« On se croirait dans un film » : au coeur d’un exercice du RAID dans une école maternelle en Gironde

Fabien 6 novembre 2021 0
« On se croirait dans un film » : au coeur d’un exercice du RAID dans une école maternelle en Gironde

« On se croirait dans un film » : au coeur d’un exercice du RAID dans une école maternelle en Gironde.

 

Le coup de sifflet retentit, l’exercice commence.

Une vingtaine de policiers du RAID 33 forment la colonne d’assaut qui pénètre dans cette école maternelle d’une commune du Bassin d’Arcachon.

Ils sont venus de Bordeaux pour cette simulation d’une attaque terroriste et d’une prise d’otages.

Une quinzaine d’habitants ont accepté de se mettre dans la peau de ces victimes.

Chacun a pris place dans une salle pour s’y cacher, certains sont d’ores et déjà mis en joue par les faux terroristes, joués par des policiers.

Dès l’arrivée de la colonne, une femme court en criant de terreur.

Elle est immédiatement prise en charge par deux policiers, pendant que le reste de l’équipe se place.

Très vite, les échanges de tirs à blanc commencent.

L’un des faux terroristes gît sur le sol de la cour d’école, son arme factice à côté de lui.

Pendant ce temps, d’autres otages sont exfiltrés et sortis du périmètre de l’exercice.

L’un des agents prend des notes pour évaluer la performance et donne des indications techniques à la colonne.

Les policiers arrivent finalement à une salle de classe au fond de l’école, où se terre le dernier faux terroriste avec ses otages.

Après quelques tirs, ils réussissent à neutraliser la personne dite « hostile ». « Finex », crie l’un des organisateurs de l’exercice.

Autrement dit : fin de l’exercice.

 

 

Un « rôle de citoyen »

L’entrainement est une réussite : tous les otages ont été libérés sans blessure et tous les terroristes sont hors d’état de nuire.

Le tout a duré moins d’une heure.

« C’était impressionnant », admet Loris, qui habite Salles et est venu exprès pour cette intervention. « Ça fait partie de notre rôle de citoyen de venir et d’aider ces gens qui nous aident au quotidien. Ils ont besoin de nous, ils ont besoin d’être dans une situation conflictuelle, avec des endroits qu’ils ne connaissent pas. Le jour où ça arrive vraiment, ils seront là et ils seront prêts pour intervenir. »

Viviane, elle, est restée cachée pendant de longues minutes dans l’armoire d’une salle de classe.

« On les voit bien à la télé mais ça fait du bruit quand même ! J’avais peur d’avoir très peur, mais ça a été », explique celle qui verra désormais différemment ce genre d’interventions à la télévision. « On dirait qu’on est dans une sorte de jeu vidéo ou qu’on est acteur dans un film », s’enthousiasme Ethan, 12 ans, qui faisait partie des faux otages. Lui aussi a été exfiltré sans encombres.

 

 

Apprendre de la réaction des faux otages

La présence des civils dans ce genre d’exercice est un élément essentiel dans la préparation des policiers du RAID.

« On a souvent plutôt un public de policiers, qui ont l’habitude de nos protocoles », explique Christian, chef de l’antenne RAID 33.

« Ils vont peut-être plus se conformer à ce qu’on va attendre de la situation. Ils vont même peut-être anticiper ce qu’on recherche. Une personne qui n’est pas de ce milieu-là va agir de manière plus instinctive. Ça peut être une volonté de fuir ou de combattre, il y a vraiment des réactions différentes propres à la personnalité de chacun. »

 

« On a souvent plutôt un public de policiers, qui ont l’habitude de nos protocoles. Une personne qui n’est pas de ce milieu-là va agir de manière plus instinctive ». – Christian, chef de l’antenne RAID 33

« C’est intéressant aussi pour nous de voir comment ils ont ressenti l’intervention, au niveau de l’angoisse ou de la compréhension des injonctions, sur la façon dont ils ont été pris en charge à l’issue de l’intervention », continue Christian.

« Pour nous, c’est très important de débriefer pour pouvoir nous améliorer sur ces points-là. »

En 2020, le RAID est intervenu sur onze prises d’otage dans toute la France, 82 forcenés retranchés ont été mis hors d’état de nuire. »

 

 

 

Source : Francebleu.fr – article écrit par Bastien Munch le 5 novembre 2021

Photo © DDSP 33

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