la 1° section du RAID et les GIPN.

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Pour faire face au turn-over, RAID et GIPN organisent chaque année des sélections.

Tous les gardiens de la paix et officiers de la police nationale peuvent faire acte de candidature  à partir du moment où ils répondent aux critères administratifs  requis : avoir cinq ans d’ancienneté et être âgé de 35 ans maximum (38 ans pour les officiers). Les critères de sélection sont évalués, dans un premier temps, au travers du vécu policier, de la lettre de motivation, des capacités physiques et des sports pratiqués régulièrement par les candidats.

Généralement, à chaque concours, sur quelques centaines de fonctionnaires de police au départ, ils ne sont déjà plus qu’une cinquantaine  de prétendants au terme d’un premier tri sur dossier.

Ces présélections ne sont que le prélude à des tests bien plus sélectifs, désormais communs à la 1° section du RAID et au GIPN. Organisés habituellement à Saint-Malo ou à Nîmes, ils ont eu lieu en 2007 (du 1° au 6 avril) au sein de l’Ecole Nationale de Police de Oissel, près de Rouen. Cette semaine de sélection est basée sur une étude de la personnalité et des tests physiques.

Dans le premier cas, des tests d’intelligence sous forme de QCM (questions à choix multiples) ainsi qu’un entretien avec un psychologue permettent de déterminer si les candidats possèdent  certains traits de caractère recherchés : stabilité, esprit réfléchi, maitrise de soi, un certain vécu, un esprit de camaraderie et le goût de la vie en collectivité…

Sur le plan physique, sont vérifiés les aspects purement médicaux, avec des tests à l’effort, l’étude de la vue, de l’ouïe… Un entraînement  quotidien permet d’étudier leurs capacités en termes de force physique, de techniques de sports de combat, d’endurance … Il faut également  s’assurer que les candidats ne souffrent pas de claustrophobie ou de vertige. Une mise en situation professionnelle rejoint d’ailleurs bien souvent l’avis du psychologue.

En 2006 par exemple, pour les GIPN, sur 300 candidats triés sur dossier, 50 ont passé ces tests et seuls douze  ont été retenus. En 2007, sur les 20 fonctionnaires qui ont participé aux sélections communes, dix-huit les ont terminées (un blessé et un exclu après échec  d’une épreuve) et huit ont intégré un GIPN ; pour le RAID, sur 26 candidats, six seulement ont été retenus. Même une fois habilités, les candidats aux GIPN connaissent six semaines de formation, puis une évaluation de six mois au sein de leur groupe d’affectation : survient alors un dernier bilan sur chaque candidat et un ultime écrémage  éventuel.  Même chose pour le RAID, au sein duquel les candidats sélectionnés doivent encore se former au contact du groupe (1° section d’intervention) et faire leurs preuves pour y rester. « Nous arrivons à renforcer  le mental par des entraînements physiques et tactiques en collectif : porté par le groupe, chacun est plus fort », assure le major Robert Paturel, adjoint au responsable de la formation au RAID.

Si l’âge limite, quels que soient le grade ou la fonction, est de 47 ans pour le GIPN ( et dix ans de contrat pour le RAID), il ne constitue pas le seul critère de préservation d’un membre au sein de ces unités spécialisées.

Aussi, par la suite, tout au long de leur activité, les hommes du RAID et du GIPN passent des tests tous les cinq ans afin d’évaluer leur aptitude et leur motivation.

« Depuis le 26 juillet 2006, une circulaire pose le principe de passerelle entre le RAID et le GIPN, rappelle le commissaire principal Jean Hayet de la Direction Centrale de la Sécurité Publique (DCSP), les fonctionnaires de police de chacune de ces unités pouvant prétendre passer de l’une à l’autre suite à un simple entretien. Ainsi, l’idée d’une semaine de tests de sélection en commun entre les candidats du RAID  et du GIPN s’est naturellement imposée dans le cadre d’un rapprochement de ces deux unités aux missions semblables et aux besoins humains identiques ».

« La réorganisation s’inscrit déjà dans la réforme des corps et carrières de la police nationale, précise le contrôleur général Jean-Louis Fiamenghi, précédent « patron » du RAID, avec un repyramidage des services en vue de sa modernisation. Ainsi, assurer une mobilité de passerelle entre les unités permet une cohérence du dispositif : la volonté du directeur général de la DGPN est de moderniser l’outil afin de répondre au mieux aux nouvelles menaces, notamment les prises d’otages de masse, qui se déroulent fort heureusement pour l’heure  hors de l’Europe. Il faut savoir que, dans ce cas de prise d’otages, les GIPN passent sous contrôle du RAID, la DGPN faisant autorité et non plus la DCSP. L’interopérabilité de nos unités est donc nécessaire. Il faut, pour cela, moderniser l’outil, afin de pouvoir apporter une réponse cohérente et une réaction rapide, avec une bonne analyse commune entre le dispositif territorial et national de la menace ».

Pour Jean-Louis Fiamenghi, « l’idée d’unités formatées, aux techniques et philosophie communes s’inscrit parfaitement dans l’esprit de l’Europe au niveau de laquelle le groupe ATLAS rassembles les unités d’intervention des 30 pays membres ». Ainsi, les unités nationales y sont représentées, avec la mise en place d’une base de données commune entre les services. Par exemple, le RAID y est désigné comme responsable du groupe HERMES, spécialisé sur les interventions en milieu ferroviaire, le GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) pour les aéronefs, le groupe COBRA pour les bâtiments, et le GSG9 allemand pour tout ce qui touche aux navires et aux plates-formes pétrolières.

En fait, pour l’heure, la véritable différence entre le RAID et les GIPN se situe au-delà des techniques, en termes de capacité de gestion de crise. Le RAID possède, en effet, des moyens importants l’autorisant à gérer de très grosses interventions, avec un groupe de négociation, des médecins, des chiens d’attaque si nécessaire, le tout pouvant surtout s’inscrire dans la durée, grâce à un calibrage adapté.

« Ces sélections communes découlent du sens pratique pour répondre dès la source au principe de passerelle de nos deux unités… D’ailleurs, au tout début de la création de ces groupes, les sélections étaient communes, car ces unités faisaient partie de la même direction » rappelle Robert Paturel, au RAID depuis 1988.

Plus que l’aspect purement technique, le jury évalue  la volonté, la détermination du candidat et sa capacité à analyser rapidement  une situation. Plusieurs épreuves sont ainsi déterminantes à ce niveau : le combat, les cordes, la claustrophobie et le tir de discernement. Pour le commissaire  principal jean Hayet, en effet, « les techniques de base d’intervention sont censées être acquises depuis longtemps : on ne juge donc pas les candidats uniquement là-dessus, mais les observations du jury en tiennent compte si l’on constate des lacunes ».

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Les épreuves de combat (pieds et poings, judo) permettent  non seulement de tester la volonté du candidat confronté à un adversaire souvent bien plus fort, mais aussi son physique, sa résistance.

« Ce qui est primordial dans notre métier, confirme Robert Paturel,  c’est de savoir gérer le stress pour accomplir la mission coûte que coûte. »

Ainsi, à chaque sélection, les épreuves varient mais restent du même style, les objectifs étant récurrents : il faut  le même bagage physique minimal pour tous  et éliminer les phobies. « Chez nous, c’est un peu comme à la Légion : la plus grande faculté doit être l’adaptation… Et pour arriver à accroître cette capacité, l’entraînement au quotidien est incontournable. J’ai toujours pour habitude de prendre comme exemple à ce niveau les sapeurs-pompiers de Paris ».

Les épreuves doivent faire ressortir les capacités en termes d’endurance, de force brute, de résistance au stress, et de mental.

Chaque groupe est suivi par le même psychologue durant son évolution au travers de tous les tests. Son avis, s’il est négatif, est souvent indiscutable, même si au final le chef de groupe d’accueil a logiquement le dernier mot avec le « patron » du RAID ou du GIPN.

