FIPN : Force d'Intervention de la Police Nationale
Créée en juillet 2009, la FIPN regroupe le RAID, la BRI-BAC et les GIPN sous une coordination unique pour répondre aux attaques terroristes de grande ampleur et aux prises d'otages massives.
CONTEXTE
- CRÉATIONJuillet 2009
- INAUGURATION1er décembre 2009 (Bièvres)
- INITIATEURChristian Lambert
- UNITÉSRAID, BRI-BAC, GIPN
- PILOTAGERAID en période de crise
01. CRÉATION ET ORGANISATION
Bombay, novembre 2008 : l'électrochoc
Les attaques de novembre 2008 à Bombay ont vu une série de dix attaques terroristes islamistes coordonnées qui ont eu lieu du 26 au 29 novembre. 173 personnes, dont au moins 26 ressortissants étrangers, ont été tuées et 312 blessées. L'équipe terroriste était composée de 10 militants islamistes.
Ces actes terroristes créent un électrochoc et, dans les hautes sphères policières, on se demande de quel outil on dispose, en France, si un tel drame se présentait chez nous. C'est à la suite de cette Prise d'Otages Massives (PROM) que le projet FIPN refera parler de lui.
Christian Lambert, l'initiateur
Christian Lambert, alors patron des CRS après avoir dirigé le RAID, est l'initiateur, en 2004, d'un projet pour mener à bien les premières bases de la FIPN. Le projet est reporté, Lambert quitte son poste à la Direction Centrale des Compagnies Républicaines de Sécurité et devient numéro 2 de la Préfecture de Police, et la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie n'en fait pas une priorité.
La RGPP, le livre blanc sur la défense et la sécurité, auquel la Direction Générale de la Police Nationale est associée, passent dessus.
Naissance officielle de la FIPN
Il sera décidé que le RAID, les GIPN et la BRI-BAC (et ses appuis : Cellule d'Appui Technique (CAT), les embarcations de la brigade fluviale, des hélicoptères EC145, un maître-chien, des véhicules spécialisés de la DOSTL…) seront regroupés en une seule unité pouvant opérer simultanément si besoin et en plusieurs endroits en France. C'est ainsi que la FIPN voit le jour officiellement en juillet 2009.
La FIPN sera inaugurée par le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, le premier décembre 2009 sur le site de Bièvres, base du RAID.
Le Tronc Commun d'Intervention (TCI)
De nombreuses questions fusent. Les problèmes géographiques séparant les GIPN du RAID et de la BRI-BAC poseront des problèmes d'entraînement de cette nouvelle unité. Il faut uniformiser les services concernés, il manque des moyens.
De ce fait, pour se préparer à opérer avec les mêmes modes opératoires, un Tronc Commun d'Intervention (TCI) est mis en place au RAID, tout d'abord entre l'unité d'élite de la Police Nationale et les GIPN en 2008, rejoint en 2010 par la BRI-BAC.
Moyens budgétaires et organisation
Des moyens budgétaires sont débloqués, aussi bien par la DGPN que par la Direction Centrale de la Sécurité Publique (dont dépendent les GIPN) et la Préfecture de Police (pour la BRI-BAC).
La circulaire créant la FIPN précise que les GIPN peuvent désormais opérer n'importe où en France, dans le cadre FIPN. C'était déjà le cas mais de façon ponctuelle, pour la protection de sommets comme le G8 ou les 60 ans du débarquement. Le cadre FIPN retient d'ailleurs ces « grands événements » de portée internationale comme faisant partie de son périmètre.
Le pilotage de la FIPN
C'est le RAID qui va piloter la FIPN en période de crise. C'est le numéro 2 du service qui va diriger l'état-major opérationnel de la structure. Chacune des unités contributrices y sera représentée.
Cet état-major de la FIPN a pour objectif de piloter la crise, de planifier les entraînements qui doivent « se banaliser », le plan d'équipement et d'investissement, l'exploitation des retex (retours d'expérience), générés, entre autres, dans une base de données mise au point par le CTSI. Une base de données de ce type existe déjà dans la filière négociation, sous l'égide du RAID.
L'état-major détermine également des cycles d'astreintes dans toutes les unités, avec différents niveaux de réaction, fonction du niveau d'alerte générale.
Atouts et défis du maillage territorial
Le maillage territorial de la FIPN est considéré, finalement, comme un atout en cas de PROM, pour autant que des terroristes choisissent les villes où les GIPN sont implantés. Ce qui permettrait à ces premiers primo-intervenants de préparer le terrain à une intervention collective.
Mais cette dispersion géographique est aussi, évidemment, un frein à l'entraînement régulier. Les réunions des unités FIPN sont également difficiles à effectuer simplement du fait des astreintes tenues dans chaque zone par les unités.
