Pour la première fois de son histoire, Karaté Bushido s’est immiscé en plein coeur des sélections du RAID. Durant une matinée, notre équipe a suivi l’épreuve tant redoutée des sports de combat. Force, honneur et castagne étaient au rendez-vous.

Il est à peine 6heures du matin quand nous pénetrons l’enceinte du RAID à Bièvres en région parisienne.

Ce lieu chargé d’histoire où siège l’Etat-Major de cette unité d’élite a vu passer les membres les plus prestigieux de la Police Nationale et maglré la fraicheur qui règne en ce mois de février, nous réalisons le privilège qui nous est octroyé.

Peu de médias franchissent en effet ces murs, et seule une poignée a eu l’occasion d’assister aux tests de sélection notamment, l’épreuve ultime des sports de combat.

Nos hôtes nous accueillent avec bienveillance pour nous guider à la chapelle, cet édifice transformé en gigantesque dojo.

L’endroit est un véritable sanctuaire au sein duquel, les hommes vouent un culte à la sueur et l’effort dans un esprit collectif digne d’un pack de rugby.

Les exigences de recrutement

Pour intégrer le RAID, les candidats doivent avoir au minimum 3 ans de services effectifs au sein d’un service action de la Police Nationale.

Le fonctionnaire doit être âgé de moins de 35 ans pour les gardiens de la paix et les gradés du corps et moins de 38 ans pour les officiers du corps de commandement.

Guillaume qui revendique plus de 15 années au sein de l’untié nous explique que le nombre d’admis n’est jamais déterminé à l’avance car la qualité prévaut avant tout sur la quantité : “les exigences psychologiques et physiques sont ici poussées à l’extrême, si un seul gars sur tous les candidats est apte à intégrer l’unité, nous ne prendrons que celui-ci. Nous ne sommes pas dans une course aux chiffres en matière de recrutement. Il s’agit de nos futurs collègues, nous avons besoin des meilleures recrues possible”.

L’unité revendique aujourd’hui 450 agents répartis dans différents groupes d’intervention.

Chaque année de nouveaux fonctionnaires tentent des sélections extrêmes dans l’espoir de rejoindre la plus prestigieuse unité d’élite de la police nationale avec beaucoup d’appelés mais peu d’élus.

Quand on prend un coup dans la gueule on ne peut pas tricher !

Juste avant d’entrer dans la salle, nous croisons les prétendants qui se préparent à affronter ces redoutables tests qui se déroulent dans une ambiance de fight club à l’ancienne.

Les traits sont tirés, le corps et la tête éprouvés après une semaine intense menées à une cadence infernale.

JP, formateur en technique de défense et d’intervention est un grand gaillard à l’accent du sud-ouest qui possède un solide background de boxeur.

Il nous sert de guide lors de cette matinée et nous aider à mieux cerner, attentes et enjeux inhérents à ce type d’épreuves.

Notre homme nous révèle que les candidats dorment en moyenne 2 heures par nuit et les exercices se déroulent sans relâche y compris la nuit : “l’épreuve des sports de combat nous permet de mieux appréhender le profil des candidats. En fonction de l’individu et son comportement dans la semaine on va peut-être chercher à le pousser dans ses derniers retranchements, voir comment il réagit à la pression. Quand on prend un coup dans la gueule on ne peut pas tricher !”

Pas de round d’observation

A l’entrée de la chapelle, vous trouverez une partie dédiée au crossfitt avec tout le matériel de musculation à disposition pour parfaire son physique. Puis, il y a un espace tatamis où se déroule l’épreuve de jiu jitsu brésilien et au fond un ring de boxe.

L’espace ce matin-là est peuplé par les hommes de l’unité, et il est difficile de se frayer un chemin autour du ring.

Les membres actifs observent et patientent tandis que les instructeurs s’échauffent en attendant les candidats.

JP nous explique le déroulé de l’épreuve : “Ils vont d’abord tourner entre eux au sol et en boxe anglaise puis ils sont ensuite confrontés à un membre de l’untié, spécialisé dans sa distance du combat. Avec l’expérience, j’ai vu passer des champions qui parfois s’écroulaient malgré leur bagage technique. On arrive ici en fin de semaine, certains sont carbos et on leur rentre direct dedans. Il n’y a pas de round d’observation, nous sommes tout de suite dans le dur !”.

100 rounds par semaine

Comme le souligne JP, les membres du RAID sont avant tout des policiers qui aiment le sport et les arts martiaux tinnent une place capitale.

“Après les sélections, ils suivent une formation inintiale de 4 mois durant laquelle il sauront un module baptisé : “Technique de défense et d’intervention qui s’apparente plus à de la self-défense en mode opérationnel. On retrouve du pieds-poings ou du krav maga. Tous les policiers du RAID ont des bases en sports de combat. C’est primordial d’être un combattant et tu apprends au contact des autres tout au long de ta carrière. Nous sommes tous des passionnés, on s’entraine tout le temps, on tourne à environ 100 rounds par semaine.”

Juger la combativité

Les épreuves de sélection en sports de combat ont évolué avec le temps et le jiu jitsu brésilien a ainsi remplacé le judo.

Comme le souligne l’un des instructeurs, ceinture noire en JJB, les méthodes changent avec la société.

Aujourd’hui, nous avons à faire à des gens plus entrainés et mieux rodés aux techniques de combat. Lors d’une interpellation, il faut donc pouvoir maitriser un individu sans forcément avoir recours à son arme de service.

Les candidats subissent alors assauts répétés que ce soit au sol ou en boxe.

Ils font face à des véritables champions, la maitrise technique et le débit est tout simplement impressionnant.

Sur le ring, un candidat est durement touché au foie, on le voit vaciller, les jambes tremblantes mais déterminé, il revient à la charge malgré la douleur.

Ici, on juge la capacité à se dépasser en oubliant ses peurs, à revenir toujours et encore.

Il faut également garder en tête que les hommes du RAID interviennent dans des conditions extrêmes avec un équipement conséquent. Il faut donc être à 110% le jour des épreuves pour espérer être à 45% en situation dégradée lors d’une intervention comme le souligne un haut gradé qui ne manque jamais l’épreuve des sports de combat.

Une grande famille

L’esprit de corps est véritablement le dénominateur commun à tous les membres de l’untié.

Pour la plupart d’entre eux, intégrer le RAID était un rêve de gamin et chaque membre est un frère d’armes sur qui on pourra toujours compter.

Lors de cette matinée notre équipe a pris conscience du sentiment d’unité qui anime ces hommes et ces femmes prêts à tout pour servir leur pays.

A travers ce reportage, nous avons également découvert le haut degré de technicité de ces policiers qui sont de véritables artistes martiaux.

Au sein du RAID, les sports de combat forment en effet un trait d’union, une passion qui anime chacun de ces membres d’exception.”

Source : Karaté Bushido n°438

Photos © Captures d’écran vidéo Karaté Bushido

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