« L’aspect  psychologique, s’il est primordial, n’est cependant pas une science exacte… estime Robert Paturel. Personnellement, il m’était plutôt défavorable lors de ma candidature au RAID, sur simple prétexte que je faisais de la boxe… Les mentalités des psychologues à ce niveau ont heureusement évolué…

En effet, pour moi, un policier qui ne fait pas de combat, c’est comme un maître-nageur qui ne sait pas nager ! Bref, le psychologue avait émis une réserve me concernant : « individu impulsif, violent, qiu monte vite sur ses grands chevaux… » Heureusement que, dans le jury, beaucoup me connaissaient bien ! »

Cela dit, les psychologues ont bien compris aujourd’hui que le profil recherché pour ces unités doit être bien supérieur à la normale, tant sur le plan physique que mental.

Au terme des sélections, un premier bilan est fait la veille, avec dépouillage des feuilles d’observation des postulants par atelier. Les candidats connaissent les résultats le dernier jour de la semaine.

A Oissel, la première journée s’est déroulée sous le signe des sports de combat, avec la boxe et le judo, à savoir les pieds et les poings, puis le combat au sol. Cette épreuve est déterminante dans le choix des candidats, non pas par rapport  à l’application stricte des techniques mais plutôt dans le cadre de l’évaluation de la volonté et de la combativité de ces derniers. « Nous ne cherchons pas l’agressivité, mais la combativité. Pour moi, deux qualités incontournables pour notre métier vont de pair : le courage et la générosité. Nous avons  besoin d’hommes pourvus de combativité et de cœur. » explique le major Robert Paturel. Et de préciser : « Le physique est déterminant. Les gens que l’on sent fébriles, dont le look ne convient pas, ne seront pas admis : on ne recherche pas des athlètes mais des gens qui possèdent un minimum de physique, de masse, qui aiment le collectif et savent s’adapter. Nous avons à ce niveau un sport de prédilection au RAID qui est le rugby, associant la force, la combativité, le collectif et l’analyse du jeu ».

Durant cette même journée, un parcours de cordes et un saut d’une tour de 36 mètres attendent les candidats à ces unités,  au sein desquelles  l’appréhension du vide et de la verticalité peut s’avérer compromettante  lors d’évolutions en façade, par exemple… Même si la polyvalence est de mise, certains se spécialiseront d’ailleurs dans cette discipline des cordes en intervention. L’épreuve du saut  est par excellence celle qui permet aux instructeurs du RAID et du GIPN de tester l’obéissance à un ordre face à l’inconnu. Les sélections précédentes confrontaient les candidats à une descente d’une falaise en rappel, assuré « à la moulinette » : la confiance dans le coéquipier, se situant en bas pour les assurer, est là aussi déterminante.

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La deuxième journée va mettre les candidats face à l’une des phobies les plus difficiles à maîtriser : la claustrophobie. A ce niveau, un parcours,  avec casque à visière occultée, dans un véritable labyrinthe plongé dans la pénombre constitue le décor. Dans ce dernier, les « victimes » devront suivre un fil d’Ariane, véritable ligne de vie s’il en est, et évoluer dans ce dédale de couloirs étroits où les attendent plusieurs animateurs des équipes de formation, en embuscade. Ici, un homme tire avec un HKMP5, déclenchant un vacarme assourdissant amplifié par la progression  à l’aveuglette ; là, un autre veut leur faire lâcher la corde en les boxant vigoureusement. Ailleurs, un homme les malmène avec énergie à coups de matraque souple et les empêche d’avancer, d’atteindre leur objectif. Les postulants ne sont pas au bout de leurs surprises… Il leur faut en plus faire appel à leur tête et rester concentrés afin de retenir des mots, des phrases et des chiffres énoncés tout au long du parcours pour les répéter à l’arrivée !

A l’extérieur, c’est un autre type d’épreuve, tout aussi peu encourageante, qui les attend : progresser dans une buse étroite plongée dans l’obscurité, afin d’atteindre l’autre côté d’une route. La peur d’étouffer, de perdre ses repères, le besoin de se rassurer quant à celui qui les assure de part et d’autre grâce à la corde nouée à leur baudrier : toutes les craintes liées à la claustrophobie sont réunies ! « Savoir traverser ces épreuves, c’est bien, reconnaît le major Robert Paturel, mais j’aurais encore plus d’admiration  pour quelqu’un qui le fait en dépassant  ses phobies : il démontre alors plus que quiconque qu’il a  la volonté nécessaire pour faire partie du groupe ».

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Une partie de cette journée concerne l’un des outils sensibles du policier : l’arme à feu. Les candidats passent ainsi  par deux ateliers, l’un mettant l’accent sur la précision des tirs et la maîtrise de l’arme, l’autre sur le discernement et l’analyse rapide d’une situation en tenant compte d’informations préalables.

Dans le second atelier, le candidat lit des instructions sur une situation précise : vous allez pénétrer dans un appartement où vous tomberez nez à nez sur un groupe de terroristes avec son chef, leurs otages et l’un de nos agents infiltré dont vous avez ci-joint la photo.

Au signal de l’instructeur, le fonctionnaire franchit un rideau simulant la porte de l’appartement, pour découvrir la situation : des otages à épargner, un policier infiltré à repérer rapidement et des terroristes armés, avec leur chef sans arme et faisant un geste de la main…L’analyse doit être rapide et le tir précis, fait avec discernement.  Après leur intervention, les candidats sont invités à la justifier et à l’analyser avec le jury présent : c’est justement cette analyse qui est la plus importante, plus que le tir en lui-même.

L’ensemble des épreuves de cette journée permet au jury de tester le caractère volontaire, combatif des candidats, leurs techniques de tir avec leur capacité à estimer rapidement une situation en  évaluant les risques…. Le tout dans la plus grande franchise…

Le dernier jour, les GTPI (Gestes Techniques Professionnels d’Intervention) sont également à l’honneur. Trois ateliers sont proposés à ce niveau aux candidats évoluant en  binômes : l’interpellation d’un individu suspect et susceptible d’être armé, assis au volant de son véhicule sur un parking ; l’intervention sur un forcené retranché dans son appartement avec une arme à feu ; enfin, l’interpellation d’un suspect au physique impressionnant  et susceptible d’être armé, sur la voie publique.

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Logiquement, les GTPI doivent être maîtrisés par l’ensemble de ces fonctionnaires de police confirmés : c’est ce que vont permettre d’apprécier ces ateliers, en mettant aussi l’accent sur l’organisation du binôme, la détermination d’une stratégie avec répartition des tâches… Le jury  aura d’ailleurs souvent l’occasion de constater l’émergence d’un caractère plus fort qui va diriger l’opération : le tout est que le « subordonné » s’acquitte correctement de sa partie, que la coordination entre les deux hommes, basée sur la confiance, soit bonne.

Enfin,  des épreuves en piscine sont l’occasion de confronter les candidats à un milieu aquatique souvent délicat à appréhender, qui met à rude épreuve les capacités physiques. Dans ce cadre se succéderont des tests de vitesse sur 50 mètres, d’endurance avec évacuation d’un mannequin immergé après escalade d’une échelle de corde, et de volonté en se jetant à l’eau équipé d’un gilet de 50 kg et d’un fusil d’assaut…

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Bien entendu, ces trois journées ne sont qu’un aperçu des épreuves, qui, si elles préservent le même  esprit et abordent les mêmes thèmes de fond pour tester les mêmes critères (endurance, force brute, résistance au stress, maîtrise de soi, obéissance, volonté), changent à chaque période  de sélections.

