Le monde de la police nationale est en deuil. Christian Lambert, ancien de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) de la Préfecture de police de Paris, ancien chef du RAID et ancien préfet de la Seine-Saint-Denis, est décédé à l’âge de 80 ans.
Sa disparition marque la fin d’un parcours exceptionnel au service de l’État, jalonné par plus de quarante années d’engagement.

De la BRI à la lutte contre le grand banditisme

Entré dans la Police au plus bas, il a gravi les échelons jusqu’à être nommé préfet.

Christian Lambert rejoint la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI-PP), la célèbre « Antigang » sous le commandement du commissaire Robert Broussard.
Aux côtés des grandes figures de la brigade, il participe à la lutte contre le grand banditisme qui frappe la région parisienne dans les années 1970 et 1980. Il conduira la camionnette qui transportait les policiers qui ont neutralisé définitivement Jacques Mesrine le 2 novembre 1979

Reconnu pour ses qualités de meneur d’hommes, il arrive au titre de « Laser 2 » au RAID, avec Louis Bayon. C’est d’ailleurs sous ce « mandat » que le regretté Capitaine René Canto, sera abattu par des nationalistes corses. Il a écrit à ce sujet : « Il n’y a pas un jour sans que j’y pense. Sans que je pense à eux, à René en particulier et à tous ses proches. Cela a été un événement marquant pour moi, extrêmement dur. On ne s’en remet jamais totalement. Mais il faut continuer. Faire en sorte que la machine ne s’arrête pas. Jamais. C’est ça le rôle du chef : assumer quand c’est dur et parfois insoutenable ».

Christian Lambert quitte le RAID pour rejoindre d’autres services de police (UCLAT, DCRG, SRPJ de Versailles) mais reviendra au RAID comme chef d’unité.






À la tête du RAID

En 2002, Christian Lambert est nommé directeur du RAID, l’unité d’intervention d’élite de la Police nationale.

La feuille de route que Michel Gaudin (Directeur Général de la Police Nationale) lui remet est simple : il faut trouver et interpeller l’assassin présumé du préfet Claude Erignac : Yvan Colonna.

Sous son impulsion, le RAID créé un groupe technique et recrute les premières femmes du service.
Il faut aller en Corse et tout refaire. Former des couples pour enregistrer toutes les bergeries où Yvan Colonna pourrait se cacher. Après un travail acharné, Colonna sera interpellé par le RAID et remis à la justice.
Il quitte le RAID en 2004.



Une carrière au plus haut niveau de l’État

Après avoir quitté les unités d’intervention, Christian Lambert poursuit sa carrière dans la haute fonction publique.

Christian Lambert est ensuite devenu le Monsieur ZSP (zones de sécurité prioritaires) du gouvernement (2005-2007), puis le directeur cabinet du préfet de Police de Paris Michel Gaudin (2007-2010).

Il occupe plusieurs responsabilités importantes, notamment comme préfet de la Seine-Saint-Denis (2010-2013) département confronté à d’importants enjeux de sécurité. Il est nommé par Nicolas Sarkozy dont il est un proche. L’ancien président de la République lui donnera le doux surnom de « Panda ».

Ces fonctions témoignent de la confiance que les plus hautes autorités de l’État accordaient à cet homme de terrain devenu un haut responsable de l’administration.




Un homme respecté de toutes les unités

Tout au long de sa carrière, Christian Lambert a su conserver l’estime de ses anciens collègues comme des nouvelles générations de policiers.

Sa connaissance de la police (judiciaire et la police de voie publique), des unités d’intervention, son expérience du commandement et son sens de l’engagement faisaient de lui une personnalité unanimement respectée.

Beaucoup disaient de Christian Lambert que c’était un acharné du travail et qu’il dormait très peu.


Un héritage durable

Christian Lambert appartient à cette génération de policiers qui ont accompagné la transformation des forces d’intervention françaises, du combat contre le grand banditisme à la lutte contre le terrorisme.

Policier de la BRI, chef du RAID, préfet et haut fonctionnaire, il laisse l’image d’un serviteur de l’État exigeant, discret et profondément attaché aux valeurs du service public.

Sa disparition laisse un vide au sein de la grande famille des unités d’élite françaises. Son parcours restera une source d’inspiration pour les femmes et les hommes qui, aujourd’hui encore, poursuivent la même mission : protéger la population avec courage, professionnalisme et sens du devoir.

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