RAID – Articles


Entretien avec le Commandant Michel Marie, négociateur du RAID (PARIS MATCH – article de 1998)

Fabien : 9 novembre 2012 18 h 37 min : RAID - Articles

Paris Match : Le film « Négociateur » sorti récemment sur les écrans, dépeint, pour la première fois un homme dont le rôle est généralement plus discret. Quelle est sa fonction précise ?

Michel Marie : Apporter une assistance à la gestion d’incidents graves tels que prises d’otages ou forcenés. C’est l’autre volet de la mission générale du RAID qui comporte aussi la lutte antiterroriste.
Pour répondre précisément, nous parlons chez nous non pas d’un « négociateur » mais d’une « équipe de négociation » constituée, pour le noyau dur, du chef du RAID ou son adjoint et de moi-même, entouré d’un petit groupe aux compétences variées (médecin, psychologue, etc.) mais si quelqu’un d’extérieur à cette équipe se révèle utile, nous n’hésiterons pas à l’intégrer. Le rôle de notre médecin, par exemple, n’est pas seulement d’assister médicalement, mais aussi de conseiller, de nous donner une « couleur » de la situation stratégique, complémentaire de celle que nous percevons. Il est aidé en cela par des années de pratique au sein de services d’urgence, complétées par des formations en traumatologie. Par ailleurs, il est moniteur de plongée et breveté parachutiste ! Le nôtre a été confronté en 1992 à un homme reclus dans un schéma de type « fort chabrol » qui,terrorisé par les policiers de l’Antigang, avait appelé le SAMU à son secours ! Après une dizaine d’heures de négociation et rassuré par la présence de l’homme en blanc, il s’est finalement rendu à lui, sans aucune violence.

PM : Etes-vous intervenu dans des cas où c’est un policier spécialisé qui se retrouve dans la situation du forcené preneur d’otages ?

MM : Pas au RAID, mais c’est déjà arrivé en France, avec un agent de la force publique ou un militaire. Cela ne change rien à notre analyse et à notre comportement. Il ne faut pas oublier que mon travail est pour moitié de préparation, pour un quart de mise en scène et pour 25% d’exécution. Avant tout, je dois comprendre qui est l’individu et pourquoi il en est arrivé là : conflit familial ou professionnel, problème de santé, etc.. Sauf cas exceptionnels, la famille ne sera pas utilisée directement dans la négociation, contrairement à ce qui est montré au cinéma, mais seulement comme un élément important dans la constitution du profil de l’individu.

PM : Un négociateur peut-il s’opposer violemment au responsable de l’unité d’intervention quant à la marche à suivre ?

MM : Cela ne peut arriver chez nous. Aux Etats-Unis, les négociateurs sont totalement coupés, dans leur structure même, de l’unité d’intervention. Ce sont des médiateurs. Leur rôle est souvent de préparer le terrain à l’intervention. En France, la cellule de négociation fait partie intégrante du groupe. Et le premier souci du RAID est de résoudre les situations de crise sans effusion de sang. Outre-Atlantique, le chef de groupe d’intervention ne négocie jamais. D’ailleurs, les policiers américains ont tiré les leçons de leurs échecs et se montrent très intéressés par nos méthodes. Le massacre de la secte Waco a été dans ce cadre une sorte de révélateur.

PM : Comme aux Etats-Unis, la direction des opérations peut-elle passer successivement de l’unité d’assaut aux négociateurs, puis au FBI ?

MM : En France, seul le Préfet – représentant de l’Etat- est responsable. Il est clair que lorsque le RAID est appelé à intervenir sur ordre du Directeur Général de la Police National, c’est que l’on a affaire à une situation particulièrement complexe et dégradée. Même si nous nous « approprions » le territoire de crise, nous travaillons en coordination avec l’autorité, que nous informons minute par minute. En quatorze années de RAID, je n’ai jamais été confronté à une opposition entre notre analyse et la prise de décision finale. Encore une fois, l’objectif pour nous tous est de préserver la vie non seulement des otages, mais aussi du forcené. Nous l’avons payé cher en perdant deux de nos hommes, Christian Caron et Fernand Seither, lors d’une intervention de ce type , à Ris-Orangis en août 1989, au cours de laquelle notre « adversaire » a eu la vie sauve.