Il est d’ailleurs important de noter pour l’heure la différence de gestion des résultats en fin de semaine : pour le RAID, l’équipe de formation encourage les candidats recalés à se représenter aux prochaines élections alors que, pour le GIPN, certains candidats sont écartés définitivement et d’autres autorisés à se représenter. Au niveau des résultats, le dernier mot revient au chef de groupe et au « patron » de chaque unité, en tenant compte, bien sûr, de l’avis incontournable du psychologue, surtout  lorsque  ce dernier décèle une pathologie incompatible avec l’exercice de la fonction. Nous l’avons dit, plus que les notes, qui sont là pour situer les candidats les uns par rapport aux autres (pas de barèmes), les observations reportées par les instructeurs à chaque épreuve sont déterminantes, avec des mots souvent synonymes d’échec : « hésitant, peu combatif, manque d’humilité… ». N’oublions pas que l’objectif de ces sélections communes est de permettre le maintien d’une force massive et cohérente.

Des tests de recrutement communs ont également été organisés, fin juin 2007, pour les officiers. Les épreuves sont cependant quelques peu différentes, avec un fond physique qui reste important, mais avec une recherche de polyvalence accrue du fait des nouvelles dispositions prises aujourd’hui en termes d’emploi dans le cadre de la restructuration de la police nationale. En effet, si en 1985, date de sa création, le RAID comptait 40 officiers, ils ne seront plus que 20 à l’horizon 2010… Ainsi, les sélections les concernant  mettent-elles en exergue leurs capacités en termes de management, avec des tests d’anglais, d’informatique, de psychologie…

« Chez nous, un officier est avant tout quelqu’un qui sait montrer l’exemple, explique le commissaire principal Jean-Pierre Desprès. Aussi, les capacités physiques sont toujours très importantes, mais les facultés à prendre en compte les obligations d’un adjoint d’un groupe  sont primordiales, compte tenu de la diminution de l’effectif du corps des officiers ». »

 

Article tiré de Police Pro n°08

Texte de Olivier Merlin

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Vous retrouverez dans ce reportage les sélections du RAID

 

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Les chiens d’assaut du RAID

Fabien : 13 février 2013 20 h 46 min : RAID - Articles

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« Le chien d’assaut du RAID est un projectile vivant non létal. Sous contrôle absolu de son maître, il est capable, sur décision des autorités, soit de réaliser une frappe muselée foudroyante qui mettra l’individu dangereux hors de combat, soit une morsure sur une partie non vitale du corps, et dont il maintient  la prise jusqu’à l’intervention  des hommes. Dans les situations extrêmes, le chien d’assaut est le dernier recours avant l’emploi des armes. Son intervention peut sauver des vies, y compris celle de la personne à interpeller.

Le berger malinois a été choisi par les spécialistes cynophiles du ministère de l’Intérieur pour des raisons précises, les missions spécifiques du RAID, parfois inhabituelles de par leur technicité ou par les lieux d’intervention les ont amenés à définir des critères particuliers de sélection des chiens, adaptés aux besoins propres de cette unité d’élite. Voici ce que dit le rapport de synthèse des spécialistes, véritable cahier des charges définissant un chien de police aux qualités nécessairement exceptionnelles :

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« Ces qualités sont : petite taille, poids réduit, rapidité, puissance, endurance, aptitude au saut, force de caractère, sociabilité. Celles-ci nous orientent  vers le malinois qui est nerveux, intelligent, joueur, attaché à son maître, et d’une grande précocité  ce qui représente un atout pour la phrase de dressage ». A noter que la police nationale choisit ses chiens d’abord au Centre National de Formation  des unités Cynophiles de l’école de police de Cannes-Ecluse, où  les maîtres-chiens gardiens de la paix reçoivent une formation de 12 semaines. Les chiens y sont validés en chiens de patrouille ou recherche et on leur attribue un matricule. Elle peut aussi faire appel aux spécialistes du  132° Bataillon Cynophile de l’Armée de Terre à Suippes. Mais dans le cas du RAID, les chiens destinés à la piste, la patrouille et la recherche et qui conviennent parfaitement aux unités cynophiles classiques de la police nationale, n’ont pas toujours le profil défini par les responsables du RAID. Le dépistage et la préselection des chiens étant difficile et essentielle, le RAID fait appel en complément  de Cannes-Ecluse et de Suippes à des rabatteurs  privés, français ou européens, capables de leur dénicher la « perle rare ».

Car il s’agit bien de cela : le chien d’assaut du RAID est un animal d’exception, comparable dans ses qualités physiques et mentales à celles d’un champion du monde de boxe aux jambes de sprinter, possédant à la fois les réflexes, la puissance et la rage de vaincre tout en étant  intelligent, équilibré, sociable et affectueux avec son entourage…

Réunir de telles qualités chez un animal était un pari impossible, que les maîtres-chiens du RAID ont pourtant gagné, grâce à leur rigoureuse sélection et leur professionnalisme, et à force de patience, d’obstination, mais aussi parce qu’ils sont des passionnés.

La qualité du mordant

«Le chien qui partage la vie de l’homme ne sait pas mordre naturellement,  explique Laurent, maître-chien à l’unité cynophile du RAID. Ses instincts de prédateur ont disparu puisqu’il est nourri, il n’a plus à se battre pour survivre, donc le plus souvent un chien non éduqué qui vous mord se contente de pincer avec la partie avant de sa mâchoire. Il peut faire très mal, pincer ou transpercer la chair avec ses incisives, mais jamais il n’utilisera spontanément toute sa mâchoire lors d’une attaque, il ne se sert de ses dents médianes que pour broyer un os avant de les manger.

Le chien du RAID, lui apprend à « rengueuler » , c’est-à-dire, à saisir sa proie avec toute sa gueule, le plus profondément  possible, comme le faisaient les loups pour casser les pattes du gros gibier en pleine course. Car la puissance maximum de sa mâchoire se situe sur les arrières molaires (précisément  sur les tuberculeuses) par effet de couple : plus on est proche de l’axe du bras de levier – en l’occurrence l’articulation des mâchoires – plus la pression est forte. Le rôle de l’éducateur est de faire prendre conscience au chien de cette puissance. Un chien qui a « rengueulé » peut facilement maintenir sa prise, qu’il s’agisse  du costume de l’homme d’attaque pendant son entraînement, ou du bras d’un forcené à l’occasion d’un assaut. Si par accident, le chien traverse un jour le costume de l’homme d’attaque en profitant d’une déchirure ou d’un accroc, et mord la chair, il n’oubliera jamais, et mordra ensuite beaucoup plus fort pour atteindre ce qu’il y a sous le costume.

Et je peux vous dire qu’un chien déterminé, et qui a acquis  cette qualité de mordant fait très mal. Dans notre unité, nous portons parfois un costume moins épais, afin que le chien sente la chair et progresse plus vite dans le mordant. C’est douloureux pour l’homme d’attaque, mais très efficace pour le travail. Je profite de votre reportage pour tordre le cou à une légende : la mâchoire d’un chien développerait, aux dires de certains, une tonne ou  je ne sais combien de centaines de kilos au centimètre carré (ndlr : dans l’Officiel nous avons aussi publié cette ânerie, désolés…). Je ne sais pas qui a réalisé  cette mesure impressionnante, mais ce que je sais par contre, pour l’avoir relevé dans un article scientifique traitant des cages anti-requins, c’est qu’une dent de requin casse sous une pression de kg/cm2.

Mais quel que soit la pression de ses mâchoires, cela ne change rien à son travail : c’est la qualité du mordant et la détermination  du chien que nous recherchons et que nous perfectionnons. S’il a rengueulé la toile d’un costume d’attaque, et à plus forte raison le bras ou la jambe d’une personne à interpeller, rien ne peut le faire lâcher prise, sauf la mort, ou un ordre de son maître. Cela, nous l’avons certifié ».

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Les risques du métier

Il est difficile de faire la différence entre le courage  de l’homme et celui du chien, dans une unité d’intervention de ce niveau. L’un comme l’autre, conditionné physiquement et psychologiquement pour l’assaut « veulent y aller » quel que soit le danger. Mais confronté à des risques majeurs – par exemple la prise d’assaut d’un site ou un homme armé est retranché et tire- le commandement du RAID impose de plus en plus souvent l’intervention du chien d’assaut « en pointe », pour préserver la vie de ses hommes. Ils ne nous l’ont pas dit, mais les policiers du RAID sont si déterminés que la rapidité, et surtout la foudroyante efficacité du chien les impressionnent, d’un point de vue sportif. Ils parlent de leur compagnon de binôme en ces termes sans équivoque : « Le chien est plus rapide et plus intelligent  que nous dans certaines situations ».

