
Le Service de la Protection (SDLP) est aujourd’hui l’unité spécialisée de la Police nationale chargée de la protection rapprochée des plus hautes autorités françaises et étrangères. Héritier direct du Service de Protection des Hautes Personnalités (SPHP), il incarne l’évolution des dispositifs de sécurité de l’État face à des menaces toujours plus complexes.

Les origines : la création du SPHP
Le SPHP trouve ses racines dans l’immédiat après-guerre, dans un contexte marqué par l’instabilité politique, les tensions internationales et la nécessité de protéger les institutions de la République. Initialement, la protection des dirigeants repose sur des dispositifs dispersés et peu homogènes. La montée des risques – attentats, tentatives d’assassinat, violences politiques – conduit l’État à structurer une unité spécialisée, professionnelle et permanente.
Il faut attendre le décret signé par le président Doumergue le 14 décembre 1929 et une instruction interministérielle du 1er mars 1935, après l’assassinat du Roi Alexandre 1er de Yougoslavie et du ministre français Louis Barthou à Marseille, pour que soit organisées les mesures d’ordre et de sécurité nécessitées par les voyages du président de la République et les voyages officiels.

Professionnalisation et adaptation aux nouvelles menaces
À partir des années 1980 et 1990, le SPHP connaît une montée en puissance. Le terrorisme international, les actions violentes de groupes organisés et la médiatisation croissante des personnalités publiques imposent une adaptation constante. Les missions se diversifient, les méthodes se modernisent et la formation des agents devient de plus en plus exigeante, tant sur le plan tactique que psychologique.

Le SPHP se voit confier la protection rapprochée des hautes personnalités : Président de la République, membres du gouvernement, responsables politiques de premier plan, mais aussi certaines personnalités étrangères en visite officielle. Il développe progressivement des savoir-faire spécifiques : anticipation de la menace, sécurisation des déplacements, escorte motorisée, reconnaissance des itinéraires et protection discrète.

La composante Police nationale du GSPR (Groupe de sécurité de la Présidence de la République) assure, aux côtés de la composante militaire, la protection rapprochée du Président de la République et de sa famille. Les policiers du GSPR sont spécialisés dans l’anticipation de la menace, la sécurisation des déplacements et la protection en environnement complexe. Leur action, exercée dans une discrétion absolue, garantit la continuité et la sécurité de la fonction présidentielle.
Le service n’est plus seulement centré sur les hautes personnalités politiques : il prend en charge la protection de personnalités françaises et étrangères exposées à des menaces, la sécurisation de grands événements sensibles, ainsi que certaines missions de protection judiciaire. L’approche devient plus globale, intégrant l’analyse de la menace, la gestion du risque et la coordination interministérielle.

La réforme de 2013 : naissance du SDLP
Le 2 octobre 2013, une réforme majeure est engagée afin de moderniser et rationaliser les dispositifs de protection. Le SPHP devient officiellement le Service de la Protection (SDLP). Ce changement de dénomination s’accompagne d’une refonte organisationnelle et d’un élargissement des missions.
Le SDLP est issu de la fusion du Service de Protection des Hautes Personnalités (SPHP), du service de sécurité du ministère de l’Intérieur (SSMI) et du service central automobile (SCA).

Une unité d’élite de la Police nationale
Rattaché à la Direction générale de la police nationale (DGPN), le SDLP est reconnu comme une unité d’élite. Le recrutement y est extrêmement sélectif et la formation continue exigeante : techniques de protection rapprochée, conduite opérationnelle, tir, gestion du stress, premiers secours tactiques et adaptation à des environnements dégradés, en France comme à l’étranger.
Les agents du SDLP interviennent souvent dans la discrétion la plus totale. Leur efficacité repose sur l’anticipation, la discipline collective et la capacité à s’adapter à des contextes sécuritaires évolutifs, parfois hostiles.

Le SDLP aujourd’hui
Aujourd’hui, le SDLP est un acteur central de la sécurité de l’État. Face à la persistance de la menace terroriste, aux risques asymétriques et à l’exposition médiatique croissante des responsables publics, il joue un rôle essentiel dans la continuité de l’action gouvernementale et la protection des institutions républicaines.
Héritier d’une longue tradition initiée par le SPHP, le SDLP symbolise l’évolution de la protection rapprochée en France : une mission discrète, exigeante et vitale, au service de la République et de ceux qui la représentent.

Il existait au sein du SPHP, une petite unité nommée GAHP (Groupe d’Appui des Hautes Personnalités).
Il intervenait en renfort des dispositifs de protection rapprochée, notamment lors de déplacements sensibles, de situations dégradées ou de menaces avérées visant des personnalités protégées. Composé de policiers hautement qualifiés et entrainés, le GAHP jouait un rôle clé dans la sécurisation dynamique et l’appui tactique, illustrant la capacité du SPHP à faire face à des contextes à haut risque.
Le SDLP a célébré son dixième anniversaire, le 3 juillet 2023, date symbolique marquant sa création et sa reconnaissance officielle au sein de la Police nationale. Cette journée était l’occasion de rassembler les membres du service, de rendre hommage aux policiers morts en service et de mettre en avant les missions et l’engagement du SPHP dans la protection rapprochée des hautes personnalités françaises et étrangères à travers des discours et des démonstrations dynamiques.