PM : Vous avez rappelé qu’en France, la négociation est toujours la voie privilégiée. Pourtant les deux tiers des affaires sont résolues par une intervention…

MM : Même si mon travail n’avait pu sauver qu’une seule vie, je crois qu’il serait déjà, en cela, fondamental. Et puis, intervention ne veut pas dire mort du preneur d’otages. Lorsque c’est le cas, l’ensemble du service ressent avec amertume, comme un échec. Mais au regard de l’analyse à froid de l’enchaînement des faits, cette disparition est toujours apparue inéluctable.

PM : Il arrive que les otages subissent le syndrome de Stockholm et passent du statut de victime à celui de complice. Est-ce que cela complique votre tâche ?

MM : Pas dans un premier temps, puisque, compte tenu de cette relation paradoxale de sympathie, les chances de l’otage de rester en vie augmente. Mais ensuite, la position de « méchant » que prennent les policiers peut provoquer chez les victimes des attitudes de « complicité » avec le criminel, pouvant aller jusqu’à dénoncer nos éventuels plans d’action.

PM : Ce syndrome peut-il atteindre le négociateur lui-même ?

MM : Je ne le crois pas. Au cours des conversations, il peut naître une certaine sympathie, mais arriver à considérer ses collègues comme des ennemis appartient heureusement au domaine du cinéma.

PM : Lors du premier contact physique avec le forcené, ressentez-vous un sentiment de peur ?

MM : C’est le premier contact téléphonique qui est le plus dur. On a la bouche sèche comme pour un exposé à la fac. Va t’on parvenir à établir cette nécessaire relation avec l’adversaire ? Le contact physique s’inscrit dans une logique de réédition que l’autre a déjà mentalement admise. La peur, on la ressent au démarrage et après le dénouement, jamais pendant. Dans l’affaire H.B, je suis entré le premier dans la salle de classe pour tenter de nouer le dialogue avec lui. En voyant les enfants cet homme cagoulé, dissimulé dans la pénombre, je peux dire que j’ai eu peur pendant une dizaine de secondes. Et puis, le naturel est revenu au galop !

PM : Rétrospectivement, avez-vous eu, dans certaines affaires, le sentiment d’avoir risqué votre vie ?

MM : Ma fonction, comme celle de mes collègues, n’est pas de finir en héros ! Il nous est arrivé cependant d’avoir ce sentiment. Pendant l’affaire H.B, évidemment. Mais il y a eu d’autres cas, d’apparence plus banale, comme celui de ce forcené retranché depuis trois jours au dixième étage d’un immeuble et qui menaçait de se jeter dans le vide. Il était à la fois sous l’emprise de médicaments et d’alcool. Par un concours de circonstances, je me suis retrouvé prisonnier, seul et non armé, de cet homme qui me menaçait d’un tournevis. Pendant une fraction de seconde, je me suis demandé : « Comment cela va-t-il tourner ? » Et puis on a réussi à discuter jusqu’au petit jour, et il s’est rendu.

PM : Qu’est ce qui vous permet de supporter le stress que vous subissez depuis quatorze ans ?

MM : Dans mon travail, il y a aussi l’acquisition de connaissances dans des domaines aussi variés que la stratégie, la dynamique de prise de décision, la psychiatrie criminelle… Mon job est en fait celui d’un perpétuel étudiant en sciences humaines (rires). L’autre motivation, la plus importante, est le rôle de régulateur social. Avant le RAID, j’ai fait dix ans de commissariat durant lesquels 80% de mon temps étaient consacrés au service public. Au RAID, unité d’élite, c’est la même chanson, mais dans des conditions extrêmes. C’est ce caractère particulier des situations que nous vivons qui nous donne la force nécessaire. L’état de crise génère une énergie pure : les choses deviennent simples, presque manichéennes. Les individus se dépassent et font preuve de capacités véritablement extraordinaires. Cela ne nous rend pas toujours facile le retour à la vie normale.

PM : Comment votre épouse et vos quatre enfants vivent-ils ce travail hors du commun ?

