« « Le Bataclan a été le déclic de la prise de conscience que finalement tout le monde pouvait être exposé »
 

René-Georges Querry, ancien chef de l’Unité de coordination de la lutte anti-terroriste; Bernard Thellier, ancien négociateur GIGN; Yves Bonnet, ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire et Jean-Louis Fiamenghi, auteur et ancien chef du RAID étaient invités dimanche dans « Elie sans interdit » pour parler du terrorisme.
 
Le débat a commencé avec une première question : peut-on dialoguer avec des individus qui souhaitent votre mort? Les invités ont fait état de la particularité de chaque cas, mais se sont mis d’accord pour dire que le terrorisme est un « épiphénomène ».
« Cela est très difficile car eux ils se battent pour mourir, alors que nous nous sommes là pour vivre », a affirmé Bernard Thellier, ancien négociateur GIGN.
 
Dans le cas des frère Kouachi, par exemple, leur action qui consiste à massacrer la rédaction de Charlie hebdo ne donnent pas – dans un premier temps dans – le sentiment d’avoir envie de mourir mais finalement, se retrouvant face à l’impasse, « ils vont à l’affrontement pour mourir », a toutefois expliqué René-Georges Querry, ancien chef de l’Unité de coordination de la lutte anti-terroriste.

 

Yves Bonnet, ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire, a pour sa part fait remarquer que « le terrorisme est un épiphénomène ».
« Le terrorisme n’a jamais renversé aucun Etat, même changé la nature d’un régime », a-t-il confié.
« L’Etat a toujours été plus fort. Le terrorisme est une hydre donc le pense que c’est à nous de nous adapter. C’est ce qui fait que depuis certaines années, tout le monde s’adapte aussi bien dans le renseignement que dans l’intervention, notamment (pour faire face) aux nouveaux modes opératoires et aux nouveaux fonctionnements », a également assuré Jean-Louis Fiamenghi, auteur et ancien chef du RAID.
René-Goerges Querry a d’ailleurs rappelé que dans les cas du Bataclan, il s’agissait de la première fois que la France connaissait « un massacre de masse dans une foule qui est dans un spectacle ». « On n’imaginait pas un seul instant que cela puisse arriver », a-t-il dit.

 

Le 13 novembre 2015, la France était confrontée à la plus longue et la plus meurtrière fusillade de son histoire, qui a eu lieu dans la salle de spectacle du Bataclan, où 1 500 personnes assistaient au concert du groupe américain de rock Eagles of Death Metal.
« On a eu la première affaire Merah il y a sept ans, les gens ont dit que c’était un règlement de compte entre le Moyen-Orient et les Juifs. Il y eu ensuite le massacre de la rédaction de Charlie hebdo et l’assassinat à l’Hyper Casher, là encore on a dit que c’était un règlement de compte entre un journal et les Juifs.
Selon moi, le Bataclan a été le déclic de la prise de conscience que finalement tout le monde pouvait être exposé », a encore assuré l’ancien chef de l’Unité de coordination de la lutte anti-terroriste.
« Ce qui a changé aujourd’hui, c’est la cible. N’importe qui dans la rue peut devenir cible du terrorisme. Tout le monde est concerné », a quant à lui souligné Jean-Louis Fiamenghi. »

 
Source : i24news.tv – le 28 janvier 2018

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