Les maîtres-chiens  sont par ailleurs affectivement attachés  à leurs Malinois, puisqu’ils partagent  leur vie, quotidiennement et ne s’en séparent jamais, même en vacances. Ils ne sont donc pas partisans de faire prendre systématiquement  tous les risques au chien, mais obéissent cependant aux ordres :

« L’affectif n’a pas sa place dans notre unité, dit froidement le numéro 1 du RAID. Nous mettons en place un dispositif et des moyens, en prenant le minimum de risques  pour la vie des hommes. Le chien est un moyen, si nous le jugeons  efficace nous le mettons en œuvre. Qu’il existe des liens entre les hommes et leurs bêtes en dehors  du travail ne concerne pas  le commandement. Si la tendresse est un moyen pour eux de fidéliser leur animal et de le rendre plus performant, je l’admets.

Je sais que mes hommes aiment les chiens d’une manière générale, c’est leur passion. Mais ici nous sommes au RAID, le maître-chien et son animal sont des guerriers, que nous entraînons  pour le combat et faisons monter en ligne si nécessaire. Il n’y a pas de place pour les états d’âme ».

Laurent, maître-chien, nous parle du courage de Seko, le chien d’assaut qui sera bientôt en binôme sur le terrain avec lui : « Le succès de son emploi en tant qu’auxiliaire de l’homme dépend avant tout de l’homme. Les séances de tir feront partie intégrante de son entraînement. Le chien doit être en mesure de différencier les tirs amis des tirs ennemis. Il devra aussi s’accoutumer aux différentes détonations (grenades, gaz, etc.) Il ne devra pas être un obstacle ni un danger pour son entourage (le maître et ses collègues) ».

Principes de bases

Après un premier filtrage effectué par les différents rabatteurs (éducateurs privés, CNFC, 132° BCAT), puis sous le contrôle du RAID assistés d’un moniteur national de Cannes-Ecluse, le chien est recruté, puis soumis à une phase de familiarisation avec son nouveau maître :

« Avant qu’on ne l’amène à Bièvres, Marcus a été formé par l’éducateur privé Jean Hucbourg, raconte Marco. Jean Hucbourg est un spécialiste reconnu dans sa profession. Ensemble nous lui avons appris à mordre au plus près et au plus vite, soit en haut, soit en bas, en général, mais là nous sortons de notre domaine … ».

Patience, calme, détermination

Ce sont les qualités fondamentales des hommes du RAID, mais spécialement celles des maîtres-chiens. Après l’éducation de base, il faut une année pour construire un chien d’assaut, avant qu’il ne soit opérationnel. Ensuite, chaque jour, le chien  est entraîné comme un athlète de haut niveau, ses performances sont améliorées, il court chaque matin avec les hommes, tous les cas de figure correspondants à ses futures missions sont répétés, découpés en séquences, exécutés dans les conditions les plus proches de la réalité. Le chien d’assaut apprend à reconnaître un tir ami d’un tir ennemi, il charge au milieu des explosifs de grenades offensives et de tous les types de gaz, il effectue avec son maître des descentes en rappel depuis le toit d’un immeuble ou accroché à un hélicoptère, il saute en parachute fixé dans un harnais sous le ventre de son maître. Le binôme homme-chien est inséparable, c’est le maître qui porte à son chien sa gamelle du soir. Même cette action elle aussi est codifiée : le maître pénètre dans le chenil où le chien est seul – les chiens sont toujours séparés- il pose la gamelle au sol. Le chien doit rester à distance, assis. Il ne touche à la gamelle que sur ordre de son maître.

« Il sait que la nourriture vient de son maître, et de lui seul, dit Laurent. C’est sa récompense, comme le jeu et le mordant sont une récompense. Le chien agit par attachement à son maître. S’il ne vous aime pas, il n’est pas gérable. A propos du mordant, je précise ceci : un des principaux modes d’expression pour un chien, c’est sa gueule. Mordre est d’abord pour lui un défoulement, un jeu, une récompense. Au cours des exercices au RAID, nous faisons ressurgir les instincts grégaires du Malinois, nous lui apprenons à mordre comme un prédateur. Au moment de l’assaut, c’est un loup qui attaque, mais un loup qui obéit. Toute la difficulté est de maintenir cet équilibre entre sa soumission au maître et les pulsions de prédateur que nous avons réveillés. Un chien trop docile peut présenter des failles lors d’un assaut, mais s’il n’est pas assez soumis à son maître il peut devenir incontrôlable. Or nous devons impérativement le contrôler, dans chacune de ses actions. C’est notre mission de maîtres-chiens du RAID, avoir un chien toujours opérationnel mais qui reste obéissant et sociable.

Deux commissaires à la tête de 100 fonctionnaires spécialisés

Pour le commissaire numéro 1 du RAID, nommé à la tête de l’unité il y a un an, après vingt ans de carrière dans la police judiciaire, le chien n’est ni plus ni moins qu’une composante de son unité, un élément du dispositif. Lors d’une opération, il ne doit pas être systématiquement en pointe.

Le patron du RAID n’est pas un spécialiste cynophile, il engage ses maîtres-chiens s’il juge qu’ils seront efficaces pour résoudre une situation, comme il fait appel aux artificiers, tireurs d’élite, spécialistes de la varappe ou aux psychologues chargés de dialoguer avec les forcenés.

Très réservé sur la nature et le nombre des missions confiées à ses quatre groupes d’intervention – le RAID est un service classé Secret Défense – il est cependant d’accord pour que la presse  se fasse écho de la redoutable efficacité des moyens dont il dispose, dans le but de dissuasion.

Pour le numéro 1 du RAID, le chien, dans certaines situations, est plus convaincant qu’une arme à feu :

« Les délinquants ou les forcenés sont souvent prêts à faire face à une arme à feu, car ils n’ont pas conscience de ce qu’une balle peut provoquer, pour n’en avoir généralement jamais reçu. Une morsure de chien, c’est une autre histoire. Presque tout le monde a un jour ou l’autre été mordu par un chien. Je me suis fait attraper le mollet récemment par un roquet en faisant du footing, je vous garantis que ça fait mal et qu’on a la trouille. Une morsure même légère provoque un choc psychologique, elle touche notre inconscient. Il arrive que l’on vise un forcené avec un fusil sans lui faire peur, alors si on le menace de lâcher sur lui un de nos Malinois, il dépose les armes. Nous n’en demandons pas plus. Et si nous sommes obligés de réellement engager le chien, l’individu s’en tire avec quelques coups de muselière de frappe ou une bonne morsure, et personne n’est tué. Car c’est aussi cela notre mission de patrons du RAID, à mon adjoint et à moi-même : faire un sorte de résoudre une situation de crise qu’un autre service ne peut pas résoudre, avec le moins de casse possible. Notre unité a eu trois morts et quatorze blessés par balles en quinze ans, c’est trop, mais dans les mêmes circonstances, des services de police non spécialisés auraient eu des pertes très supérieures. L’utilisation du chien d’assaut peut économiser des vies, nous l’avons vérifié. Lors d’un engagement, le chien prend tous les risques, j’en ai conscience. C’est parfois lui qui précède l’homme, surtout dans le cas d’urgence où nous n’avons que très peu de temps pour prendre position et engager le dialogue avec le forcené, ou sur un site difficile. Les choses vont très vite parfois, mais le chien aussi va très vite et crée la surprise. Je réponds à votre question sur l’emploi du RAID : cette force nationale est-elle réellement indispensable, alors qu’elle n’intervient que dans des situations extrêmes, et qu’il existe d’autres services de police spécialisés comme les GIPN régionaux ?