MM : Mon épouse l’admet mieux aujourd’hui qu’hier. Elle s’habitue, enfin, je le pense. ..Mes enfants comprennent plus ou moins bien, selon leur âge, le rôle qui est le mien. Ils ont un papa à la fois policier, conférencier, représentant du RAID à l’étranger (nos techniques s’exportent bien !) et musicien. Ce n’est pas simple à gérer pour les plus jeunes. A la maison, je suis toujours très détendu. J’aime lire les grands philosophes en particulier Baltasar Gracian, le jésuite rebelle du XVII° siècle mais aussi des romans. Le premier patron du RAID, Ange Mancini, disait : « Privilégier la négociation par rapport aux armes, ce n’est pas préférer les mots aux armes mais choisir les mots comme une arme »

PM : Vous avez participé à près de 200 interventions. Quelle a été la plus difficile pour vous ?

MM : L’affaire HB, sans aucun doute. Vingt et un gamins séquestrés dans une classe de maternelle. Quarante-six heures, sans une minute de sommeil. Dans un premier temps, j’ai pensé que c’était un déséquilibré qui pourrait se transformer en « mass murder ». En arrivant, nous avons peu d’éléments : huit feuillets tapés sur un ordinateur à l’intention du ministre de l’intérieur Charles Pasqua. Ensuite, on voit sur la porte de la salle de classe une étiquette format A4 : « Si la police entre, je fais tout sauter ». Les tireurs observateurs postés à l’extérieur nous informent de la présence d’étiquettes identiques sur les fenêtres de la salle. L’analyse immédiate des huit feuillets révèle que nous avons affaire à un individu supérieurement intelligent, extrêmement précis, cohérent, à tendance paranoïaque. Le caractère d’imprimerie utilisé, l’Arial, peu employé dénote une personnalité méticuleuse et sans fantaisie aucune. Son deuxième texte et ses revendications financières irréalistes soulignent l’aspect paranoïaque avec, en outre, une phase ascendante de délire. Dès 10 heures du matin, j’avais pu, grâce à un petit périscope, voir l’homme agenouillé au fond de la salle, un sac ouvert devant lui. Sur ce sac, il y avait une planchette en bois avec des fils électriques et des bâtons d’explosifs. L’affaire était de toute évidence extrêmement grave et allait certainement durer. J’ai demandé alors au chef du RAID, Louis Bayon, l’autorisation d’entrer en contact avec H.B pour amorcer la négociation. Je me présente devant la porte, portant ma combinaison noire, sans arme ni gilet pare-balles. Je frappe, entrouvre la porte, montre mes mains et me présente. Lui, d’un geste énergique, me fait signe de sortir. Je tente d’insister, il me montre à nouveau la porte. Sans un mot. Je lui propose alors de communiquer par écrit dans un délai de cinq minutes. Le délai écoulé, je lui propose l’installation d’un téléphone pour que les enfants puissent parler avec leurs parents. Il accepte. Je reviens dans la classe et commence à converser naturellement avec la maîtresse et les enfants, en plaisantant pour détendre l’atmosphère. Louis Bayon prendra peu de temps après le relais du dialogue.

PM : Que devient votre rôle à ce moment-là ?

MM : Je décide de m’occuper des parents, 50 à 60 personnes rassemblées dans le gymnase. Il y a là toute la palette des comportements humains. Celui qui veut résoudre lui-même la prise d’otages, les crises de nerfs, mais aussi la confiance en la police. C’est une autre négociation que de m’imposer à eux.

PM : Avez-vous pensé dès le début que cette affaire pourrait avoir une issue pacifique

MM : Dans ce type d’affaire, on ne se projette pas dans l’avenir. On se coupe de tout ce qu pourrait « distraire » la concentration nécessaire. Pendant ces deux jours, je n’ai pas téléphoné chez moi. Du début à la fin, nous nous sommes trouvés dans une situation paroxystique avec le risque à tout moment d’une explosion volontaire ou non. Cela aurait entraîné la mort des otages, mais aussi probablement celle de l’équipe du RAID, présente à quelques mètres. Ensuite, tout s’est enchaîné d’une manière non programmée avec la conclusion que l’on connaît.

PM : Qu’avez-vous ressenti à la libération des enfants ?

