Midi. – Plus que treize otages.
La situation est stable.
Courtois entre en communication, par l’intermédiaire de la ligne téléphonique installée la veille, avec l’état-major de crise.
II exige la venue d’un journaliste de Radio-France.
Le correspondent local, Joël Bitoune, pénètre un peu plus tard dans la salle d’audience et recueille la déclaration de Courtois.
Celui-ci annonce qu’il va sortir, mais menace de se suicider après avoir tué les otages si la police tente d’intervenir.
Quelques minutes après, pourtant, les neuf jurés encore détenus, cinq hommes et quatre femmes, sont libérés et quittent le palais de justice par une porte dérobée.
13 heures. – Un coup de feu est tiré dans le prétoire.
14 h 30. – Courtois apparaît sur le perron du palais.
II tire deux coups de feu sans faire de victime, puis disparaît à l’intérieur du bâtiment.
Dix minutes plus tard, le revoilà, aux aguets, jouant à cache-cache derrière les colonnes du perron.
II tire un troisième coup de feu, cette fois en direction des journalistes massés devant le palais.
Le projectile pulvérise l’objectif d’une caméra de la chaîne américaine de télévision CBS.
Panique. Tout le monde se retrouve à plat ventre.
15 h 15. – C’est la vraie sortie.
Les trois hommes sont enchaînés à leurs otages.
Ils brandissent leurs armes.
Courtois est nerveux.
Aux photographes qui s’approchent, il crie: «Cassez-vous! Cassez-vous!» Puis, accompagnés par le commissaire divisionnaire Ange Mancini, chef du RAID, ils gagnent une Renault Espace beige dans laquelle ils s’engouffrent avec leurs otages.
Suivis par des motards de la police et par une autre Renault Espace, où ont pris place le préfet Robert Broussard et quatre de ses hommes en gilet pare-balles, ils démarrent en trombe vers le centre-ville.
Pendant près d’une heure, le cortège roule dans Nantes et finit par rejoindre l’aérodrome de Château-Bougon, distant d’une dizaine de kilomètres.