Frax-decore

Je dirai que le ministère de l’Intérieur a trouvé des motifs de créer cette unité. Même si les interventions spectaculaires et médiatisées sont rares, les missions de prévention antiterroriste sont nombreuses, notamment dans le cadre des déplacements de personnalités et de grands événements. Par ailleurs la police nationale doit être capable de couvrir toutes les situations. Je rappelle que nous ne sommes pas  un service de lutte contre la criminalité, mais spécifiquement et uniquement une unité de gestion des situations de crise. Un chien d’assaut n’est peut-être engagé que deux ou trois fois dans l’année, mais il est entraîné tous les jours, et il est prêt, comme tous les policiers de notre unité. Si un parachutiste du RAID avec un chien accroché sous le ventre ne sert que tous les cinquante ans, il a sa raison d’exister. J’ajoute que le RAID n’est pas seulement une unité de recherche, d’intervention et de dissuasion, elle a aussi une mission d’assitance comme l’indiquent ses initiales. Nous sommes également un laboratoire de veille technologique dans lequel  tous les moyens de maîtrise des individus dangereux sont étudiés, testés, sélectionnés et enseignés  aux autres services de l’Etat. La France exporte aussi ses connaissances à l’étranger où nous effectuons en moyenne vingt missions de formation par an. »

 

L’Officiel de la sécurité n° 09 – Septembre Octobre 2000

Reportage de Jean Depussé

 

Reportage « Avec les chiens du RAID »

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Inauguration du stand de tir du RAID

Fabien : 31 janvier 2013 19 h 35 min : RAID - Articles

« Intervention de M. Nicolas SARKOZY, Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire, lors de l’inauguration du nouveau stand de tir du RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion) à Bièvres (Essonne),  le 02 janvier 2007

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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Le RAID a été créé en 1985. Nous en avons célébré les 20 ans l’an passé et j’ai eu l’occasion, ici même, d’en rappeler les succès et les mérites. Il manquait toutefois à cette unité un outil de travail essentiel à l’accomplissement des missions qui sont les siennes : un stand de tir moderne et performant.

Ce n’est pas faute d’y avoir pensé et d’avoir dépensé beaucoup d’énergie.

Je ne reviendrai pas sur les péripéties immobilières qui ont émaillé ce projet au cours des dernières années. Les policiers du RAID, nous le savons, sont formés pour endurer les pires conditions, y compris celles engendrées par notre propre réglementation.

Ils ont réussi à venir à bout de ce dossier immobilier initié en … 1995, ce qui les rend aptes, après cela, à réussir à peu près n’importe quelle autre mission.

L’ouvrage que nous inaugurons aujourd’hui a donc été réceptionné en octobre dernier, soit quinze mois après le début des opérations.

A la réception du bâtiment, l’enveloppe financière consacrée à cet équipement se répartit entre 780 000 € d’étude, 4 200 000 € de travaux et 180 000 € de mobilier, soit un total de 5 160 000 € !

Le résultat est à la hauteur de l’engagement. D’une surface utile de 1 028 m2, l’ouvrage qui est livré aujourd’hui est remarquablement bien conçu et bénéficie des dernières avancées de la technologie en la matière.

Rappelons tout d’abord que ce stand fonctionne de manière classique avec des tirs concentrés dans le piège à balle, comme tout équipement de cette nature. Il est ainsi équipé de 13 cibles pivotantes et de 13 cibles basculantes.

Cependant, sa conception originale lui permet d’être également utilisé en configuration de simulation avec des tirs diffus à 360° pouvant ainsi s’effectuer dans toutes les directions.

Ce mode singulier d’utilisation rend possible la reconstitution d’un appartement de 100 m2 dans la salle d’évolution afin de recréer des simulations de pénétration en milieu clos.

La conception de la ventilation et de la soufflerie permet l’utilisation de fumigènes d’exercice alors que l’équipement sonore du stand contribue à la création d’effets lumineux ou sonores utilisables dans le cadre des entraînements.

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Enfin, cet ouvrage dispose également de moyens d’enregistrement audio et vidéo favorisant la réalisation de restitutions pédagogiques complètes et détaillées.

L’ensemble de ces fonctionnalités permet au RAID d’aborder à l’entraînement un large panel de types d’intervention qu’il lui était jusqu’à présent difficile de simuler. C’est un progrès considérable.

Mais ce qu’il me paraît essentiel d’évoquer aujourd’hui, c’est le fait que la livraison de cet équipement est avant tout le résultat d’un engagement collectif.

En effet, réalisé dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage directe, confiée au secrétariat général pour l’administration de la police de Versailles, le projet a été porté par la mairie de Bièvres, par la préfecture de l’Essonne et la préfecture de la région Île de France, la maîtrise d’œuvre incombant au cabinet d’architectes Fricout, alors que les travaux ont été réalisés par la société Bouygues – Bâtiment Île-de-France.

Les concepteurs de ce stand peuvent légitimement être satisfaits de ce qui a été livré. Sans doute le seront-ils encore davantage quand ils comprendront la fierté des policiers du RAID de pouvoir disposer d’un tel outil.

Je pense d’ailleurs que d’autres services de police pourront utilement tirer profit de cet investissement dont il faut optimiser l’usage dans un esprit de mutualisation au bénéfice de tous.

J’inaugurais il y a quelques semaines un nouveau commissariat de police dans l’Est de la France et j’évoquais la satisfaction des policiers de pouvoir travailler dans des locaux dignes de la mission qu’ils ont à remplir. La livraison de ce stand de tir fait intervenir les mêmes sentiments.

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En effet, appartenir au RAID, c’est aller au fond des choses, c’est se préparer à toutes les situations et s’exercer à les affronter, c’est constamment innover pour rechercher de nouvelles techniques d’intervention.

Le stand de tir qui vient d’être achevé avec les fonctionnalités ultra modernes que je viens d’évoquer constituera ce site d’entraînement, d’exercice  et de recherche qui faisait défaut jusqu’à présent ; il n’est pas présomptueux de parler à son égard de laboratoire des méthodes d’intervention pour l’ensemble de la police nationale.

Pour les hommes du RAID c’est un premier sujet de fierté de pouvoir enfin utiliser un outil adapté à ces exigences.

Par ailleurs, le RAID bénéficie aussi d’une renommée nationale et internationale avérée. Elle est justifiée et méritée.
L’utilisation d’un stand comme celui-ci, conforte ce positionnement et qualifie votre unité en termes de modernité et de recherche constante de l’innovation. L’image de performance que renvoie cet équipement au visiteur est pour vous un second sujet de fierté.

Je n’ai pas oublié l’année de notre première rencontre : 1993 et la prise d’otage dans l’école maternelle de Neuilly.
C’est à l’occasion de ce tragique événement que j’ai pu, sur le terrain, prendre conscience de votre valeur, de votre courage et de vos références : « servir sans faillir ».

Depuis lors, je me suis un peu approprié votre devise en cherchant à servir, sans faillir, la police nationale et la sécurité de nos concitoyens.

A la tête du ministère de l’intérieur je me suis engagé à donner à l’ensemble des policiers des moyens supplémentaires et à valoriser leur motivation. Je ne ferai pas une fois de plus le bilan de la loi d’orientation et de programmation sur la sécurité intérieure du 29 août 2002, vous le connaissez, il témoigne de ce que les objectifs ont été atteints.

Ils l’ont été également pour le RAID :

– son budget a été adapté à l’importance et à l’ampleur des missions qui lui sont confiées ;
– les effectifs ont été augmentés de 65 % en passant de 100 à 165 fonctionnaires et agents en quatre ans ;
– une indemnité spécifique vous a été allouée pour tenir compte de vos missions et de vos qualifications particulières ;
– enfin, pour répondre à cet accroissement des effectifs et au besoin de rénovation des locaux, une nouvelle tranche de travaux portant sur les premier et deuxième étages du bâtiment, est actuellement à l’étude. Je souhaite qu’elle aboutisse dans les meilleurs délais.