MM : D’abord un sentiment de soulagement et, immédiatement après, une peine immense pour cette issue fatale. Et puis la joie intense d’annoncer aux six couples restés sur les lieux que leurs enfants étaient sains et saufs. Ils m’avaient fait une confiance totale, et notre contrat était respecté. En cas d’échec, mon rôle aurait été aussi d’informer les familles. Je ne l’oubliais pas. Ensuite, de retour au « bureau », la famille du RAID est restée entre elle jusqu’au soir, avant de regagner ses foyers respectifs. La suite allait nous démontrer qu’il est plus difficile de gérer une victoire que d’assumer une défaite. »

Article de « PARIS MATCH » publié lors de la sortie du film « Le négociateur » en 1998, entretien avec le Commandant Michel Marie, négociateur au RAID.

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Les patrons du RAID

Fabien : 9 novembre 2012 16 h 10 min : RAID - Articles

Ange Mancini : 1985-1990

Ange Mancini est entré dans la Police par la petite porte, en 1963 à l’âge de 19 ans en tant que adjoint administratif contractuel. Trois ans plus tard, il est officier de police adjoint et après sept ans il devient commissaire. Il travaille avec le Commissaire Robert Broussard en Police Judiciaire.

Il est nommé commissaire divisionnaire, directeur de la PJ d’Ajaccio où il retrouvera le commissaire Broussard. C’est pendant cette période que les comparses évoqueront la création d’un groupe d’intervention national. Le projet est lancé quelques années plus tard et en 1985, le RAID est crée avec Ange Mancini à sa tête. Les missions vont s’enchaîner : la prise d’otages au palais de justice de Nantes, l’arrestation des membres de Action Directe mais aussi la triste opération de Ris Orangis qui se soldera par la mort de Christian Caron et Fernand Seither. Il quittera le RAID peu après ce drame et occupera des postes tels que chef du Service de coopération internationale de police (SCTIP) et plusieurs en tant que préfet. En Novembre 2011 il est nommé en Conseil des ministres coordonnateur national du renseignement.

Louis Bayon : 1990-1996

Louis Bayon a dirigé le GIPN de Rennes avant de prendre le poste de chef du RAID en 1990.

Sa première mission sera de résoudre une mutinerie avec prise d’otages à la prison de Fresnes. Suivront des forcenés, d’autres mutineries et interpellations (commandos basques d’Iparretarrak ou de l’ETA militaire) , « Human Bomb » (prise d’otages d’enfants dans une école maternelle à Neuilly le 13 Mai 1993). Après les attentats dans le métro parisien e 1995, le RAID est engagé dans des missions de surveillance-filature et interpellation d’extrémistes islamistes. Le service sera pris sous les tirs « du gang de Roubaix » et sera, malheureusement, une nouvelle fois endeuillé par la mort du Capitaine René Canto en Corse. Louis Bayon poursuivra sa carrière à la Direction Centrale de la Police Judiciaire comme chef de la 4° division. En 2002, il endossera les fonctions de coordinateur des GIR avant de quitter définitivement la Police Nationale en 2003 à l’âge de 58 ans et de rejoindre une entreprise de transport.

Gérard Zerbi: 1996-1999

A 46 ans, alors chef du Service Départemental de la Police Judiciaire, il va remplacer Louis Bayon.

Gérard Zerbi a plusieurs amis au RAID, Ange Mancini, Christian Lambert et Michel Marie entre autre, le RAID, il connaît et n’est pas inconnu dans les locaux du site de Bièvres.

Il va donner une nouvelle impulsion en collaboration avec le SCTIP (Service de Coopération Technique International de la Police) et multiplier les missions à l’étranger (Japon, Bulgarie, Mexique, Colombie…). Les opérations de prises d’otages et des grandes opérations sont rares pendant ces 3 années mais il y aura tout de même la coupe du monde de football en France en 1998. Le RAID était chargé d’assurer la protection des équipes (16) et des rencontres. Il quittera son poste sans véritable raison donnée par sa hiérarchie. Il était l’un des responsables de CIVIPOL (société de service et de conseil du Ministère de l’Intérieur français.)

Jean Gustave Paulmier : 1999-2002

Chef de l’OCRB (Office Central de Répression du Banditisme), depuis 8 ans, il accepte sans hésitation la proposition de la Place Beauvau : devenir chef du RAID. Sur place, il suit les consignes ministérielles et met fin aux missions d’investigation et filatures. Il aura à résoudre une tentative d’évasion par hélicoptère suivie d’une prise d’otages à la prison de Fresnes, des interpellations de forcenés.