Spécialités et groupes thématiques
Le premier défi est immédiat : il faut que les opérateurs puissent s'approprier la structure dans leurs spécialités (tireur, varappe, effractions…) sans avoir l'impression d'y perdre.
Plusieurs groupes thématiques ont été mis en place pour valoriser justement ces points de force en dépassant les frontières des unités, et régler les déficits capacitaires. Un vaste programme qu'il faudra absorber avec motivation, car le quotidien de ces unités, lui, continue (forcenés, assistance aux services de police, formation à l'étranger, protection de personnalités…).
Moyens supplémentaires et entraînements
Des moyens supplémentaires ont été nécessaires, comme le rachat de 3 fourgons blindés de la Brink's afin d'équiper les GIPN (celui de Lyon en a déjà un), la BRI dispose de son car et le RAID possède ses propres véhicules blindés.
Plusieurs entraînements ont déjà eu lieu, à Eurodisney, dans un port à Nice (premier exercice de crise en milieu portuaire) et dans le métro parisien.
Le déclenchement de janvier 2015
La FIPN a été déclenchée à une reprise, le 7 janvier 2015, à l'occasion de la traque des frères Kouachi, assassins de onze personnes à la rédaction de Charlie Hebdo : Frédéric Boisseau, un responsable des opérations de la société Sodexo chargée de la maintenance du bâtiment (qui est la première personne à mourir), les cinq dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, la psychanalyste et chroniqueuse Elsa Cayat, l'économiste Bernard Maris, le correcteur Mustapha Ourrad (ces huit personnes étant membres du journal), le policier Franck Brinsolaro qui assurait la protection de Charb et Michel Renaud, invité à la rédaction, sans oublier Ahmed Merabet.
Clarissa Jean-Philippe, policière municipale, sera abattue à Montrouge par Amédy Coulibaly le 8 janvier.
02. MISSIONS
La Force d'intervention de la Police nationale (FIPN) regroupe les capacités d'intervention spécialisée de la Police nationale : le RAID, les antennes RAID et la BRI PP.
Mobilisée lors de situations présentant un niveau de danger particulièrement élevé, elle intervient lorsque les moyens policiers conventionnels ne sont pas adaptés à la nature ou à la gravité de la situation.
Ses missions couvrent principalement la gestion des crises majeures, les interventions à haut risque et l'appui aux services de police confrontés à des situations nécessitant des compétences et des moyens spécialisés.
Intervenir face aux situations les plus dangereuses
L'une des principales missions de la FIPN consiste à intervenir lors de situations de crise mettant directement en danger la vie de personnes. Cela peut notamment concerner des prises d'otages massives.
Dans ces circonstances, les unités spécialisées disposent de personnels spécifiquement entraînés à l'intervention dans des environnements complexes. Leur objectif est de reprendre le contrôle de la situation tout en assurant la protection des personnes présentes et en limitant les risques pour les policiers comme pour les tiers.
Gérer les prises d'otages et les situations de crise multiples
La gestion des prises d'otages constitue une mission particulièrement sensible. Elle nécessite une réponse coordonnée, combinant renseignement, négociation, observation et, lorsque cela devient nécessaire, intervention.
La FIPN peut ainsi être engagée pour contribuer à la résolution d'une crise dans laquelle des personnes sont retenues contre leur gré. L'intervention repose notamment sur l'évaluation permanente d'une menace qui pourrait frapper au même moment dans plusieurs endroits et sur l'adaptation de la réponse aux circonstances.
La recherche d'une issue permettant de préserver les vies humaines occupe une place centrale dans ce type d'opération.
Préparer et coordonner les interventions
Une intervention spécialisée ne repose pas uniquement sur l'action menée sur le terrain. Une part importante de la mission consiste à préparer l'opération et à coordonner les différents acteurs.
Avant une intervention, les équipes recueillent et analysent les informations disponibles afin d'évaluer la situation. Elles prennent en compte la configuration des lieux, la présence éventuelle de victimes ou de tiers, la nature de la menace et les conditions dans lesquelles l'opération doit être conduite.
Pendant l'intervention, la coordination entre les différentes équipes et avec les services locaux est essentielle. Elle permet d'adapter le dispositif à l'évolution de la situation.
Une capacité mobilisable sur l'ensemble du territoire
La FIPN constitue ainsi une capacité spécialisée de la Police nationale destinée à répondre aux situations les plus complexes et les plus dangereuses.
Ses missions reposent sur plusieurs principes : protéger les victimes et les tiers, maîtriser les menaces graves, intervenir dans des situations à haut risque et apporter un renfort spécialisé aux autres services de police.
Qu'il s'agisse d'une prise d'otages, d'un individu retranché, d'une menace terroriste ou d'une opération nécessitant des compétences particulières, la FIPN intervient dans un cadre fortement coordonné, avec une priorité constante donnée à la protection des personnes et à la maîtrise de la crise.
03. ÉCUSSONS
