GIPN : dans les coulisses de tests de sélection parmi les plus exigeants de la police française.

La motivation est grande pour pouvoir porter cet écusson

Longtemps entourés de discrétion, les Groupes d’intervention de la Police nationale (GIPN) ont incarné, jusqu’à leur intégration au RAID, l’élite opérationnelle de la police française. Si leurs interventions spectaculaires ont marqué l’opinion publique, le processus de sélection de leurs membres reste, lui, moins connu. Pourtant, ces tests constituent l’un des filtres les plus rigoureux des forces de sécurité intérieure.

Une sélection réservée à des policiers expérimentés

Contrairement à certaines idées reçues, les candidats au GIPN n’étaient pas de jeunes recrues fraîchement sorties d’école. La sélection s’adressait exclusivement à des policiers déjà en poste, forts de plusieurs années d’expérience sur le terrain. Cette exigence préalable visait à garantir une parfaite connaissance du métier, du cadre légal et de la réalité des interventions à risque.

La candidature ne reposait donc pas uniquement sur la condition physique, mais aussi sur un parcours professionnel solide, des états de service reconnus et une motivation sans faille.

Parcours de franchissement en hauteur pour ce candidat

L’épreuve du corps : endurance, force et résistance

Les tests physiques constituaient la première barrière, et souvent la plus redoutée. Ils évaluaient l’endurance cardiovasculaire, la force musculaire et la capacité à maintenir un effort intense dans la durée. Courses chronométrées, enchaînements d’exercices, parcours d’obstacles : chaque épreuve avait pour objectif de placer le candidat dans un état de fatigue avancée.
Mais au-delà des performances chiffrées, les instructeurs observaient surtout le comportement : gestion de l’effort, détermination, capacité à aller au bout malgré l’épuisement. L’abandon volontaire était généralement éliminatoire.


Le mental au cœur de la sélection

La dimension psychologique occupait une place centrale. Les tests visaient à mesurer la résistance au stress, la stabilité émotionnelle et la capacité à prendre des décisions rapides dans des situations dégradées. Entretiens approfondis, mises en situation et évaluations psychotechniques permettaient de cerner la personnalité du candidat.
L’objectif était clair : recruter des policiers capables de garder leur sang-froid face à des menaces extrêmes, sans perdre le sens de la hiérarchie ni celui de la mission collective.

Tests en piscine


Esprit d’équipe et discipline

Le GIPN n’était pas une addition d’individualités performantes, mais un groupe soudé. Les épreuves collectives jouaient donc un rôle déterminant. Elles permettaient d’évaluer l’esprit d’équipe, la communication, l’aptitude à obéir comme à commander, et la capacité à s’intégrer dans une structure très hiérarchisée.

Un excellent profil physique ou technique pouvait ainsi être écarté s’il ne démontrait pas une loyauté totale envers le groupe ou une discipline irréprochable.

Intervention en binôme. Communiquer et s’organiser pour intervenir

Une sélection, pas une fin en soi

Réussir les tests de sélection ne signifiait pas devenir immédiatement opérationnel. Les candidats retenus entamaient ensuite une formation longue et éprouvante, destinée à les spécialiser dans les interventions à haut risque : arrestations de forcenés, libérations d’otages, neutralisation de criminels lourdement armés.

Les tests de sélection du GIPN n’étaient donc qu’un prélude, un sas d’entrée vers un univers où l’excellence était une obligation quotidienne.

Test de cran pour tous les candidats

L’héritage du GIPN

Depuis la réorganisation des forces d’intervention, l’esprit et les exigences du GIPN perdurent au sein des unités actuelles. Leur processus de sélection reste une référence en matière de rigueur et d’exigence, rappelant que l’accès à l’élite policière ne repose ni sur le hasard ni sur la seule bravoure, mais sur un équilibre rare entre force physique, solidité mentale et engagement total au service de l’État.

Articles complets « Devenir un homme en noir » 1/2 –

Les tests de sélection et la formation pour devenir un opérateur.

https://fipn-sdlp.fr/devenir-un-homme-en-noir-12-article-tire-de-civique-ministere-de-linterieur/

« Devenir un homme en noir » 2/2

https://fipn-sdlp.fr/devenir-un-homme-en-noir-suite-et-fin-article-tire-de-civique-ministere-de-linterieur/

Photos @ Gilles Rivet

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