Il quittera le RAID et rejoindra le SCTIP et sera nommé à Moscou en tant qu’attaché de sécurité intérieure avant de quitter la Police Nationale en Juin 2008. Il est aujourd’hui conseiller technique à l’Agence pour la lutte contre la fraude à l’assurance.

Christian Lambert : 2002-2004

Grand ami de Robert Broussard et de Ange Mancini, numéro 2 du service à l’époque mouvementée de Louis Bayon, ce fonctionnaire de police qui a démarré comme Gardien de la Paix en 1967 et devenu Commissaire par volonté et amour du mêtier. Il aura connu l’Antigang de 1975 à 1982, le secrétariat d’Etat à la Sécurité avec Robert Brousssard, puis le SPHP , l’UCLAT, la Direction Centrale des Renseignements Généraux, le Service Régionale de Police Judiciaire de Versailles et le RAID.

Sa première mission consiste à retrouver et interpeller Ivan Colonna (l’assassin présumé du préfet Erignac), pour cela il va s’appuyer sur le numéro deux du service Jean- Louis Fiamenghi (ancien de l’Antigang lui aussi), qui connait bien la Corse.

Il créera le « groupe technique » pour piéger et trouver Colonna. Le 04 Juillet 2003, le long travail des policiers du RAID portera ses fruits et Colonna sera interpellé vivant.

Si Christian Lambert est parti sur une note en demi-teinte en 1994, cette fois il quitte le RAID avec les honneurs. Il laisse son adjoint Jean-Louis Fiamenghi à la tête du service. Le groupe est fort de quelques 150 policiers alors qu’ils étaient 80 deux ans plus tôt.

Il est préfet de Seine Saint Denis depuis Avril 2010.

Jean-Louis Fiamenghi : 2004-2007

Lui aussi ancien de l’Antigang, entré en tant qu’officier à la Brigade de Répression du Banditisme en 1972 puis à la BRI, il quitte le territoire national pour créer des groupes d’interventions dans le monde entier (Afrique, Colombie, Mexique..). En 1992, il prend le commandement du GIPN de la Nouvelle-Calédonie.

Il retourne sur les bancs de l’école … des commissaires de police, à Saint-Cyr au Mont d’Or, près de Lyon. Il est nommé chef de circonscription en Seine et Marne et sera détaché à la coupe du monde de football en 1998 où il croise les hommes du RAID.

Il passe par la section opérationnelle des Renseignements Généraux où il va travailler avec le RAID sur le « dossier corse » et I. Colonna. Cette proximité va le mener à la tête du service où, sous ses ordres, ses hommes interpelleront Charles Pieri (indépendantiste corse), des islamistes radicaux, des commandos d’ETA… mais aussi la protection des athlètes français pendant les Jeux Olympiques de 2004, des 17 chefs d’Etat et de gouvernements lors des commémorations du 06 juin 1944 en Normandie.

Il quittera le RAID en 2007 pour rejoindre le SPHP.

En 2010, il est nommé directeur du cabinet de la Préfecture de Police en remplacement de Christian Lambert, nommé préfet en Seine Saint Denis.

Il a quitté la police en 2012 et est chargé de la sécurité au groupe AREVA.

Amaury De Hautecloque : 2007-2013

Petit neveu du Maréchal Leclerc, A. De Hautecloque a effectué son service militaire comme aspirant au groupement des fusiliers maris commandos.

Revenu dans la vie civile, il passe le concours de commissaire et fait ses premières classes en Police Judiciaire au « 36 », chez les « stups », à la Section Antiterroriste, et à la Brigade Criminelle.

Il quitte la PJ pour l’UCLAT.

En 2007, il devient patron du RAID. Après les attentats de Bombay, en Russie , la Police Nationale songe à fusionner les groupes d’interventions en cas de prise d’otages massive (PROM ou POM selon les médias..). Le patron du RAID commence à réflechir sur la création et les possibilités d’action de cette unité et mettra au point la FIPN qui rassemble le RAID, les GIPN et la BRI-BAC en Décembre 2009.

C’est sous ses ordres que les premiers entraînements avec le GIGN ont eu lieu (15 Avril 2008).