Ces nouveaux moyens qui vous ont été attribués, ces progrès réalisés, vous ne les devez qu’à vous-mêmes car vous avez su, par la qualité de vos interventions, par votre rigueur morale et la force de vos propositions, emporter notre conviction et justifier notre confiance.

Vous savez que la mienne vous était acquise depuis longtemps et c’est pourquoi j’avais eu tant de plaisir à vous remettre, il y a deux ans, votre drapeau, frappé de la devise du RAID.

C’est donc avec une satisfaction et une fierté renouvelées que je viens inaugurer ce nouveau stand de tir. Vous me permettrez ainsi d’évoquer et de partager avec vous ces valeurs auxquelles je suis profondément attaché, celles de courage, de dévouement, de rigueur et de discernement et que vous portez toujours aussi haut.

Elles vous ont permis de mener à bien, cette année, 4 interventions pour des prises d’otage, 22 assistances à d’autres directions, des missions de protections spécifiques, la participation à de nombreux grands événements et surtout une implication permanente dans la lutte anti-terroriste.
Nous vous devons, pour cet engagement constant, toute notre gratitude.

Enfin, parce que la période y est propice, mais surtout parce que je le pense sincèrement, je tenais à vous faire part de tous mes vœux pour vous et vos proches pour cette année 2007 qui je l’espère sera à la hauteur de vos espérances.

Je vous remercie. »

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Source : interieurgouv.fr

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Limay (78), le forcené de La Poste

Fabien : 30 janvier 2013 15 h 50 min : RAID - Articles

    « 14 septembre 2006

Le RAID est saisi à 16h00 par le DGPN pour une prise d’otage en cours, à l’intérieur d’une poste, à Limay dans les Yvelines.

Un malfaiteur, seul, retient cinq otages employés de La Poste ; il est armé et a engagé le feu sur des gendarmes qui s’étaient rendus sur les lieux. Le preneur d’otage aurait déclaré aux effectifs sur place se prénommer Aziz, sortir de prison et ne pas vouloir y retourner. Les otages ont réussi à s’échapper et à s’enfermer dans une autre salle. Le problème, c’est que l’individu a mis le feu et qu’ils commencent à  avoir des difficultés pour respirer. Ordre est donné aux policiers du RAID de forcer l’une des portes d’accès de La Poste dans le but de porter secours aux otages. Lors de leur progression, les hommes du groupe aperçoivent l’individu au fond de la pièce , il tient une arme à la main et prie à haute voix. Il reste sourd aux injonctions des policiers, lui intimant l’ordre de posr son arme. Puis, il pointe l’arme en direction des policiers et tire ; la riposte est immédiate, l’homme s’écroule. Les otages sont sains et saufs.

 

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Récit de David Brou, intervenant sur les lieux

« Ce  jour-là, nous étions en pleine démonstration NRBC (Nucléaire Radiologique Biologique Chimique) pour le DGPN sur le site de Bièvres.

Ces démonstrations font aussi partie du travail des raiders afin de promouvoir notre savoir faire et montrer à notre hiérarchie que l’argent qu’elle investit n’est dépensé inutilement !

Ce 14 septembre 2006 , je suis désigné comme « plastron » pour cette démonstration. En effet, je fais partie des derniers arrivés et c’est normal que ce rôle revienne aux nouveaux ! Ce que  j’accepte bien volontiers.

Je joue le rôle d’un forcené retranché dans une maison, en possession d’un engin piégé susceptible d’être considéré comme  bactériologique. Donc, une fois interpellé, je dois passer à la décontamination… ; c’est-à-dire que l’on me met nu et que l’on me passe sous un produit neutralisant les éventuels radioactifs. D’où l’hilarité de mes camarades à l’idée de me voir nu devant un parterre d’officiels !

La simulation se déroule normalement quand, tout à coup, alors que l’on me dirige vers la tente de décontamination, le patron stoppe l’exercice et nous signale qu’une prise d’otage est en cours dans un établissement bancaire dans les Yvelines. Quelques minutes plus tard, notre kobbi nous confirme l’information.

Je cours me changer, car j’étais en civil pour l’exercice, et je fais partie de l’alerte. Cette semaine, je suis sniper, je prends tout de même mon équipement complet. Une intuition…

Tout en m’équipant, je me dis que cette fois, ça y est, j’y suis, c’est pour ce genre d’intervention que je suis venu au RAID !

C’est peut-être puéril, mais aller sauver la veuve et l’orphelin retenus par un malfaiteur fait monter en moi un sentiment d’excitation comme un gosse qui  joue au gendarme et au voleur… Sauf que là , on ne joue pas… c’est pour de vrai, avec de vraies balles.

Nous quittons Bièvres sous les yeux des spectateurs qui apprécient notre organisation quasi militaire pour la formation du convoi.

Sur la route, nous avons des informations un peu plus précises. Il s’agit d’un récidiviste qui a tenté de braquer  La Poste de Limay. Un employé a réussi à avertir la gendarmerie toute proche. Les militaires ont essuyé plusieurs fois les tirs du forcené. Il n’y a aucun blessé à déplorer, heureusement.

 Dans le monospace des sinpers, j’observe « La Mouche (Jean  DR), un ancien légionnaire du 2°REP, excellent tireur fusil qui fait partie des solides du service. Il est calme et concentré, ce qui ne nous empêche pas d’écouter un bon vieux morceau rock que crache la radio FM !

Nous arrivons pratiquement sur place et  je vois La Mouche abaisser sa cagoule. C’est le signe que nous arrivons. Je l’imite.

En effet, sur place, comme d’habitude, un périmètre de sécurité est constitué et je vois le regard de tous nos collègues et des badauds qui sont agglutinés autour des rubans « POLICE ». Dans leurs yeux, on peut lire un mélange de curiosité et d’inquiétude. La machine est bien huilée ; le groupe d’urgence se forme rapidement et prend place autour de La Poste pendant que les snipers se munissent  de leurs fusils et se répartissent les façades à couvrir. Je suis placé à la façade Alpha ; c’est-à-dire l’entrée principale.

Alors que « Gary » un armurier (l’un des meilleurs snipers du service) se met en place sur la façade Delta, il essuie un coup de feu de la part du braqueur qui a pour effet de briser la vitre du premier étage.

Nous savons que le forcené retient plusieurs otages (entre 4 et 6) et qu’il vient de mettre le feu à une poubelle. Effectivement, je vois de la fumée qui s’échappe des fenêtres de ma façade.

J’organise mon poste de tir avec l’aide d’un collègue de la BREC Versailles, arrivé avant nous sur les lieux. C’est Arnaud S, un camarade de promo de l’école de police !

Eh oui, le hasard fait bien les choses. Il me découpe le grillage du jardin dans lequel je me suis installé. Je le couvre avec mon ultima ratio. Je suis proche, à moins de 30 mètres. A cette distance, ce sera aisé, s’il faut engager le tir. Je m’y prépare mentalement.

Une fois le grillage découpé, je prends une position stable et confortable, car, pour moi, cette intervention va durer toute la nuit. Il est à peine 17h30.

Je suis attentif  aux informations que nous transmet François Bénas, notre command opérationnel. C’est lui qui dirige les intervenants. Il collecte les renseignements et nous les distille.

J’ai en face de moi un binome qui est en charge de la porte d’entrée de La Poste. Il s’agit de Patrice A. et de Florent P., deux gabarits très différents mais complémentaires. Malgré sa corpulence fluette, Patrice fait partie de l’équipe de rugby du RAID, sans démériter. Il est également spécialiste varappe. Quant à Florent, il est issu des mêmes sélections que moi. C’est un boxeur redoutable, membre de l’équipe de full-contact pendant plusieurs années. Il est arrivé avant moi au service et m’a pris sous sa coupe en boxe ; ce qui m’a valu plusieurs combats virils et deux KO mémorables.

