
RAID : création et évolution d’une unité d’élite de la Police nationale.
Depuis près de quarante ans, le RAID incarne l’un des visages les plus exigeants de la sécurité intérieure française. Né dans un contexte de menace terroriste aiguë, façonné par des crises majeures et des opérations à très haut risque, le RAID s’est progressivement imposé comme un outil central de l’État face aux formes les plus extrêmes de la violence.

La genèse du RAID : répondre à une nouvelle menace.
Le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion) est officiellement créé le 23 octobre 1985 par le ministre de l’Intérieur, Pierre Joxe. La France traverse alors une période de forte instabilité sécuritaire. Attentats, prises d’otages et actions terroristes se multiplient sur le territoire national, révélant les limites des dispositifs policiers traditionnels face à des situations de crise extrême.
Jusqu’à cette date, la lutte antiterroriste repose en grande partie sur le GIPN de marseille, la BRI PP et le GIGN. Les autorités politiques et policières souhaitent toutefois doter la Police nationale de sa propre force d’intervention spécialisée, capable d’agir rapidement en milieu urbain dense et dans un cadre judiciaire strict.
La création du RAID est confiée au commissaire Robert Broussard, figure majeure de la lutte antiterroriste française. Il imagine, avec son ami de longue date, le commissaire Ange Mancini, une unité à la fois opérationnelle et réflexive, combinant l’usage de la force armée à une culture affirmée de la gestion de crise de haute intensité.

La genèse du RAID : répondre à une nouvelle menace.
Le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion) est officiellement créé le 23 octobre 1985. La France traverse alors une période de forte instabilité sécuritaire. Attentats, prises d’otages et actions terroristes se multiplient sur le territoire national, révélant les limites des dispositifs policiers traditionnels face à des situations de crise extrême.
Jusqu’à cette date, la lutte antiterroriste repose en grande partie sur le GIGN, unité de la Gendarmerie nationale. Les autorités politiques et policières souhaitent toutefois doter la Police nationale de sa propre force d’intervention spécialisée, capable d’agir rapidement en milieu urbain dense et dans un cadre judiciaire strict.
La création du RAID est confiée au commissaire Robert Broussard, figure majeure de la lutte antiterroriste française. Il imagine une unité à la fois opérationnelle et réflexive, combinant l’usage de la force armée à une culture affirmée de la négociation et de la gestion de crise.

Une fois les premiers candidats sélectionnés, le site de Bièvres , où est toujours basée la CRS8 a été retenue pour accueillir l’unité. Ce choix stratégique plaçait le service à proximité de l’aéroport militaire de Villacoublay et d’un réseau autoroutier important.
Le RAID a été engagé sur des missions de police pointues, on lui doit notamment l’interpellation de Georges Courtois et de son comparse Abdelkarim Khalki lors de la prise d’otages à la cour d’assise de
Nantes le 19 Décembre 1985, la première opération du RAID.
L’arrestation des membres d’Action Directe , des chefs militaires du FLNC, de membres de l’ETA , interpellation d’un commando d’Iparretarrak, résolutions de plusieurs révoltes en milieu carcéral, diverses missions de protection rapprochée (Salman Rushdie, personnalités politiques, équipes de football lors de la coupe du monde en 1998 et protection des athlètes français aux Jeux Olympiques, différents sommets G8-G20), la neutralisation physique et définitive de Human Bomb dans une école maternelle à Neuilly. Sans oublier l’intervention difficile à Roubaix pendant laquelle une figure du service sera durement blessée.
A noter l’interpellation d’Ivan Colonna en Juillet 2003, de Jean Pierre Treiber en Novembre 2009.
Sans compter les arrestations de forcenés, de preneurs d’otages, de surveillance de terroristes…

Années 1990-2000 : diversification des missions.
Au fil des années, le champ d’action du RAID s’élargit. Si la lutte antiterroriste demeure au cœur de sa mission, l’unité est de plus en plus sollicitée pour faire face au grand banditisme, aux forcenés lourdement armés et aux individus retranchés présentant un danger immédiat.
Cette diversification entraîne une évolution des méthodes et des équipements. Le RAID investit dans de nouveaux moyens balistiques, des techniques de franchissement plus sophistiquées et des entraînements inspirés de scénarios réels. La professionnalisation s’accentue, tout comme la spécialisation interne des opérateurs.
Parallèlement, le RAID développe une culture du retour d’expérience, intégrant chaque opération comme un enseignement destiné à améliorer les pratiques futures.
Le RAID a malheureusement subi des pertes en opérations, Christian Caron et Fernand Seither ont été tué à Ris-Orangis face à un forcené, interpellé par le RAID quelques minutes après le drame. En mission sur l’île de beauté, le Capitaine René Canto est assassiné par un nationaliste corse.

Le tournant des années 2010 : terrorisme et hyperviolence.
La décennie 2010 marque une rupture. En 2012, l’affaire Mohamed Merah révèle une nouvelle forme de terrorisme, incarnée par des individus radicalisés agissant seuls, capables de passer rapidement à l’acte.
Les attentats de 2015, à Paris et à Saint-Denis, constituent un choc sans précédent. Le RAID est engagé sur plusieurs fronts, dans un contexte d’attaques coordonnées et de guerre urbaine. Ces événements mettent en lumière la nécessité d’une réponse encore plus rapide, plus mobile et mieux coordonnée entre les forces d’intervention.
En réponse, l’État renforce la coopération entre le RAID, les GIPN, la BRI PP et la Brigade d’Intervention à travers la création de la Force d’intervention de la Police nationale (FIPN). Cette structure vise à mutualiser les moyens et à garantir une capacité d’intervention immédiate sur l’ensemble du territoire.

Une évolution structurelle et technologique.
Aujourd’hui, le RAID peut s’appuyer sur des antennes régionales, permettant une projection rapide et adaptée aux réalités locales.
Les moyens technologiques ont profondément évolué : équipements de protection renforcés, armement modulable, véhicules blindés, drones, moyens de communication sécurisés et outils de renseignement avancés. L’entraînement intègre désormais des scénarios complexes, inspirés des attentats récents et des menaces émergentes.
L’unité accorde également une place croissante à la dimension psychologique : gestion du stress, négociation avec des profils radicalisés, prise en compte de la médiatisation et de l’impact émotionnel des crises.




Le RAID aujourd’hui : une force d’élite au service de l’État.
Quarante ans après sa création, le RAID n’est plus seulement une unité d’assaut. Il est devenu un outil stratégique, capable d’anticiper, de dissuader et d’intervenir face aux menaces les plus graves pesant sur la société française.
Discret par nature, rarement exposé en dehors des crises majeures, le RAID incarne une approche moderne de la sécurité intérieure : rigueur opérationnelle, adaptation permanente et respect strict du cadre légal.
Né dans les années 1980, le RAID s’est transformé au fil des crises pour répondre aux défis du terrorisme contemporain. Une évolution constante, guidée par une même exigence : protéger les citoyens, même dans les situations les plus extrêmes.
