« Descente de police hier à l’aube dans le cadre d’une enquête antiterroriste à  Albi. Elle a eu lieu avenue Kellermann à Cantepau. Deux hommes, d’origine tchétchène, ont été conduits au commissariat d’Albi par les policiers du Raid et de la DGSI.

Des hommes issus de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et des policiers du Raid ont été mobilisés hier matin à l’aube dans le quartier de Cantepau à Albi avenue Kellermann

Cette action menée dans le cadre d’une commission rogatoire d’un juge d’instruction antiterroriste parisien a été conduite très discrètement par les policiers de la DGSI et du Raid.

Ils ont perquisitionné le domicile d’un couple qui était sous surveillance discrète depuis quelque temps. L’homme, d’origine tchétchène, a été conduit menotté au commissariat d’Albi. Son épouse, vêtue d’un voile intégral, a suivi librement les policiers afin d’être auditionnée, avec une traductrice.

L’homme y a été placé en garde à vue* afin d’y être entendu par les hommes du Raid et de la DGSI. De source policière, il semblerait qu’un second homme ait lui-aussi été interpellé et placé en garde à vue.

Dans le quartier de Cantepau, la tension était palpable hier peu avant midi au bas de la barre d’immeuble où ont été effectuées les arrestations. Si certains habitants ont spontanément confirmé «la présence des forces de l’ordre dès les premières heures de la matinée et jusqu’à environ 10 h 30» dans un square de l’avenue Kellermann, tout comme «l’arrestation de deux personnes», d’autres, plus jeunes, peut-être échaudés par l’intrusion à leurs yeux des policiers dans «leur» quartier et les arrestations de la matinée se sont montrés beaucoup moins «accueillants».

Déjà cinq arrestations en février 2015 sur Albi

Ces deux interpellations renvoient forcément aux six personnes, membres de la communauté tchétchène, arrêtées le dimanche 8 février dernier au matin, l’une à Ramonville-Saint-Agne et les cinq autres à Albi, déjà par la DGSI et déjà avenue Kellermann.

Ces six personnes étaient soupçonnées de «transferts de fonds suspects et de recrutements de jihadistes vers la Syrie». À l’époque, cette opération, ordonnée il y a dix mois jour pour jour par des magistrats du pôle antiterroriste de Paris saisis d’une information judiciaire en janvier 2014 pour «association de malfaiteurs terroriste et financement du terrorisme» avait abouti à l’incarcération de ces six individus, tous trentenaires, tous d’origine tchétchène et soupçonnés «de transferts de fonds douteux» et d’avoir recruté des candidats au jihad. Les enquêteurs cherchaient alors également à vérifier si certains d’entre eux s’étaient rendus en Syrie.

Ces djihadistes présumés avaient été incarcérés dans plusieurs maisons d’arrêt telles Bois d’Arcy, Fleury-Mérogis ou encore la prison du Val d’Oise.

L’opération conduite hier matin à Albi par le Raid et la DGSI a t-elle un lien avec l’arrestation de ces six personnes d’origine tchétchène, le 8 février 2015, dans le Tarn et à Ramonville-Saint-Agne? Peut-être. Les auditions des deux hommes, toujours en cours hier soir à l’hôtel de police d’Albi, pourraient permettre d’en savoir plus. Ils devraient vraisemblablement être transférés rapidement d’Albi sur Paris pour y être présentés au magistrat du parquet antiterroriste chargé de l’instruction de cette affaire.

*La garde à vue peut être prolongée, sur autorisation spéciale des magistrats compétents, par tranches de 24 heures supplémentaires jusqu’à 144heures (6 jours) au maximum dans le cas particulier des affaires de terrorisme »

Source : La Dépêche.fr – article écrit le 09 décembre 2015

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