Depuis, c’est devenu un ami. Je ne suis pas rancunier !

Je suis installé depuis quelques minutes et j’aperçois le forcené à la fenêtre. Il tient une arme de poing à la main. Il regarde le dispositif que nous avons mis en place. Immédiatement, je le signale à la radio et l’observe dans mon réticule. La réponse n’a pas le temps d’arriver qu’il est déjà reparti dans la fumée de l’incendie. Je m’informe sur la consigne à suivre, si au demeurant, il réitérait son geste… pas de réponse…

L’incendie cesse un moment, on nous informe d’une possible reddition.

Heureux dénouement puisque nous ne sommes présents sur les lieux que depuis 1h30. Puis, de nouveau, c’est le silence. Soudain, j’aperçois une fumée épaisse qui sort du premier étage , ce qui présage un incendie important. Je le signale au chef opérationnel qui me confirme qu’il voit également  la fumée. Dans le même temps, le forcené vient à la fenêtre, toujours armé. Je place le croisillon de mon réticule sur lui. Je suis prêt à appuyer sur la queue de détente si on m’en donne l’ordre. Je le signale à la radio. Toujours pas de réponse. Ma radio me ferait-elle défaut ? Je ne le saurai jamais.

Les pompiers sur place craignent pour la vie des otages. D’autre part, des propos alarmistes nous viennent de la poste. Les otages contactent leurs amis à l’extérieur et affirment avoir de plus en plus de difficultés à respirer. Très rapidement, le chef opérationnel décide de donner l’assaut.

Il est décidé de constituer un renfort d’intervenants avec les snipers qui constitueront un groupe d’assaut.

Je file au monospace pour m’équiper en « lourd » ; c’est-à-dire revêtir les équipements de protection balistique les plus efficaces. Je vais laisser mon fusil de sniper pour m’équiper  d’un G36, un fusil d’assaut d’une grande capacité de feu (30 cartouches en calibre 5.56).

Je retrouve mes collègues snipers dont La Mouche qui , comme à son habitude, est serein.

Nous sommes prêts en même temps et nous attendons William F. qui a des problèmes avec son gilet tactique. Nous l’aidons et nous nous précipitons sur la façade Delta, l’entrée du centre de tri, là où le forcené est censé se trouver !

Je cours comme jamais je n’ai couru avec autant de matériel sur le dos, mais la concentration prend le dessus sur la précipitation. Je suis premier malgré mon entorse à la cheville suite à un combat viril avec Florent. Je suis suivi  par La Mouche et de William F.

Nous parcourons rapidement la distance qui nous sépare de la porte d’entrée du centre de tri, en passant devant la porte principale où nous constatons que l’incendie redouble d’intensité.

Arrivé sur place, je vois Laurent D., dit « Dauv ». Il est du groupe effraction et vient tout juste  d’ouvrir la porte du centre de tri. Ca n’a pas été trop difficile, la directrice de La Poste lui a donné le code !

J’emboîte le pas du groupe d’assaut constitué de 5 personnes sous les ordres du commandant J-M Giraud, le chef du groupe para auquel j’appartiens. Avec les snipers, nous sommes 9 et nous pouvons faire face au forcené solidement.

En entrant, nous nous éclatons (technique professionnelle qui permet d’investir une pièce), comme nous l’avons si souvent répété à l’entraînement, j’aperçois le forcené qui se trouve derrière une grande table de tri et qui prie en langue arabe.

Nous lui intimons l’ordre de lever les mains mais il semble déconnecté de la réalité et ne rien entendre de nos injonctions couvertes par ses « Allah Akbar ».

Je suis le dernier à pouvoir entrer dans la salle. La Mouche et William  sont derrière moi. Je suis en face du forcené et l’équipe d’assaut s’est déployée sur sa droite. Le binôme de tête est composé de Florent et de Jean-Marc . Tout le monde crie pour impressionner le braqueur qui monte lui aussi le volume de ses prières. Je sens qu’il est déterminé et qu’il ne se rendra pas. Mes collègues ont tous à la main leurs armes de poing Glock 17. Je décide de garder mon G36 pour une puissance de feu supérieure.

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Quand tout à coup, le forcené se saisit de son arme de poing qu’il avait sur les genoux et tire sur Florent qui a un geste professionnel en se protégeant  avec le bouclier pare-balles. Florent riposte dans le même temps, en le touchant au bras armé. J’engage le feu et je tire, une seule fois, je touche le forcené à l’abdomen. Lentement il tombe de sa chaise sous la table de tri. Je regarde Florent pour savoir s’il n’est pas blessé. Je le vois progresser avec Jean-Marc en direction de l’individu.

Je m’accroupis. Je vois que le braqueur est toujours vivant et qu’il reprend son arme dans un dernier souffle pour tirer sur le binôme qui progresse. Alors que je vais faire feu une deuxième fois pour protéger Florent et Jean-Marc, trois coups de feu retentissent et c’en est fini de lui.

Jean-Marc vient de le neutraliser définitivement. L’homme s’éteint rapidement. Il est mort en guerrier comme il le souhaitait apparemment.

Nous ne voyons toujours pas les otages et la fumée se fait de plus en plus épaisse. Soudain, un collègue réagit : « Les otages ! »Nous nous précipitons vers notre gauche, vers les toilettes, et découvrons que les portes des trois wc sont verrouillées. Grâce aux cours de « Patu », les portes s’ouvrent d’un seul coup de pied et nous apercevons les otages terrorisés parce qu’ils viennent de vivre. Pour ma part, je suis en face d’une dame corpulente qui hurle car je lui fais peur avec ma cagoule et toutes mes armes. Elle est apparemment en crise de nerf. Je suis obligé d’être virulant afin de là et de la remettre au SAMU. Qu’elle m’en excuse si elle lit ces lignes aujourd’hui !

L’intervention n’est pas finie pour autant car un autre groupe dirigé par Régis V. mon major de groupe, un homme pour qui j’ai beaucoup d’estime, est à l’étage pour libérer les otages enfermés dans la salle des coffres. Ils ont des difficultés car la fumée  est épaisse  et ils ne sont pas munis d’appareils respiratoires (après cette intervention il sera décidé d’équiper le fourgon d’alerte d’ARI).

Le forcené a également dit qu’il était porteur d’une grenade et d’un fusil à pompe. Comme son corps repose sur le ventre avec une main cachée, nous prenons toutes les précautions pour retourner sa dépouille. Nous aurons beaucoup de mal à le manipuler délicatement.

Nous ne trouverons pas de grenade sur lui.

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Une fois tous les otages lilbérés,  nous effectuons une visite de sécurité afin de laisser place aux pompiers et  à nos collègues de la Police Judiciaire.

Il est 19heures passées, et l’assaut a duré moins de trois minutes mais cela m’a semblé une éternité. Je suis heureux qu’il n’y ait pas de blessé  chez les otages ni chez nous. Je regarde Florent d’un air complice, heureux qu’il soit sain et sauf. Nous regardons son bouclier qui est intact. Nous sommes étonnés de ne pas retrouver d’impact de balle.

Je suis déçu car, malgré mon tir, notre adversaire a réussi dans un ultime sursaut à reprendre son arme. On nous a pourtant appris à saturer le tir tant que l’adversaire n’est pas neutralisé. Comme quoi, aucun entraînement , même poussé à l’extrême, ne vaut une intervention réelle.

Nous voyons arriver tous les officiels, préfet, procureur, DDSP, DDPJ etc. Je me souviens du soulagement du Procureur de la République qui nous a immédiatement confirmé que nous étions en état de légitime défense.

Notre travail est terminé. Un homme est mort. Les 6 otages sont libérés. Nous retournons à nos véhicules devant une foule massée autour du cordon de sécurité. J’aperçois les voitures de journalistes qui arrivent. Trop tard pour le scoop.

Alors qu’avec le groupe de sniper nous nous déséquipons, une jeune et jolie femme d’origine maghrébine m’interpelle en me demandant où est son frère Aziz. « C’est lui qui est dans La Poste ! » me dit-elle !

