« Quelque deux cents policiers, dont des hommes du RAID, des pompiers, des personnels du SAMU… en tout quatre cents personnes, étaient, ce jeudi matin, sur le parking du complexe cinématographique Kinepolis de Lomme pour un exercice anti-terroriste. 
 
«  Si c’était vrai, la police nationale aurait déjà fait un tweet pour dire aux gens de rester chez eux. La circulation aurait été coupée, dans le périmètre et sur la rocade Nord-Ouest aussi  », informe le commandant Christophe Voreux, à la communication de la DDSP.
Ce jeudi, peu avant 9 heures, le parking du Kinepolis est constellé de véhicules : rouge pompier, blanc SAMU, bleu police, et même kaki, comme les militaires de l’opération Sentinelle.Deux cents policiers, dont le RAID, la BAC (brigade anti-criminalité), des gendarmes du PSIG-Sabre, et des militaires sont «  passés au désarmement  ». Leurs munitions sont donc factices, et même les canons sont plus petits que les vrais, et peints en orange. Pour que tout soit clair.

 
À l’intérieur du cinéma, le plus gros complexe au nord de Paris avec ses 23 salles et 7200 fauteuils accueillant 2 millions de spectateurs par an, 150 plastrons font comme si de rien n’était. Ces «  figurants  », lycéens de Nicolas-Barré à Armentières ou employés du Kinepolis , jouent les victimes. «  Notre rôle, précise la directrice des ventes France Anne-Sophie Le Guiader, est d’accueillir l’exercice et de mettre à disposition l’espace.  » De la moquette a par exemple été disposée sur les écrans géants, afin qu’ils ne soient pas tachés de tirs de peinture. Le cinéma doit ouvrir à 13 h, et un employé pense déjà qu’il «  va falloir tout ranger  » avant que les vrais spectateurs ne débarquent.
En attendant, des -faux- terroristes sèment une pagaille maîtrisée dans le complexe, obligeant des colonnes de policiers à intervenir. En haut des marches blanches qui mènent à l’entrée, un corps gît, au sol. «  À terre il y a un collègue les gars !  » s’écrie l’un des policiers. Et de s’entendre répondre, du tac au tac : «  Mais non, c’est un terro !  » Comprendre : terroriste. «  Il est neutralisé, lui ?  » Comprendre : tué.
 

Un groupe de -fausses- victimes sort et passe l’entrée vitrée, les mains en l’air. «  On ouvre les vestes ! Toi, en rouge, tu lèves ton pull !  » Dans le feu de l’action, difficile de distinguer les terroristes des victimes. Mieux vaut vérifier que les panses ne soient pas surplombées de ceintures d’explosifs.
Sur le grand parking, les pompiers patientent. «  Tant que ce n’est pas sécurisé, on ne peut pas intervenir  », indique l’un d’entre eux. Puis les victimes sont réparties en « nids », encadrés à chaque fois par des sapeurs, le SAMU, et au moins un policier. Les lycéens armentiérois, qui étaient déjà restés un bon moment dans les arbres aux pieds du Kinepolis, patientent ensuite devant un faux hôpital. Ils boivent de l’eau, demandent s’ils peuvent discuter. «  C’est impressionnant, souffle un grand garçon. On s’y croirait.  »
Fin de la matinée, les terroristes factices sont tués. C’est l’heure du débrief pour tous les intervenants. Car l’un des buts premiers de l’exercice est pour les différents services d’apprendre à travailler ensemble. »
 
 
Source : La Voix du Nord – article écrit le 15 juin 2017 par Isabelle Raepsaet Et Plana Radenovic
Photos © La Voix du Nord

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