« La protection des personnalités, qui mobilise 700 policiers, n’est pas toujours justifiée, selon un rapport provisoire de la Cour des comptes qui en dénoncerait une utilisation abusive au profit de politiques, une accusation réfutée par l’UMP.Ce pré-rapport, révélé par Le Figaro et le Parisien, dont l’existence a été confirmée lundi à l’AFP par le ministère de l’Intérieur, met en cause l’utilisation qui est faite du service de protection des hautes personnalités (SPHP).

Il préconise de réduire les dépenses de ce service et énumère une série d’abus, citant notamment l’ancien ministre socialiste du Budget, Michel Charasse, qui bénéficie de l’escorte de deux gardes du corps « une mesure non-justifiée par un niveau de menace suffisant ».Parmi les bénéficiaires du SPHP, on trouve également les anciens ministres de l’Intérieur Pierre Joxe, Charles Pasqua et Jean-Pierre Chevènement, comme les candidats à la présidentielle François Bayrou et Ségolène Royal.La Cour des comptes a souligné dans un communiqué qu’il ne s’agissait que d’un « relevé d’observations provisoires » en précisant qu’elle « ne commentait pas » ce genre de document.La Cour a cependant fait remarquer que « certains éléments publiés dans la presse » ne figuraient pas dans son relevé, sans donner plus de précisions, mais en « déplorant » que « des noms de personnalités aient été divulgués à ce stade de la procédure, sans que toutes les garanties liées à la procédure contradictoire aient pu produire leurs effets ».Au ministère de l’Intérieur, on explique que « la décision de protéger ou non une personnalité dépend d’une analyse précise des risques de menace qui pèsent sur elle ».Cette analyse est effectuée par l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) et réactualisée régulièrement afin de prendre en compte l’évolution des menaces, souligne-t-on.Depuis près d’un an, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux « a déjà pris un certain nombre de mesures consistant à alléger, voire supprimer, la protection de certaines personnalités dont l’état des menaces ne semblait plus justifier de protection », fait-on valoir.Soixante personnes bénéficient d’une protection permanente du SPHP, notamment tous les anciens présidents de la République et Premiers ministres qui bénéficient de gardes du corps à vie et d’une voiture, des protections qui coûtent en moyenne 71.879 euros par policier par an, selon ce pré-rapport.

L’UMP a réfuté l’idée d’une utilisation abusive de ce service. « S’il y a des abus, il faut les chercher ailleurs », a déclaré Dominique Paillé, porte-parole adjoint du parti présidentiel. Il a justifié les protections rapprochées en citant l’exemple notamment de François Bayrou, qui figure encore sur une liste noire du groupe indépendantiste basque armé ETA.L’ex-candidate à la présidentielle, Ségolène Royal, a également jugé « justifiée » la protection policière dont elle bénéficie depuis 2007, rappelant les menaces et cambriolages dont elle a été victime. »Par deux fois depuis 2007″, son « domicile personnel a été mis sauvagement à sac, sans vol, ce qui manifestait une intention d’intimidation » et « il y a quelques mois, une lettre contenant une balle de gros calibre avec menaces de mort lui a été adressée », a précisé la région Poitou-Charentes dans un communiqué.En revanche, l’ex-garde des Sceaux, Rachida Dati, s’est vue retirer en mars le bénéfice d’une Peugeot 607 et l’escorte de trois policiers restés à sa disposition depuis son départ du gouvernement. »

Source : Le Parisien – article du 07 juin 2010

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