

Brigade d’intervention de la DOPC : naissance, évolution et missions d’une unité d’élite
Créée en octobre 1998, la Brigade d’Intervention (BI) s’est imposée au fil des décennies comme l’une des unités spécialisées de la Préfecture de Police de Paris, intervenant sur les situations les plus sensibles de la sécurité intérieure.
Origines : la naissance d’une réponse spécialisée
À l’origine, en octobre 1998, la BI voit le jour sous le nom de Brigade de Dispersion et d’Intervention (BDI). Composée principalement d’effectifs sélectionnés au sein de compagnies sportives et moniteurs, elle est créée pour renforcer les capacités d’intervention de la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation (DOPC) face à des situations d’ordre public qui dépassent le cadre des compagnies classiques.
Un an plus tard, l’unité adopte son appellation actuelle de Brigade d’Intervention (BI), marquant la stabilisation de sa mission opérationnelle.
Partenariats et intégration aux grandes forces d’intervention
En 2004, la BI élargit son champ d’action en s’associant à la Brigade de Recherche et d’Intervention de la Préfecture de Police (BRI-PP) pour former la Brigade Anti-Commando (BAC), une force de premier niveau face aux crises majeures.
Dans ce cadre, elle devient l’une des composantes de la Force d’Intervention de la Police Nationale (FIPN) dès sa création en décembre 2009, aux côtés du RAID et des GIPN, destinée à répondre aux attaques terroristes ou prises d’otages de grande ampleur.

Missions de crise : attentats et opérations sensibles
La BI participe activement à plusieurs opérations historiques, en coordination avec le RAID et la BRI-PP, notamment lors des attentats de janvier et novembre 2015 à Paris, où elle apporte son soutien sur le terrain pour des assauts ou des missions de sécurisation.

Recentrage et évolution des missions
À partir de 2016, des désaccords internes conduisent à une réorganisation des structures anti-commando : la BI est alors écartée de la composante BAC et de la FIPN, recentrant ses missions auprès de la DOPC.
Cette réorientation s’accompagne de nouvelles responsabilités, notamment la mission dite « appui-feu », qui consiste à renforcer la sécurité des déplacements présidentiels et autres missions de protection rapprochée en Île-de-France.
Institutionnalisation au sein de la DOPC
Rattachée au Groupe d’Intervention et de Protection (GIP) de la DOPC, la BI s’inscrit dans un contexte où la préfecture de police souhaite disposer de forces tactiques capables de répondre à des menaces variées : manifestations difficiles, protection de personnalités, gestion de sites critiques ou interpellations délicates.
Sélection, formation et expertise opérationnelle
Les opérateurs de la BI sont soumis à une sélection exigeante, suivie d’une formation technique et tactique approfondie, comparable à celle des autres unités spécialisées : tir de haute précision, progression tactique, intervention en milieu vertical ou souterrain, interpellation d’individus en hauteur..
Par ailleurs, elle apporte son expertise aux autres services des différentes directions de la Préfecture de Police de Paris (DRPP, DRPJ, DSPAP, DOSTL, DOPC) lors d’interpellations judiciaires sensibles.
Une unité au cœur des enjeux contemporains
Aujourd’hui, forte d’environ une trentaine d’opérateurs, la Brigade d’Intervention contribue à la sécurité de zones sensibles de la capitale – des toits aux sous-sols –, tout en restant un outil essentiel dans le cadre de grands événements et de menaces complexes.

Actuellement, cette unité est composée de 35 opérateurs encadrés par 7 FTSI et 2 TIH 3. Les opérateurs de la BI sont sélectionnés suite à une semaine de tests draconiens (épreuves physique, tir, simulation GTPI, varappe, natation, sports de combats, test de cran, résistance à la fatigue et au stress…).
Les nouveaux opérateurs qui intègrent la Brigade d’Intervention sont soumis à une formation technique et tactique au même titre que les unités opérationnelles d’intervention (RAID, BRI-PP, GAO).
Environ huit semaines de formation et de tir. Cela comporte le tireur qualifié arme de poing (TQ AP), tireur qualifié arme d’épaule (TQ AE), tireur haute précision (THP). TIH 1 et 2 (formation escalade) ainsi qu’une formation tactique de cinq semaines environ.

