L’antenne RAID de Nancy fête ses six ans d’existence ce mois-ci. Le point sur l’activité de cette jeune unité et sur l’évolution de la menace terroriste avec le grand patron national du RAID, Jean Baptiste Dulion, qui a fait un passage à Nancy.

L’antenne RAID de Nancy a été créée en décembre 2016. C’est donc son sixième anniversaire. Elle comptait combien d’hommes au départ ?

“Une quinzaine. Et aujourd’hui, elle en compte une vingtaine.

L’antenne était installée au départ dans le cantonnement de la CRS 39 de Jarville en attendant la construction du site de Champigneulles. Sa création fait suite aux attentats de 2015 et à la décision du minsitre de l’intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, de mailler le territoire avec des unités d’intervention un peu partout”.

En six ans, on a l’impression que les missions de l’antenne ont changé ? Car actuellement la plupart de ses interventions concernent non pas du terrorisme mais des forcenés ou des délinquants dangereux.

“Nos missions n’ont pas changé. Nous avons effectivement une grosse activité sur des forcenés, des prises d’otage ou des assistances à interpellations. Et c’est vrai que l’on assiste, non pas à une baisse, mais à une mutation de la menace terroriste.

On a affaire à des personnes pas trop strucuturées qui montent des actions pas très élaborées. En gros, ils saisissent un couteau et s’en prennent à des gens dans la rue. Mais tout peut changer. Et notre objectif est toujours de se tenir prêt à répondre à des actions terroristes massives et concertées.

Nous restons prêts à faire face à tout attentat. Car il ne faut jamais, jamais, oublier que malheureusement, la menace terroriste évolue en permanence et que l’on peut basculer, du jour au lendemain, dans des scénarios beaucoup plus graves que ceux que l’on connait actuellement”.

Quel est le bilan chiffré des six années de l’antenne de Nancy ?

“Cela représente une cinquantaine d’intervention par an. C’est une forte activité”.

Il y a certaines interventions qui ont été emblématiques ?

“Oui. Il y en a une surtout qui me vient à l’esprit. L’antenne a connu son bapteme du feu lors d’une opération sur un gang dangereux de Hells angels il y a trois ans. Ils se sont fait tirer dessus”.

C’était un membre d’un gang de bikers qui a ouvert le feu au moment de son arrestation à son domicile ?

“Oui c’est cela et les hommes de l’antenne ont parfaitement réagi (NDLR : ils ont répliqué et ont blessé mais pas tué le biker qui était armé d’un 357 Magnum)”.

L’antenne a prouvé son utilité ?

“Elle n’a pas à prouver son utilité. Elle est en place et elle est hyperactive. Elle se complète parfaitement avec l’antenne de Strasbourg pour couvrir une zone qui est large et criminogène. Cela nous donne une capacité de réaction plus forte et plus courte”.

Est-ce qu’il y a un esprit de corps qui s’est créé ?

“Oui. Dans tous les lieux très marqués en termes d’identité comme ici, Lille ou Strasbourg, les antennes sont composées de beaucoup d’hommes qui sont originaires de la région et cela a créé très vite un esprit de cohésion et de solidarité”.

Votre unité est prestigieuse, souvent sur le devant de la scène mais vous êtes plutot discret. C’est par choix ou par tempérament ?

“C’est un choix. Je suis au service du directeur général de la police nationale et je travaille pour mes gars. Je reste à ma place. Je communique quand j’estime avoir à communiquer”.

Votre unité est mise en avant actuellement dans le film “Novembre” où une scène reconstitue de façon impressionnante l’assaut du RAID contre la planque du cerveau des attentats de novembre 2015. Vous l’avez vu ?

“Oui. J’ai trouvé le film très bon et cette scène est fidèle à ce qui s’est passé. Je n’y étais pas mais des hommes qui sont toujours au RAID et qui ont participé à cette opération, m’ont dit que cela correspondait à la réalité”.

Source : estrépublicain.fr – article écrit par Christophe Gobin

Photo © ER / Alexandre Marchi

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