Elle ne le sait pas, mais son frère est mort, et elle parle à l’un des hommes qui a ouvert le feu sur lui.

Après un moment d’hésitation, je la dirige vers les autorités. Après tout, c’est leur rôle. Elle me remercie poliment. Je garderai toujours cette image en tête.

Nous rentrons au service. Il est environ 21 heures. Je pensais y passer la nuit or cette intervention  n’a duré que 2 heures. Je consulte mon répondeur qui  est saturé de messages de collègues et amis qui ont eu connaissance de cette intervention par l’intermédiaire des médias. J’appelle mes parents et mon fils pour les rassurer.

Le lendemain, nous serons reçus par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, place Beauvau pour être félicités après la réussite de notre intervention.

Voilà. C’est fait. J’ai dû abattre un  homme, mais il ne nous a pas laissé le choix. Il a choisi sa mort.

Je n’ai pas de remords ni de scrupule. J’ai fait mon travail. J’ai libéré des otages en danger de mort.

C’est pour cela que je suis venu au RAID, c’est pour cela que je suis flic ! » »

Chapitre du livre de Robert Paturel « Les Mémoires du RAID », avec son accord

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Challenge URBAN SHIELD, quand le RAID se mesure aux SWAT

Fabien : 16 janvier 2013 19 h 23 min : RAID - Articles

« Fin octobre 2009 se tenait le célèbre challenge URBAN SHIELD, à ALAMEDA, dans la région de San Francisco. Cette compétition  de réputation internationale demeure la référence en matière de mise à l’épreuve de groupes d’intervention et de leur pratique professionnelle. Cette année, pour la première fois, l’unité d’élite de la police nationale française, le RAID, a eu l’immense privilège d’être choisie pour se confronter à 26 unités SWAT américaines, au cours d’un véritable marathon composé de 25 épreuves durant 48 heures non-stop.

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Arrivée quelques jours avant le challenge URBAN SHIELD sur le sol américain, l’équipe du RAID, composée de huit policiers (et d’un remplaçant), a tout d’abord rencontré le SWAT du Los Angeles Police Department. Elle a assisté à plusieurs démonstrations, et elle a été  impressionnée  par l’armurerie et le parc automobile  de l’unité… Le lendemain, les policiers français ont retrouvé, à Oakland, leur patron, le commissaire divisionnaire Amaury de Hautecloque, et son adjoint, le commissaire Jean-Pierre Després.

Lors de la première réunion de travail avec le shérif Grégory J. Ahern, du comté d’Alameda, qui a organisé le challenge, un descriptif  de chaque scénario, accompagné de la carte de la baie de San Francisco, a été remis à l’équipe. Celle-ci a aussitôt établi une stratégie adaptée à chaque épreuve et elle a réparti les postes en fonction des spécialités de chacun : négociation, technique, secours, sniping, effraction, canine, etc.

La veille des épreuves, les 27 équipes engagées se sont retrouvées à Dublin pour un grand briefing. Les organisateurs ont présenté l’ensemble des mesures à respecter, notamment les règles de sécurité, les principes d’engagement, les procédures d’intervention en milieu contaminé, et la perception des armes et des équipements.

Une mention particulière  a été donnée au contrôle médical, lequel sera omniprésent pendant toute la compétition : avant le départ, les policiers ont été pesés, et les principales données physiologiques recueillies. Un premier point de contrôle était prévu après quinze heures de challenge, puis un deuxième à la 30° heure et un dernier à la 44° heure.

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Chacune des 25 épreuves, dont les scénarios étaient élaborés à partir des interventions réelles vécues, était notée sur une échelle allant de 0 à 125 points, en tenant compte des critères suivants : commandement (21 points), demande de renseignements (12 points), planification des opérations (24 points), coordination (12 points), évolution tactique et travail d’équipe (15 points), et résolution de la crise (26 points).

Le samedi 24 octobre à l’aube, les équipes de l’URBAN SHIELD se sont présentées sur les différents lieux répartis autour de San Francisco, pour affronter la première épreuve (après tirage au sort).

A noter que la première épreuve commencée, aucun remplaçant ne pouvait intervenir, les huit équipiers  devaient impérativement terminer ensemble la compétition.

Particulièrement réalistes, les épreuves se sont révélées très tactiques et d’un très haut niveau, nécessitant  des qualités hors du commun tant sur le plan physique que sur le plan professionnel, mettant ainsi en exergue les qualités et valeurs incarnées par ces unités d’élite.

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L’URBAN SHIELD était constitué de 25 situations à hauts risques. Voici, en résumé, quelques-unes d’entre elles :

– Intervention de secours à un officier et interpellation de trois suspects, avec l’appui d’une brigade canine. Sur cette épreuve, le RAID a été sévèrement noté en raison du temps perdu à la sécurisation des lieux avant d’envoyer le chien (retard dû à la différence de législation : aux États-Unis, les policiers peuvent lâcher l’animal pour trouver le suspect après une seule sommation) ;

– Intervention sur des terroristes, avec utilisation de fumigènes et sécurisation de la progression avec miroir et caméra thermique ;

– Assaut d’un groupe de terroristes, sous la protection de snipers ;

– Pénétration dans un tribunal, avec de nombreux blessés à évacuer, et interpellation des suspects alors qu’ils tentent de s’enfuir à bord d’un véhicule contenant un véritable arsenal de guerre ;

– Prise d’otages de deux militaires dans un lieu sécurisé de l’armée américaine, avec tentative de fuite des terroristes avec un … char d’assaut ;

– Intervention dans un immeuble commercial ;

– Sur une zone de crise, progression avec un véhicule médical blindé ;

– Intervention à Hayward où plusieurs officiers de police sont à terre après une fusillade avec des braqueurs de banque armés de fusils mitrailleurs ;

– Epreuves NRBC, avec combinaison, masque et bouteilles d’oxygène ;

–  Prise d’otages à bord d’un bus, puis fuite des agresseurs avec le véhicule dans un garage  souterrain où un des policiers de l’équipe sera considéré comme blessé ;

–  Neutralisation d’un kamikaze muni d’une ceinture d’explosifs. Travail en collaboration avec les démineurs équipés d’un robot avec caméras et bras articulés ;

–  Prise d’otages dans un avion, avec assaut simultané à l’avant et à l’arrière de l’appareil ;

– Intervention dans un bateau, puis dans un train ;

– Intervention avec le Secret Service suite à l’attaque du convoi du président des États-Unis, exfiltration de la personnalité, neutralisation de snipers, etc. ;

– Intervention sur un campus où un tireur a fait un carnage ;

– Progression dans le noir, avec matériel de vision nocturne ;

– Épreuve  sportive avec tir, parcours du combattant, course de 5 km, etc.

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Après ces 48 heures de compétition non-stop, le RAID a réussi à se hisser à la cinquième place du classement  général, avec  2826 points sur un total de 3125, score particulièrement honorable qui prouve le savoir-faire français en matière d’intervention. On peut néanmoins signaler quelques difficultés rencontrées principalement au cours des traductions (entraînant un manque de spontanéité dans l’exécution de certains scénarios) et dans l’approche et l’analyse de l’intervention, dues à une législation différente sur l’emploi des armes. Il est quand même important de préciser que notre équipe nationale a terminé à la première place dans sept des 25 épreuves : parcours sportif, intervention avec appareil de vision nocturne, épreuve NRBC, intervention nautique, assistance au Secret Service suite à l’attentat contre le président des Etats-Unis…

L’URBAN SHIELD 2009, remporté par l’Oakland Police Department’s Tactical Operations Team, s’est terminé par une cérémonie de remise des prix qui s’est voulue à la hauteur de l’événement : sur le pont du porte-avion USS Hornet.

 

Tiré de Police Pro n°20 – Janvier Février 2010

Texte de Dominique Noel

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1° partie



2° partie


3° partie


4° partie


5° partie


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