« Dans la nuit de dimanche à lundi, un impressionnant dispositif policier a été déployé à Six-Fours, près de Toulon. À l’origine, l’appel d’une jeune fille évoquant un drame familial.

Le scénario avait tout d’un fait divers glaçant. Il s’est finalement révélé être un canular d’un goût plus que douteux. Dans la nuit de dimanche 17 à lundi 18 mai 2026, un dispositif policier hors norme a été déployé à Six-Fours-les-Plages (Var), à une vingtaine de kilomètres de Toulon, à la suite d’un appel particulièrement alarmant reçu par la police nationale.

Au bout du fil, une voix de jeune fille, paniquée. Elle affirme s’être barricadée dans une salle de bains et explique que, dans la pièce d’à côté, son père tient sa petite sœur en joue avec un fusil à pompe.
Il serait, selon elle, fortement alcoolisé. L’adolescente présumée précise être la fille du gardien de la Villa des Nuraghes, un bâtiment communal flambant neuf rouvert en février dernier après plus d’un an de travaux, situé le long de la plage de Bonnegrâce.



Une quarantaine de policiers et le RAID en renfort

Face à la gravité supposée de la situation, les forces de l’ordre tentent dans un premier temps de joindre l’homme par téléphone. Sans succès. Les minutes passent, l’inquiétude grandit. La décision est prise : il faut intervenir, et lourdement.

Selon les informations rapportées par Var-Matin, le périmètre est rapidement bouclé. Une trentaine de policiers venus de Toulon, La Seyne-sur-Mer et Sanary-sur-Mer prennent position autour de la villa.
Ils sont rejoints par une dizaine d’hommes du RAID, l’unité d’élite de la police nationale, accompagnés de leurs véhicules blindés. Tout le quartier est quadrillé.


Un door raider, un gardien… et personne d’autre

Il est un peu plus de 2 heures du matin lorsque l’assaut est lancé. La porte du logement, situé au rez-de-chaussée de la bâtisse, vole en éclats sous l’action d’un door raider, un outil hydraulique capable de faire céder les portes les plus résistantes. Armes au poing, les hommes du RAID s’engouffrent à l’intérieur.

À la place du forcené ivre et de ses enfants en danger : un homme seul, profondément endormi, brutalement tiré de son sommeil par cette intrusion fracassante. Le tour du logement est effectué pièce par pièce. Verdict : aucune trace de fille retranchée, aucune petite sœur, aucun fusil. Tout était faux.



Une enquête ouverte, une auteure difficile à pister

Une procédure a été ouverte pour « dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entraînant des recherches inutiles », selon les éléments communiqués au quotidien régional.
Un délit qui, faut-il le rappeler, n’a rien d’anodin : il est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

Reste à mettre la main sur l’auteure de ce canular, ce qui s’annonce particulièrement compliqué.
La jeune femme a en effet utilisé une ligne téléphonique transitant par l’étranger, beaucoup plus difficile à tracer pour les enquêteurs.

Ce type d’appel malveillant, qui consiste à provoquer une intervention massive des forces de l’ordre sur la base d’un signalement bidon, est connu sous le nom de swatting.
Importée des États-Unis, la pratique s’est diffusée en France depuis une dizaine d’années, visant tour à tour des streamers, des personnalités publiques ou, comme ici, de parfaits anonymes.


Le gardien et le maire portent plainte

Au-delà du choc, l’addition risque d’être salée pour la mystérieuse appelante, si tant est qu’elle soit un jour identifiée. Le gardien de la Villa des Nuraghes, secoué par cette nuit pour le moins agitée, a déposé plainte contre X. Le maire de Six-Fours-les-Plages a fait de même, selon Var-Matin. »

Source : Actu.fr – article écrit le 19 mai 2026 par Pierre Chemel

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