De nombreuses opérations de forcenés, d’interpellations de preneurs d’otages ont eu lieu sous son commandement. On notera que c’est le commissaire De Hautecloque qui engagera la FIPN à l’étranger, pour la protection des ambassadeurs à Damas, Beyrouth et Kaboul.

C’est sous son commandement qu’a eu lieu « l’affaire merah » en Mars 2012.

Jean-Michel Fauvergue : 2013 –

A 56 ans, jean-Michel Fauvergue prend la tête du RAID suite au départ de Amaury de Hautecloque. Il a été à  la direction de l’Office central en charge de l’immigration clandestine (Ocriest), chef du GIPN de la Nouvelle-Calédonie et à la tête de la cellule de coordination des GIPN au Ministère de l’intérieur. Il a été également chargé de la sécurité d’ambassades de France en Afrique (Bamako au Mali et à Libreville au Gabon).

Jean-Michel Fauvergue était sous-directeur de la Police Aux Frontières avant de faire ses valises pour rejoindre Bièvres.

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Laurent Combalbert, ancien négociateur au RAID

Fabien : 9 novembre 2012 16 h 04 min : RAID - Articles

Après des études de droit et de sciences politiques, Laurent Combalbert intègre l’ENSOP,

L’École nationale des officiers de police de Cannes-Écluses en 1995, il rejoint la Compagnie Républicaine de Sécurité 8 de Bièvres comme officier-adjoint où on le charge d’encadrer les sections de protection et d’intervention.

Le site de la CRS8 étant également la base du RAID, Laurent Combalbert n’a que quelques pas à faire pour s’entretenir avec les policiers de l’unité d’élite.

Il tisse des liens profonds avec certains d’entre eux, notamment avec le commandant Michel Marie qui a le projet de créer le « groupe négociation » du RAID. Ses arguments, sa personnalité et son charisme poussent Laurent Combalbert à prendre part à ce nouveau service.

Il intègre le RAID en 1998 et rejoint l’équipe de Michel Marie.

En 1999, le patron de la Brigade de Répression du Banditisme (BRB) de Marseille sollicite le groupe négociation du RAID pour animer le premier stage de formation à la négociation.

Laurent Combalbert étudie le comportement humain auprès d’enseignants de HEC aussi bien qu’avec le personnel d’Unités pour Maladies Difficiles (UMD) de Villejuif.

Il part aux Etats-Unis en Juillet 2000 à l’académie du FBI pour se former auprès de la « Crisis Negociation Unit ».

Durant son passage au RAID, il mettra fin à des prises d’otages ou permettra l’arrestation de forcenés par le biais de la négociation (forcené à Ris-Orangis en 2000, un père qui prend son propre fils en otage à Clayes-sous-Bois, forcené à Levallois-Perret, prise d’otages le 27 et 28 Mai 2001 à la maison d’arrêt de Fresnes, un preneur d’otages à Veneux les Sablons, à Charenton…).

Il partira former des policiers à l’étranger comme au Maroc, aux Emirats Arabe Unis, au Paraguay, en Tunisie…et formera en France de nombreux stagiaires ressortissants de plus de 20 pays.

Il animera les premières formations des négociateurs de crise du COS, le Commandement des Opérations Spéciales en 2003.

En Septembre 2003, il est détaché de la Police Nationale et rejoint Civipol Conseil, société de conseil du ministère de l’Intérieur, pour créer le département sécurité des voyageurs d’affaires et expatriés, chargé d’accompagner les grands groupes français dans le cadre de leur développement en zone à risque. En position de disponibilité en 2004, il rejoint le groupe GEOS pour organiser la gestion de crise de nombreux groupes français et européens.

En 2009, Laurent Combalbert fonde ULYSCEO, un réseau de conseil en stratégie et accompagne de nombreuses entreprises de toutes tailles.

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Discours du ministre de l’intérieur Brice Hortefeux pour le 25° anniversaire du RAID le 12 juin 2010

Fabien : 9 novembre 2012 12 h 59 min : RAID - Articles

Intervention de M. Brice HORTEFEUX, Ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales – Bièvres

– Seul le prononcé fait foi –

« Monsieur le préfet,
Monsieur le député,
Monsieur le maire,
Monsieur le directeur général de la police nationale,
Monsieur le chef du RAID,
Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de vous retrouver, aujourd’hui.

