Fusillades à Besançon : le RAID en renfort à Planoise pour une impressionnante vague d’arrestations

Fabien 15 juin 2020 0
Fusillades à Besançon : le RAID en renfort à Planoise pour une impressionnante vague d’arrestations

« Préparée de longue date, une opération de police d’une rare ampleur a été déclenchée tôt ce lundi 15 juin à Besançon. Près de 200 agents au total sont mobilisés, dont des colonnes d’assauts du prestigieux RAID et de la BRI, afin de coordonner une série d’interpellations, de perquisitions et d’auditions. Les quinze personnes arrêtées sont suspectées d’être impliquées dans les fusillades à répétition qui, depuis huit mois, secouent le quartier de Planoise.

 

C’était le jour J, préparé dans l’ombre des bureaux du commissariat de la gare d’Eau depuis de longues semaines.

Ce lundi 15 juin dès 6 h du matin, la police a frappé un grand coup dans la fourmilière du trafic de stupéfiant,  en coordonnant une opération d’une rare ampleur dans le quartier de Planoise, mais également ailleurs dans le secteur de Besançon.

 

35 agents du RAID en première ligne

Selon nos informations, près de 200 policiers au total sont mobilisés.

Le but de la mission était d’interpeller des personnes suspectées d’être liées – de près ou de loin – aux fusillades qui ébranlent le quartier de Planoise depuis novembre 2019. Une trentaine d’« objectifs » ont été désignés, et localisés sur une multitude de sites, parmi lesquels la rue Picasso, la rue de Champagne, la rue de Savoie ou encore l’avenue Monjoux.

Les enquêteurs de la sûreté départementale et de l’antenne bisontine de la police judiciaire ont pu compter sur l’exceptionnel soutien de 35 agents du RAID, venus de Paris, Lyon et Strasbourg, ainsi que sur des effectifs de la BRI (brigade de recherche et d’intervention).

 

De nombreuses perquisitions

Lourdement armées, plusieurs colonnes d’assaut se sont glissées au pied des immeubles encore ensommeillés pour procéder aux arrestations prévues.

Le groupe départemental d’intervention (GDI), la brigade anticriminalité, le groupe de sécurité et de proximité (GSP) de Planoise et plusieurs unités cynophiles ont également contribué à cette vague massive d’interpellations.

De nombreuses perquisitions ont été menées dans la foulée, dans le but de débusquer drogue, armes, argent liquide, matériel lié au trafic ou matériel informatique.

 

Un troisième coup de force depuis janvier

Diligentée par un juge d’instruction sous commission rogatoire, cette opération est le fruit d’un travail policier de longue haleine, qui reste cependant loin d’être abouti, tant ce dossier à tiroirs apparaît complexe.

Aux yeux de la justice, chaque fusillade correspond à une « tentative d’assassinat » et devra être traitée comme telle, même s’il est évident qu’un fil rouge-sang les relie toutes entre elles.

Place désormais aux gardes à vue.

Les suspects arrêtés ce lundi – au moins une quinzaine selon les premiers éléments – vont être auditionnés par une armada d’enquêteurs à Besançon, mais également dans d’autres commissariats de la région, faute de place suffisante dans les geôles de la Gare d’Eau.

La bande de « Franche-Comté » dans le viseur

Ce déploiement XXL des forces de l’ordre fait suite à deux précédentes descentes musclées, déjà réalisées en 2020 à Planoise.

La première avait eu lieu le 14 janvier et concernait l’incendie de la fourrière municipale.

La deuxième avait été organisée le 09 mars en lien avec ces fusillades à répétition.

À l’occasion de ce vaste coup de filet initial, une quinzaine de personnes avaient été mises en examen, dont la moitié avaient été placées en détention provisoire.

Toutes sont soupçonnées d’appartenir à une première bande, celle dite de « Fribourg », du nom de la rue où se situe un important point de deal.

L’opération de ce lundi 15 juin visait une seconde bande de trafiquants, implantée quant à elle rue de Franche-Comté, et réputée très « agressive » dans cette guerre de territoires.

 

Le fantôme d’Houcine Hakkar

Des fastidieuses, mais minutieuses investigations vont être à présent entreprises, pour tenter de démêler les responsabilités des uns et des autres dans ce cycle sans fin de règlements de comptes.

Avec en macabre toile de fond, un nom qui résonne dans les mémoires.

Celui d’Houcine Hakkar, exécuté le 8 mars dernier avenue Siffert, à la veille de son 23e anniversaire. »

 

 

Source : Estrepublicain.fr – article écrit le  juin  par Willy Graff

Photos © ER / Willy Graff

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