Lorsque j’étais venu ici même, le 1er décembre dernier, à l’occasion du lancement de la force d’intervention de la police nationale, j’avais été frappé de constater que ce site abritait, depuis près de trois siècles, des hommes et des femmes de mission. Des séminaristes des missions étrangères aux premiers policiers du RAID installés dès 1985, les hommes et femmes qui ont foulé ce sol ont tous été portés par un destin hors du commun.

Aujourd’hui, nous sommes rassemblés pour célébrer le 25ème anniversaire de la création de votre unité d’élite. 25 ans, c’est l’âge de la pleine maturité, celui des choix essentiels dans la vie, c’est également celui des ambitions et de l’engagement.

25 ans, c’est une histoire faite de moments forts – des moments de grande fierté, de devoir accompli, de joie simple lorsqu’on réussit ensemble là où d’autres auraient peut-être renoncé – et ce sont, aussi, des moments de tensions, parfois de profonde affliction, quand le sort frappe durement.

Le RAID est né dans un contexte de tension, marqué par de nombreux attentats terroristes à travers le monde.

L’assassinat des athlètes israéliens, en septembre 1972, lors des jeux olympiques de Munich, par un commando palestinien avaient fortement marqué les esprits, tout comme la prise en otage des ministres de l’OPEP à Vienne, en décembre 1975.

La France, surtout, était, depuis 1979, en proie à une vague d’attentats perpétrés par une unité terroriste : « Action Directe », notamment responsable de la mort de deux policiers, tués dans une fusillade, avenue Trudaine, à Paris, en mai 1983. Dans le même temps, les terroristes séparatistes corses multipliaient ce que l’on a appelé les « nuits bleues ».

Dans ce contexte de violence terroriste exacerbée, la constitution d’un groupe d’intervention capable de gérer les situations les plus graves ou de prendre en compte des incidents majeurs comme les prises d’otage, la maîtrise de forcenés ou les arrestations d’individus particulièrement dangereux, est apparue comme une impérieuse nécessité.

Et c’est de cette nécessité qu’est né le RAID, en 1985.

Votre renommée s’est bâtie au fil des années, au travers d’opérations souvent spectaculaires et, pour certaines, largement médiatisées.

Le RAID, « Recherche, assistance, intervention, dissuasion », n’a jamais démenti sa réputation en agissant souvent dans l’urgence, toujours dans la discrétion et surtout l’efficacité.

Je pense, bien sûr, à la prise d’otages du palais de justice de Nantes, le 19 décembre 1985. Les trois preneurs d’otages, lourdement armés, sont mis hors d’état de nuire à l’issue d’une crise qui aura duré 36 heures et à l’issue de laquelle une trentaine d’otages, dont 4 magistrats, sont libérés, sains et saufs. Le RAID n’avait alors que quelques semaines d’existence et suscitait déjà l’intérêt de nombreuses polices étrangères désireuses de s’inspirer de ses méthodes.

Mais il y a eu, aussi, l’arrestation des terroristes d’« Action Directe » à Vitry aux Loges, le 19 février 1987. Chacun a aussi, bien sûr, à l’esprit la prise d’otages à l’école maternelle CHARCOT de Neuilly ; l’arrestation d’Yvan COLONNA, en Corse, le 4 juillet 2003 et plus récemment encore, l’arrestation de Jean-Pierre TREIBER, le 20 novembre dernier.

C’est bien la gestion de l’urgence et des situations extrêmes qui caractérise le RAID. C’est aussi, en quelque sorte, la capacité à figer le temps pour maîtriser, avec calme et recul, tous les paramètres d’une situation.

C’est cette maîtrise exemplaire qui a placé le RAID au cœur de la Force d’intervention de la police nationale, créée l’an dernier.

L’ensemble des unités d’intervention de la police nationale sont, en effet, désormais regroupées au sein d’une même structure opérationnelle, dont le RAID constitue l’échelon central et en héberge l’état-major. La police nationale dispose, ainsi, d’un dispositif d’intervention fort de 500 policiers parfaitement aguerris, répartis sur l’ensemble du territoire national, et capables de réagir, sans délai, à une attaque terroriste.

Concevoir cette force était aussi le moyen d’entretenir une culture commune, de partager les bonnes pratiques et de mutualiser les savoir-faire, autant que les moyens techniques.

Avec le GIGN désormais votre frère d’armes, le ministère de l’intérieur dispose des moyens nécessaires pour affronter tous les types de crise. Dans un souci de réelle efficacité opérationnelle, il importe aujourd’hui que ces forces continuent de développer entre elles leurs complémentarités et leurs synergies.

Le RAID n’est pas simplement une force policière d’intervention ou une unité de haute technicité ; c’est avant tout une communauté d’hommes et de femmes unis par le même esprit de service et animés par le même sens du devoir.

La force de caractère et les états de service de ceux qui ont dirigé le RAID ont, bien sûr, largement contribué à sa réputation et à sa notoriété.

Tous vos chefs ont démontré qu’ils étaient des policiers exemplaires, des hommes d’action et de réflexion, des meneurs d’hommes reconnus et appréciés pour leurs qualités humaines et professionnelles. Tous ont su maintenir haut la flamme et entretenir l’esprit si particulier de cette unité.

Mais je n’oublie pas qu’un chef n’existe que par ceux qu’il a l’honneur de commander. Vous êtes, aujourd’hui, 170 hommes et femmes qui constituent le RAID.

Chacun d’entre vous est passé par une sélection des plus rigoureuses, éprouvant ses qualités physiques et morales, souvent aux limites de la résistance humaine. Une présélection nationale, deux semaines de tests, 12 semaines de formation et 3 mois d’observation au sein d’un groupe sont nécessaires pour être accepté dans votre unité d’élite.

Depuis 25 ans, 8 000 policiers se sont ainsi présentés aux tests. Seuls 708 d’entre eux ont été brevetés, soit moins de 10%.

Etre policier au RAID, ce n’est pas simplement briller dans les sports de combat, le tir de précision, le parachutisme, la plongée ou la varappe, ni même maîtriser toutes les techniques d’intervention requises pour faire face aux situations les plus inextricables. Etre policier au RAID, c’est partager surtout un même esprit : celui de l’exigence permanente, de l’abnégation incessante et de la solidarité en toutes circonstances.

Sans ce sentiment profond d’appartenance à une communauté d’hommes et de femmes unis par des liens indéfectibles, il serait illusoire de prétendre gérer efficacement des événements graves ou neutraliser des individus dangereux et déterminés.

Je n’oublie pas non plus que, durant ces 25 années, cette famille a également connu le deuil.

En se montrant dignes de votre devise « servir sans faillir », certains d’entre vous ont été jusqu’au sacrifice. Cette journée est aussi l’occasion d’honorer leur souvenir. Les unités d’élite du ministère de l’intérieur, que ce soit en mission ou en formation, ont été endeuillées, cette semaine encore. J’étais, hier, à Chamonix pour rendre hommage à votre collègue du GIGN, Ludovic RIONDET.

Jusqu’au bout de leur engagement et avec, à l’esprit, la certitude de faire ce qui est juste, ces hommes ont fait le sacrifice de leur vie au service de la sécurité de nos concitoyens. Je tiens à saluer leur mémoire et à témoigner à leurs proches mon affection et mon soutien.

Mesdames et Messieurs,

Cette journée est une nouvelle occasion de me joindre à votre unité d’élite.
Je tiens à saluer chacun d’entre vous qui avez réussi à intégrer cette belle famille. Vous vous montrez, à chaque mission, à la hauteur de la confiance qui vous est accordée et je tiens à vous la renouveler, aujourd’hui.

En incarnant la quintessence même des valeurs de discipline et d’abnégation qui caractérisent les forces de sécurité intérieure, vous faîtes la fierté de la police nationale et du ministère de l’intérieur.

A toutes les familles, si nombreuses dans l’assistance, je veux dire que vous pouvez être fiers de vos maris, épouses, pères, mères ou amis.

Le RAID fête son quart de siècle et peut envisager l’avenir avec confiance. Il dispose de toutes les ressources pour s’adapter aux évolutions des menaces et je veillerai, personnellement, à ce que cela soit toujours le cas. Bon anniversaire à tous ! « 

Source http://www.interieur.gouv.fr, le 14 juin 2010

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